Afghanistan : quand le micro-crédit se teinte de féminisme en Afghanistan

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Accroupie dans une pièce faiblement éclairée d''''une maison afghane, Zahara confectionne un tapis sur un métier à tisser qu''elle a pu acquérir grâce à un micro-crédit de 1 100 dollars. Reportage.

Contracté il y a dix-huit mois, ce prêt de l''organisation non-gouvernementale du développement Brac a permis à cette jeune femme de 21 ans, qui n''est jamais allée à l''école et qui tisse des tapis depuis l''âge de 10 ans, de monter sa propre entreprise.

Depuis, Zahara a contracté deux nouveaux prêts de 330 dollars chacun.
"Lorsque j''ai eu mon premier prêt, les tapis que je fabriquais étaient petits, maintenant je peux en faire des plus grands", raconte Zahara qui a entendu parler du microcrédit par son voisin, à Kaboul. "Avant je faisais des tapis pour les autres, maintenant je les fais pour moi-même."

Plus de 1,5 million de prêts d''une valeur de 831 millions de dollars ont été accordés ces sept dernières années, selon le Mécanisme de microfinance et de soutien en Afghanistan (Misfa) mis en place par le gouvernement en 2003. Trente années de conflit ont ruiné l''économie et les infrastructures du pays dont les deux-tiers de ses habitants sont illettrés et dont un tiers vit dans la plus grande pauvreté.

Si les besoins ne manquent pas, la tâche s''avère ardue pour les agences de micro-crédit, confrontées à une pénurie de personnel qualifié et qui peinent à atteindre les zones les plus reculées.

A l''inverse des banques traditionnelles qui demandent une pièce d''identité et une attestation de revenus, les agences de micro-crédit se contentent souvent de vérifier la capacité de remboursement du contractant. Selon la Banque mondiale, le salaire moyen annuel national est de 370 dollars. Selon Hoque, le taux de défaut de paiement des prêts Brac est relativement bas, entre 3 et 4%.

Développé il y a une trentaine d''années par l''économiste bangladais et lauréat du prix Nobel de la paix 2006, Mohammed Yunus, le système de micro-crédit place les femmes au cœur de son système et l''Afghanistan ne fait pas exception à la règle. Selon Misfa, 60% des utilisateurs de micro-crédits dans le pays sont des femmes.

Prise de décision et autonomie

"Les femmes sont mises à l''écart, donc l''une de nos missions sociales est de les amener à sortir, pour leur offrir une forme de dignité, qu''elles puissent acquérir une meilleure place au sein de la famille", explique Hoque, qui chiffre à 80% le nombre de femmes parmi les clients de Brac.

"Le crédit peut être un moyen d''aider les femmes de gagner en prise de décision et en autonomie mais il faut une stratégie réfléchie pour soutenir ce processus", souligne Paula Kantor, chercheuse à l''Areu (Afghanistan Research and evaluation unit).

Les droits des femmes en Afghanistan sont encore souvent bafoués près de neuf ans après la chute du régime des taliban sous lequel les Afghanes n''avaient accès ni à l''école ni à l''emploi. Dans un rapport publié début décembre, l''Onu estime que les pratiques traditionnelles qui violent les droits fondamentaux des femmes et des filles sont très répandues en Afghanistan et sont présentes à des degrés divers dans toutes les communautés du pays.

(Source: Reuters)

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