Tourisme : entre bonnes recettes et soupe à la grimace

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Les grandes vacances terminées, certains pensent déjà aux prochaines. Par contre, pour les différents acteurs du secteur touristique, les avis sont partagés. Certains commencent à entrevoir le bout du tunnel, alors que pour d’autres, sortir la tête hors de l’eau est encore difficile…

Au sein des grands groupes hôteliers, on affiche le sourire. Comme le souligne le président de la Hotel & Restaurant Employees Union, Preetam Bhuglooa : «Les touristes étaient présents, et cela à notre grande surprise. On a eu quelque 650 clients pour le mois d’août à l’hôtel où j’exerce alors qu’un autre établissement du même groupe, et non loin de celui où je travaille, était complet.» Et le business marche toujours. «Pour le mois de septembre, nous avons une entrée de 450 personnes et elles partent vendredi prochain. Après le 19 septembre, un autre groupe de 450 personnes va également séjourner au sein de mon établissement, situé au Morne.» Ce dernier se dit étonné de voir un tel d’engouement pour de multiples séjours.

Et les clients ont, à travers leurs agences, opté pour le «All-inclusive». Preetam Bhuglooa confie que les touristes lui ont fait comprendre qu’ils sont surtout venus à Maurice pour profiter de la plage et de la mer. «Ils sont venus pour se déstresser. Surtout après deux ans de pandémie.» Il avance que ces visiteurs viennent de différents pays, de l’Afrique du Sud à l’Allemagne sans oublier la France, l’Italie ou encore La Réunion.

Ils veulent parler mais pas acheter

Le fait que les touristes affluent est de bon augure pour les hôtels de charme, mais pour son président, Bissoon Mungroo, un autre problème surgit. «Tous les produits sont chers. On travaille, sans augmenter les tarifs, presque à 80 % à plein régime, mais les coûts vont dans le cost overrun.»Il met l’accent sur le prix du poulet qui a augmenté alors que le poisson se fait de plus en plus rare. «La grosse partie de nos coûts va dans le paiement du transport, du personnel qui est de moins en moins présent. On doit payer beaucoup d’heures supplémentaires. 40 % des produits sont plus chers. Au final, la marge de profit est minime.» Cela ne fait pas les affaires de tous les hôtels. Notre interlocuteur pense même que certains pourraient être obligés de fermer boutique d’ici la fin de cette année, tant les coûts sont énormes. «Il ne faut pas oublier qu’il y a aussi les équipements à toujours mettre à jour, et cela aussi a un coût.»

C’est la même réflexion que lance Prem Beerbaul, de la Federation of Pleasure Craft Operators. «Les vacances scolaires mauriciennes ont permis à certains de faire quelques déplacements, mais pour ce qui est des touristes, c’est une autre histoire. D’autant plus que nous entrons dans la saison basse.» Ce dernier chiffre même le travail durant le mois d’août à 40 voire 45 %. Le «moteur» des plaisanciers est toujours au point mort. «Le seul point positif, c’est que les Mauriciens bougent un peu plus et ils nous aident à arrondir les fins de mois.» Il avance même que plusieurs plaisanciers n’ont toujours pas mis leur bateau à jour. «Ils ne peuvent rénover les bateaux. Le moteur coûte trop cher. Raison pour laquelle nous demandons au gouvernement de nous aider afin que nous puissions redémarrer notre affaire.»

Un appel également lancé par le président des All Beach Hawkers, Joomeet Aubeeluck. «Nous avons même déjà présenté par le passé des idées à la Beach Authority. Même si elle trouve les suggestions intéres- santes, elle tarde à trouver un moyen pour les mettre en pratique.» À titre d’exemple, Joomeet Aubeeluck a suggéré d’avoir un «hawkers’ palace» dans chaque hôtel pour que les marchands puissent venir y vendre leurs produits. «On peut exposer nos produits, on peut contrôler la qualité, les prix, et même porter un uniforme. On offrira un service d’accueil également. Mais tout repose entre les mains de la Beach Authority.»

Le président des All Beach Hawkers avoue qu’il y a, certes, plus de clients sur les plages, mais ces derniers ne sont pas intéressés à acheter les produits. «Ils n’ont pas trop envie de dépenser leur argent. Ils nous demandent plus de renseignements sur le pays, comment nous avons géré la crise du Covid. Ils veulent nous parler mais sans acheter pour autant. Ils veulent uniquement des produits à moindre coût.»

En tout cas, tous espèrent que les jours heureux arriveront dans un avenir pas trop lointain…

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