Alain Levêque, Australien d’adoption, toujours habité par son enfance rodriguaise

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En 1968, il émigre en Australie. Il n’avait que onze ans, mais il est resté fidèle à la culture rodriguaise. Alain Levêque fait du droit de Rodrigues à l’autodétermination, l''''expression de son attachement à son île natale.

Il a émigré en 1968 vers l’Australie alors qu’il n’avait que onze ans. Il maîtrise parfaitement l’anglais parfait et il est resté fidèle à son passé et à la culture rodriguaise. Il a fait du droit de Rodrigues à l’autodétermination, la plus haute expression de son attachement à son île natale.

Lorsqu’on lui demande de fournir des documents devant permettre de le situer dans le temps, Alain Lévêque montre presque automatiquement, une copie de son certificat de fin d’études primaires et une photo de ses amis du Standard VI de l’école primaire du gouvernement de la Baie-des-Lascars aujourd’hui connue comme le Basile-Allas Port-Mathurin Government School.

Le premier indique qu’il a pris part aux examens des fins d’études primaires en 1966. Dans l’autre, on le voit accroupi à la première rangée en deuxième position. Un gamin de 10 ans à peine vêtu d’un short de couleur noire surmonté d’un tricot à rayures horizontales, le haut du col légèrement ouvert avec les pointes plongeant plus sur l’épaule gauche que celle du côté droit.

« Nul ne guérit de son enfance », chantait Jean Ferrat. Alain Lévêque, plus connu comme Loulou, n’a jamais pu faire totalement le deuil de son enfance qui, dans un premier temps, a été marquée par son déplacement pour des études au collège John Kennedy en tant que bénéficiaire de la petite bourse et dans un deuxième temps par son départ pour l’Australie à bord du Patris en 1968.

« Il y a sept générations derrière moi. Je suis né à Rodrigues. Je ne pourrais jamais oublier d’où je suis sorti. La reconnaissance de mon point d’ancrage dans l’existence est un must pour moi. C’est un peu ma raison de vivre. Nous sommes originaires de Fond-La-Digue, Port-Mathurin. Mon père Corneille Lévêque était parmi les sept premiers jeunes Rodriguais sélectionnés pour intégrer la force policière. »

C’est à Melbourne que la famille Lévêque dépose ses valises. Corneille, plus connu comme Fils, n’a pas eu de mal à trouver du travail. Il est embauché dans une institution pénitentiaire de haute sécurité. La mère, Maude, née Ithier, trouve de l’emploi dans une entreprise de fabrication de vêtements.

Le jeune Loulou est envoyé à l’école. « J’ai tout plaqué à 15 ans. Je suis allé chercher du travail. »

A 17 ans, il décroche un poste de porteur dans une gare ferroviaire de Victoria. Quatre ans après, il est promu Chef de gare. Il quitte ce poste pour trouver de l’emploi dans le service des douanes. Puis, tour à tour, il est embauché dans une prison de haute sécurité pour hommes à Pentridge à Coburg, une banlieue située à environ 8 km du centre des affaires de Melbourne, et au HM Prison Fairlea, une prison réservée exclusivement aux femmes, située aux abords du Yarra Bend Road dans la banlieue de Fairfield, Victoria.

En raison de l’état de santé de ses parents, il a abandonné sa carrière pour se consacrer à leur bien-être.
C’est en 1994 que cet Australien d’origine rodriguaise qui, tous les matins, effectue sa course les pieds nus autour de la piste hippique Sandown Racecourse, une des quatre pistes hippiques de Melbourne et qui est située dans la cité de Greater Dandenong, est sorti de son silence.

A l’origine de cette démarche, les débats autour de la destinée politique de Rodrigues. Il s’engage avec passion. Ses arguments, il les énonce avec force dans les articles de la presse mauricienne et dans les courriels échangés dans le cadre des forums de débats. Le style laisse apparaître le caractère d’un homme radical. Son intransigeance lui vaut d’être est taxé d’extrémiste par certains. Ses convictions politiques s’articulent autour du droit du peuple de Rodrigues à l’autodétermination. Il rejette sans ménagement l’approche de l’autonomie partielle et d’intégration prônée par les partis politiques en place.

Dans un récent article intitulé « L’île de Rodrigues : plaidoyer pour l’autodétermination », il écrit ceci : « Le moment est venu pour couper le cordon ombilical, d’agir résolument pour mettre fin à notre dépendance des autres, de croire que si nous réduisons notre consommation et travaillons dur, l’indépendance économique et politique n’est pas seulement possible mais aussi souhaitable. »

C’est au sein du Muvman Independantis Rodriguais (MIR), créé le 6 avril 2010, que ses idées d’autodétermination sont mises en chantier. « MIR prône une indépendance totale de Rodrigues de l’île Maurice et la création d’une république de Rodrigues de jure ».

Alain Levêque n’est pas homme à pavoiser : « Je n’ai que mon certificat des fins d’études primaires. Si j’avais entrepris de hautes études, il est plus que certains que j’aurais pu occuper des postes importants ailleurs. Cela n’a pas été mon choix. C’est la lecture qui m’a permis de progresser. Ma philosophie de la vie résulte de la lecture. A 55 ans, j’ai lu au moins 1000 livres traitant des sujets aussi divers que la philosophie, la politique, la religion, la biographie, l’astronomie, l’histoire moderne.

Pour me donner les moyens de m’exprimer correctement par écrit, je me suis inspiré de l’écriture journalistique à travers le monde. J’utilise l’anglais pour mon gagne-pain. Mais ma langue natale, c’est le créole rodriguais. Puis, j’ai toujours un dictionnaire à portée de main. Cela m’aide à apprendre de nouveaux mots.&nbsp L’écriture est un long processus qui passe par plusieurs étapes de brouillon en brouillon parfois contraignant et douloureux avant l’accouchement du texte final ».



Les dernières reactions
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Mons Redacteur qui pe arrive ou?? un danger sa
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Par:-Jack Jun 18, 2012
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Sa bougre un anti Mauricien et plus li lor site Topix un site lor qui zotte anti Indo Mauricien avec un la haine alle lire zotte banne commentaire raciste..... sa banne dimoune coume sa meme qui la chante la Marsellaise le 14 juillet en Australie et zotte chante la France de mon enfance (please publish)
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Thank you RAJ
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Par:-Richard Jun 18, 2012
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Thank you RAJ- i checked and found it!!&nbsp
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Rodrigues indépendante
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Par:-CLE Jun 18, 2012
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L''indépendance on la trouve à l''état pur dans la forêt amazonienne, à Cuba, chez les Pygmées, chez les Lolo, etc. Prendre ces pays pour modèles engage à s''habituer à l''idée d''absence de progrès. Beaucoup à Maurice et à Rodrigues ont encore une vie spartiate et apprécient toute amélioration de leur sort, et, sans le faire savoir, se félicitent de l''assistance de pays dont les financements n''ont pas que des effets de dépendance. Chez cet expatrié dans le bush, on sent latents comme des relents d''anticolonialisme imbécile.&nbsp
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worse than an extremist
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Par:-R.A.J Jun 17, 2012
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Just make on online search about this guy and see whether he is just an extremist of worse than that.&nbsp&nbsp
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Par:-pikanpoisson Jun 17, 2012
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Get real Loulou, Rodrigues is no more, the Rodrigues you heard and see through a telescope. You will agree that you are contributing to the lost of of those proning independance of Rodrigues. Get real, Rodrigues needs serious and committed people who are ready to get their hands in the dirt of creating the true history of our people, not to dream of fishing octopus in the ponds of St Gabriel. this is simply not possible. get real!

THE TRUTH
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Par:-LONE RANGER Jun 17, 2012
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According to my sources, he is only barking at the moon , does he form part of the Rodriguan club in Victoria which is not far from where he is supposely running ?. There''s a lot to do for Rodriguans in Melbourne where he could have helped, specially those students. I will come back with more evidence about how people think they can rule the moon from the Earth.

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