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Airbus d’Air France : Deux corps retrouvés dans l''Atlantique

8 juin 2009, 00:00

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Airbus d’Air France : Deux corps retrouvés dans l''Atlantique

Les équipes de secours brésiliennes ont retrouvé samedi deux corps masculins provenant de l''''Airbus d''Air France qui s''est abîmé dans l''Atlantique, et les enquêteurs ont indiqué que des dysfonctionnements avaient été décelés avant la catastrophe sur les détecteurs de vitesse de certains autres Airbus A330.

Outre les corps, la marine et l''armée de l''air brésiliennes ont récupéré des débris, dont un fauteuil bleu avec un numéro de série correspondant au vol AF 447, un sac à dos contenant une carte de vaccination et une mallette avec un billet Air France à l''intérieur.

"Ce matin à 08h14, nous avons eu la confirmation du repêchage de débris et de corps appartenant au vol d''Air France", a déclaré le porte-parole de l''armée de l''air, Jorge Amaral, à Recife, dans le nord-est du Brésil.

Des avions et des bâtiments brésiliens sillonnent une zone de l''Atlantique à 1.100 km au nord-est des côtes brésiliennes, depuis la disparition, avec 228 personnes à bord, de l''Airbus A330-200 qui assurait la liaison entre Rio de Janeiro et Paris.

Jusqu''à présent, les équipes de recherche avaient récupéré des débris dans l''océan mais il s''est avéré qu''ils n''avaient rien à voir avec l''Airbus accidenté.

L''accident de cet Airbus est la catastrophe aérienne la plus meurtrière au monde depuis 2001 et la pire en 75 ans d''histoire de la compagnie Air France.

L''A330-200 semble avoir rencontré une succession rapide d''incidents techniques après être entré dans une zone de fortes turbulences au-dessus de l''Atlantique.

Le Bureau d''enquêtes et d''analyses (BEA), chargé de l''enquête, a établi que l''appareil avait envoyé 24 messages de panne automatiques entre 02h10 et 02h14 GMT lundi, avant de disparaître. L''un d''eux montrait des indications incohérentes des capteurs de vitesse.

Le BEA a révélé samedi qu''Airbus avait décelé des dysfonctionnements sur les détecteurs de vitesse de ses avions A330 avant la catastrophe et invité ses clients à les changer.

Air France a révélé samedi sa décision de changer toutes les sondes permettant de mesurer la vitesse aérodynamique d''un avion sur sa flotte d''Airbus A330/340 plus d''un mois avant la catastrophe du vol AF 447.

Recherche des boîtes noires

"Le programme a été lancé le 27 avril 2009", a déclaré la compagnie aérienne dans un communiqué. "Sans préjuger d''un lien avec les causes de l''accident, Air France a accéléré ce programme et rappelle les consignes en vigueur émises par le constructeur pour faire face à la perte d''information anémométrique", a-t-elle ajouté.

Dans son communiqué, Air France explique que des défauts de fonctionnement des sondes Pitot, le nom de ces capteurs, sur des Airbus A320 avaient amené le constructeur à édicter en septembre 2007 une recommandation de changer les sondes.

Cette recommandation "a été appliquée par Air France sur les A320 où de tels incidents par ingestion d''eau avaient été observés. Elle n''a pas été appliquée sur ses A340/330 en l''absence d''incidents constatés", a précisé la compagnie.

"A partir de mai 2008, Air France observe des incidents de pertes d''information anémométrique en vol en croisière sur A340 et A330. Ces événements sont analysés avec Airbus comme découlant d''un givrage des sondes, la panne disparaissant au bout de quelques minutes", a-t-elle poursuivi.

Les enquêteurs espèrent récupérer les "boîtes noires" de l''avion pour obtenir davantage d''informations mais craignent de ne jamais les retrouver.

"Voici ce que nous cherchons au milieu de l''océan Atlantique," a déclaré le patron du BEA en tenant la petite balise, de forme cylindrique, qui est attachée aux enregistreurs de vol et conçue pour émettre des signaux pendant 30 jours.

"Nous n''avons absolument pas aujourd''hui la garantie que la balise des boîtes noires soit toujours attachée aux enregistreurs, elle peut s''être détachée," a dit le patron du BEA, Paul-Louis Arslanian.

Pour localiser les "boîtes noires", qui peuvent reposer à une profondeur comprise entre 864 et 4.000 mètres, la France va envoyer sur zone un sous-marin à propulsion nucléaire doté d''équipements sonar ultra perfectionnés.

Lors du point de presse, Météo France a confirmé que l''avion avait traversé une zone orageuse mais sans que ces conditions aient un caractère exceptionnel.

(Source : Reuters)