Affaire Vanessa Lagesse : Bernard Maigrot aurait été testé positif lors des tests ADN

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La police compte convoquer l’ancien amant de la styliste. Son empreinte génétique aurait été retrouvée sur les pièces à conviction envoyées en France l’an dernier&nbsp(en médaillon Vanessa Lagesse).

&nbspLe progrès de la science aura finalement aidé à voir clair dans l’assassinat de Vanessa Lagesse. Neuf ans après, à la lumière d’une nouvelle technique de test ADN effectuée en France, les résultats ont fini par pousser la police à solliciter le Directeur des Poursuites Publiques (DPP) pour la réouverture&nbsp du dossier.&nbsp

Tout laisse croire que la comparaison entre le profil génétique de l’amant de la styliste, Bernard Maigrot, et&nbsp la corde à linge qui a servi à étrangler celle-ci et le chiffon utilisé à essorer le sang sur le lieu du crime, s’est révélée positive. Déjà considéré comme le principal suspect dans cette affaire, l’industriel avait « avoué » le crime à l’équipe de feu Hurrydeo Raddhoa en avril 2001, soit un mois après le délit.

A l’époque, son arrestation pour le moins rocambolesque avait&nbsp fait couler beaucoup d’encre. En boxer-short, il avait été extirpé de chez lui par la CID de Curepipe, dirigée par feu Hurrydeo Raddhoa, alors que l’enquête était menée par la Major Crimes Investigation Team (MCIT), la cellule homicide du Central CID.

Emmené à Midlands, au milieu de nulle part et dans un poste de police pas encore opérationnel, Bernard Maigrot est passé à table. Son récit collait avec le constat du service médicolégal et de la police scientifique quant à la façon dont Vanessa Lagesse avait été brutalisée et traînée au sol avant d’être jetée dans sa baignoire.

L’industriel a alors participé à une reconstitution des faits dans le bungalow de la victime, situé à l’arrière du Royal Palm, à Grand-Baie. Le tout en présence d’un vidéaste de la police. Mais une fois en cour, il a déclaré que ses « aveux » lui ont été extorqués sous la force et il a montré au magistrat du tribunal de district de Rivière-du-Rempart où exactement il été frappé, en l’occurrence aux parties intimes.

Malgré les dénégations de l’avocat de Bernard Maigrot, Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel (SC), il a été déféré aux Assises le 28 novembre 2007. Cela à l’issue d’une longue enquête préliminaire.

Le 2 juin 2008, le DPP Gérard Angoh a cependant désavoué le magistrat de la cour de Rivière-du-Rempart. En rayant l’accusation contre Bernard Maigrot. Au grand dam des proches de la styliste qui ont saisi la cour suprême pour réclamer un « judicial review » quant à la décision de Gérard Angoh.

Dans l’intervalle, lors d’une de ses missions en France, le Premier ministre Navin Ramgoolam a sollicité l’aide du président Nicolas Sarkozy pour permettre à la police mauricienne d’élucider les « Cold Cases », les fameux dossiers restés en suspens. La décision a ainsi été prise de soumettre les pièces à conviction de l’affaire Vanessa Lagesse et celle de Nadine Dantier au nec plus ultra des tests ADN inexistants au moment où ces deux assassinats ont été commis.

En juin 2009, un expert du Forensic Science Laboratory (FSL) a été dépêché auprès du Laboratoire d’hématologie médicolégale, à Bordeaux, avec ces pièces à conviction ainsi que les vêtements que portaient les victimes dans ses valises. Le tout a été soumis à la technique dite Low Copy Number (LCN) qui permet de relever des traces ADN à partir de quelques gouttes de sang, de traces de sueur,&nbsp de salive ou de cellules de peau.

En décembre 2009, le laboratoire bordelais a réclamé au commissaire de police Dhun Iswur Rampersad de nouveaux échantillons ADN de Bernard Maigrot. Une lettre avait alors été adressée à l’industriel, lui demandant de bien vouloir consentir à un tel exercice.

Par l’entremise de ses hommes de loi, Bernard Maigrot a alors voulu en connaître les raisons auprès du chef de la police. L’industriel ne s’étant pas plié à cette requête, l’aide d’un deuxième laboratoire français a été sollicitée pour mener à bien les tests ADN.

Début 2010, le bureau du DPP avait aussi annoncé aux proches de Vanessa Lagesse, alors présents en cour suprême pour leur demande de « Judicial Review », que des développements sont à prévoir dans cette affaire. La nouvelle de la réouverture de l’enquête a été annoncée en primeur par le quotidien l’express il y a un mois et ce n’est que, le&nbspmardi 28 décembre, que le service de presse de la police l’a officialisée.

Neuf ans après, les proches de Vanessa Lagesse vont connaître la vérité. Le 9 mars 2001, elle avait été assassinée dans son bungalow. A l’âge de 36 ans. Elle a été cognée contre un mur, jusqu’à ce qu’elle ait la nuque brisée, selon le constat de l’ancien médecin légiste Satish Boolell. Elle a alors été traînée au sol avec de la corde à linge avant d’être balancée dans sa baignoire.

La convocation de Bernard Maigrot par la police ne serait&nbspqu’une question de jours…

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