Affaire Boskalis: des puissants lobbies tentent d’entraver l’enquête policière

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De sources policières, l’express a appris que de puissants lobbies seraient à l’oeuvre pour entraver l’enquête. Et ce, depuis que Siddick Chady, accusé de corruption et blanchiment d’argent dans le cadre de cette affaire, a été vu aux côtés des Rouges lors de la campagne pour les municipales. A Port- Louis en particulier

La coïncidence est plutôt frappante. Car c’est lorsqu’il avait pris ses distances du Parti travailliste (PTr) et s’était rapproché du Front solidarité mauricien de Cehl Meeah, que Siddick Chady avait été arrêté par le Central Criminal Investigation Department (CCID), en juin dernier.

Mais, avec son retour aux côtés des Travaillistes, à quelques semaines des municipales, des lobbies auraient commencé à se manifester. Alors que, selon nos recoupements, le dossier devait être bouclé bien avant ces élections. En effet, il ne manquait plus à l’enquête, qu’un élément clé: le témoignage d’un directeur lié à la firme Boskalis, aujourd’hui basé à Dubayy.

Une équipe du CCID s’apprêtait même à s’y rendre pour recueillir ses révélations, fin novembre.

Ce directeur, Raymond Lagesse, avait représenté la firme Boskalis pour le contrat relatif aux travaux de dragage dans le port. Il avait accepté de témoigner et de «collaborer» avec les enquêteurs à une condition : qu’il obtienne l’immunité. Condition acceptée par les limiers du CCID, affirment des sources policières.

Raymond Lagesse devait leur remettre des documents clés. Ceux-ci auraient permis un «breakthrough» dans l’enquête.

D’autre part, l’express a appris qu’un ancien partenaire de Siddick Chady avait signifié son intention de témoigner contre lui, à condition d’obtenir l’immunité, lui aussi. Mais, ayant eu vent de la présence de l’ancien Chairman de la Mauritius Ports Authority (MPA) aux côtés des Rouges pendant la campagne électorale, il serait désormais peu enclin à venir de l’avant, confient ses hommes de loi.

Une charge provisoire de corruption et de blanchiment d’argent pèse aussi sur l’ancien directeur de la MPA, Prakash Maunthrooa, ainsi que sur une dizaine de personnes.

Selon nos sources, il s’agirait d’individus à qui Siddick Chady devait de l’argent. Et, pour payer ses dettes, il aurait demandé à Boskalis de verser plusieurs millions de roupies sur divers comptes.

Bernard SAMINADEN

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