Organisation des courses - Petit-Gamin: danger imminent pour le Champ-de-Mars ?

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Vue aérienne du centre privé de Petit-Gamin, qui s’apprête à organiser des journées de courses hippiques.

Vue aérienne du centre privé de Petit-Gamin, qui s’apprête à organiser des journées de courses hippiques.

Entend-on déjà sonner le glas pour le Champ-de-Mars et, par ricochet, pour le Mauritius Turf Club (MTC) ? C’est, en tout cas, l’impression qui se dégage après la course d’essai tenue récemment à Petit-Gamin.

La délocalisation du Champ-de-Mars se fera-t-elle plus tôt que prévue ? Alors que le gouvernement avait annoncé, lors de la présentation de son dernier Budget, la construction d’un nouvel hippodrome moderne à Côte-d’Or dans les années à venir, il se pourrait bien que la compétition hippique déménage très bientôt pour le nord-ouest du pays vers le centre équestre privé de Petit-Gamin, propriété de l’homme d’affaires Jean-Michel Lee Shim.

En effet, la tenue d’une «mock race», comprenez une course d’essai, qui s’est déroulée récemment à la satisfaction de tous ceux concernés dans le centre de Petit-Gamin, ne laisse planer presque plus de doute quant à leur ambition d’y organiser prochainement des journées de compétition, une démarche qui devra invariablement passer par l’approbation des autorités hippiques du pays dont la Horse Racing Division (HRD) qui, dit-on, ne serait pas opposée à cette idée.

Mais pourquoi maintenant ? Il n’est un secret pour personne que la vieille piste du Champ-de-Mars s’essouffle à vue d’œil, elle qui a pour mission cette année d’être le théâtre de 40 journées de compétition. Avec une campagne hippique qui a démarré sur le tard, et la volonté de la HRD de respecter le calendrier initialement prévu à coups de week-ends de compétition, autant dire que l’unique hippodrome du pays peine à suivre le rythme.

«Il serait important de rappeler que le centre de Petit-Gamin, étant un centre privé, aura le dernier mot en ce qui concerne la location de ses locaux.»

Cet état des lieux, ils sont nombreux à l’avoir fait, dont la HRD de Wayne Wood, lequel, dit-on, serait particulièrement préoccupé par le piteux état de la piste du Champ-de-Mars alors qu’on n’en est qu’à mi-chemin de la saison 2022. Respecter le calendrier demeure, du coup, quasiment mission impossible, d’autant plus que les deux «race organizers» que sont la MTC Sports & Leisure Ltd (MTCSL) et People’s Turf PLC (PTP) ont démontré que leurs divergences étaient bien trop importantes pour qu’elles puissent faire cause commune pour l’entretien de la piste.

Ainsi, l’option de la délocalisation semble être inévitable pour préserver le reste de la saison, et ce même si au niveau de la HRD on souhaite trouver une solution durable pour la piste du Champ-de-Mars, qui demeure le lieu idéal, à ce jour, pour la compétition. Mais quelles seraient les implications d’une telle décision majeure, si tant est qu’elle soit validée par la HRD ?

D’ores et déjà, il serait important de rappeler que le centre de Petit-Gamin, étant un centre privé, aura le dernier mot en ce qui concerne la location de ses locaux. Car si à ce stade, la MTCSL et PTP se partagent le Champ-de-Mars sur décision de Côte-d’Or International Racecourse and Entertainment Complex Ltd (COIREC), la donne devrait cette fois être tout à fait différente.

Comme Jean-Michel Lee Shim, le propriétaire des lieux, est un stakeholder majeur de PTP, il y a fort à parier que toute demande émanant de PTP pour utiliser les facilités du centre de Petit-Gamin recevra le feu vert. Mais quid de la MTCSL ? Dans la conjoncture actuelle où les deux organisateurs sont pratiquement à couteaux tirés, autant dire que les chances de la subsidiaire du MTC de boucler sa saison, et d’assurer sa survie, fondent comme neige au soleil, si d’aventure la piste du Champ-de-Mars est jugée inapte pour la compétition dans les semaines à venir.

Toujours est-il que le centre de Petit-Gamin semble fin prêt pour prendre le relais du Champ-de-Mars, lui qui dispose d’une piste en sable de plus de 1 600 mètres de circonférence avec les infrastructures nécessaires, même si celles-ci sont encore en partie en chantier. À ce titre, il serait bon de voir la réaction des acteurs du giron, principalement les propriétaires de chevaux et les entraîneurs, face à ce changement important pour l’industrie hippique. Joueront-ils tous le jeu ? Quelles conséquences physiques pour les chevaux avec cette piste en sable qui n’a pas encore été homologuée ? L’engouement du public parieur restera-t-il le même ? Autant de questions qui subsistent alors qu’un virage important dans l’histoire du turf mauricien se prépare.

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