La PSEA pas en odeur de sainteté auprès du SeDEC

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(Photo d'illustration)

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Depuis quelques jours, la nomination de trois recteurs et recteurs adjoints essuie les critiques d’un syndicat qui la conteste auprès de la Private Secondary Education Authority (PSEA). À son tour, le Service diocésain de l’éducation catholique (SeDEC) s’insurge que la PSEA «refuse de reconnaître les qualifications» des trois personnes concernées. Pourquoi ?

Fraîchement nommés depuis août 2022, qu’adviendra-t-il des nouveaux recteurs et recteurs adjoints des collèges St-Joseph, Père Laval et de La Confiance ? Le sujet fait polémique actuellement. En effet, cette décision est vivement critiquée par la Secondary and Preparatory School Teachers and Other Staff Union. Son président, Patrick Freyneau, a envoyé des correspondances aux instances concernées et a eu une rencontre avec l’exécutif de la PSEA, instance régulatrice des établissements secondaires privés. À l’issue de cette réunion, rapportet-il, la PSEA aurait décidé de ne pas entériner ces nominations et donnerait plus de temps aux responsables pour trouver les meilleurs candidats à ces postes.

Que conteste-t-il au juste ? Le manque de qualifications serait le principal problème. Selon lui, l’annonce de recrutement faisait mention de postes vacants de recteurs et non de recteurs par intérim. «Et les personnes finalement nommées ne sont pas qualifiées pour ces postes», avance-t-il. Depuis 2020, les critères pour les postes à responsabilité sont les mêmes pour les collèges d’État et les établissements confessionnels. «Cela a été ratifié en avril 2022 et le syndicat l’a approuvé. Par exemple, avant de devenir recteur, il fallait avoir un Post Graduate Certificate of Education (PGCE) et cinq ans d’expérience ou huit ans d’expérience sans le PGCE. Désormais, cela est passé à 15 et 18 ans d’expérience.Pour obtenir ces postes à responsabilité, non seulement les recteurs adjoints mais même les professeurs peuvent postuler», poursuit-il.

En sus de la PSEA, le syndicat a également informé l’Equal Opportunities Commission. Face à ces griefs, le SeDEC a réagi ce samedi pour expliquer sa position. D’emblée, l’instance évoque un «refus de la PSEA de reconnaître les qualifications des trois personnes pressenties au poste de recteur et pour un intérim en tant que recteurs-adjoints en attendant de lancer un autre appel à candidatures».

Ainsi, précise la direction du SeDEC, après l’exercice de sélection lancé le 1er juillet 2022, l’organisme a nommé une rectrice au collège Saint-Joseph, ce qui fut effectif à partir du 16 août. Mais 15 jours plus tard, une lettre de la PSEA a indiqué à l’instance que cette nomination ne peut se faire, sur la base que la personne pressentie ne satisfait pas aux critères pour le poste de recteur selon la lettre circulaire no 25 de la PSEA en date du 29 avril 2022.

Que dit donc ce document ? Il stipule qu’un enseignant (Educator) ou Senior Educator disposant de 21 ans d’expérience professorale, dépourvu de PGCE, est éligible pour postuler comme recteur. Tout comme un éducateur ou Senior Educator possédant 18 ans d’expérience professorale ainsi qu’un PGCE ou une qualification équivalente acceptée par l’autorité. Enfin, mention est faite qu’un Deputy Rector avec trois ans d’expérience à ce poste doit détenir un PGCE ou un diplôme en éducation.

«Injuste»

«Les trois Deputy Rectors concernées ont été promues au poste de Deputy Rectors quand elles étaient des enseignantes, sur la base de leurs années d’expérience et de leurs maîtrises car elles n’avaient pas de PGCE. Elles sont des registered Deputy Rectors par la PSEA», insiste le SeDEC. Selon l’institution, il n’y avait pas d’autres candidats retenus pour remplir les postes de recteurs aux collèges Père Laval et de La Confiance. Par conséquent, la PSEA a été informée des arrangements internes applicables au 2 septembre, avec deux autres recteursadjoints pour l’intérim en attendant le nouvel exercice de promotion. En l’absence de Deputy Rectors en poste dans ces deux établissements, la démarche a été fondée sur l’assignation d’un Senior Educator et d’un Educator pour le poste d’Acting Rector, tout en continuant à enseigner.

Une requête qui ne peut être considérée, a renchéri la PSEA, tandis que le SeDEC maintient qu’il s’agit d’une demande pour un intérim et non pour une nomination. «Malgré leurs années d’expérience, la PSEA décrète maintenant que ces personnes ne peuvent être promues recteurs ou même assurer un intérim. Faisant abstraction de leur maîtrise en éducation, la PSEA exige maintenant un Post Graduate Certificate ou un Diploma in Education pour qu’elles puissent être éligibles pour la prochaine étape, que ce soit pour une promotion ou un intérim. Malgré notre requête pour faire corriger cela, la PSEA est restée intransigeante et demande d’attendre la publication du prochain rapport du Pay Research Bureau (PRB). Cette situation est considérée comme injuste et dans le non-respect des opportunités égales pour tous», déplore le SeDEC.
 

Shiv Luchoomun : «il faut satisfaire aux critères»

«Écoutez, il faut satisfaire aux critères. Pour devenir recteur adjoint, des qualifications spécifiques sont requises. Maintenant, pour occuper le poste de recteur, il faut répondre à d’autres critères. Les candidats en question n’ont pas les required qualifications to become rector», nous a déclaré Shiv Luchoomun, directeur de la PSEA. Faisant un parallèle avec la médecine, il estime qu’un médecin peut avoir exercé pendant dix à quinze ans mais doit suivre une formation précise pour devenir spécialiste. Sollicité par rapport à la détention d’une maîtrise en éducation au lieu du PGCE, il indique qu’il se peut que les candidats n’aient pas envoyé ces certifications. S’ils les possèdent, ils doivent les envoyer à la PSEA. «D’autre part, ces qualifications doivent émaner d’une université reconnue. On a demandé précisément un PGCE et un diplôme en éducation pour devenir recteur. Ces règlements n’émanent pas de moi mais c’est le résultat des discussions avec les partenaires comme les fédérations de managers et syndicats comprenant des représentants du SeDEC. On a fait plein de réunions avant la finalisation et approbation des critères en question avec les stakeholders de l’éducation», affirme-t-il. Maintenant, il faut attendre le prochain rapport du Pay Research Bureau, souligne Shiv Luchoomun.

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