Accusation de mauvaise administration: les employés de la CNT agitent la menace de grève

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Des manifestations organisées par les travailleurs du transport en commun ne sont pas à écarter d’ici à la fin de cette année. La situation à la Corporation Nationale de Transport (CNT), par exemple, serait au plus mal et ces derniers, désespérés, veulent pousser le gouvernement à intervenir.

Les dirigeants de l’Union of Bus Industry Workers (UBIW) ont tenu une conférence de presse, en ce mercredi 13 octobre, à son siège à Port-Louis. Ce syndicat, qui regroupe quelque 3 000 employés des cinq compagnies d’autobus à Maurice, dénonce une nouvelle fois les nombreux problèmes à la CNT et dans l’industrie du transport en commun.

Des problèmes qui, selon l’UBIW, demandent à être résolus d’urgence, tant pour la sécurité des usagers d’autobus que pour le bien-être des employés du transport en commun.

Outre l’accusation de mauvaise administration à la CNT, l’UBIW estime qu’il faudrait recruter au minimum 90 personnes au département mécanique. Il y aussi le fait qu’une cinquantaine d’autobus ayant dépassé la limite d’âge - 16 ans - soient toujours en opération. De nouveaux autobus n’ont pas été achetés depuis 2007. Le syndicat est d’avis que le manque de mécaniciens et l’utilisation de vieux autobus pourraient avoir pour résultat des pannes à répétition et des accidents.

L’UBIW lance donc un appel à l’Etat pour l’instauration d’une commission d’enquête à la CNT, car, fait ressortir le négociateur de l’UBIW, Wahkil Lalloo, «la compagnie va à la dérive». Il confie qu’il y a «zéro communication» entre le nouveau directeur général de la CNT, Robin Soonarane, et les représentants syndicaux.

«Enough is enough ! Il y aura des affrontements entre l’UBIW et le gouvernement jusqu’à la fin de l’année si le gouvernement continue à faire la sourde oreille», affirme Wahkil Lalloo. Le syndicat a envoyé une dizaine de lettres au ministre du Transport, Anil Baichoo, pour solliciter des rencontres mais elles sont demeurées sans réponse.

Interrogé sur ce que pourraient être ces «affrontements», il annonce «une marche de protestation, une manifestation devant le Parlement ou encore une grève de la faim. Notre comité central en décidera».

L’UBIW évoque également de problèmes concernant les congés maladies et annuels au niveau de Rose-Hill Transport et de Triolet Bus Service. Les nouveaux employés doivent attendre d’avoir effectué deux ans au service de ces compagnies avant de pouvoir prendre des congés maladies et annuels, alors que selon la loi, il est possible d’en bénéficier après un an de service.

A ce sujet, les dirigeants de l’UBIW rencontreront la direction de Rose-Hill Transport (RHT) le 18 octobre. S’agissant de Triolet Bus Service, ils ont rendez-vous à la Commission de conciliation et de médiation (CCM), le 19 octobre.&nbsp

Par ailleurs, le négociateur de ce syndicat soutient qu’il est l’heure pour le gouvernement de revoir la politique du transport en commun à Maurice, en consultation avec tous les stakeholders. Mais, précise-t-il, «avant de penser à foncer sur le métro léger, il faudrait faire une étude des défaillances dans le transport en commun, pour voir comment les régler. Le transport en autobus a fonctionné tout ce temps…».&nbsp En effet, le projet métro léger, maintes fois annoncé, est devenu une grande préoccupation pour les travailleurs du transport en commun – ils sont inquiets pour la sécurité de leurs emplois.

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