Quand la dette publique devient plus élevée

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Le lundi 15 août, à l’occasion des 75 ans de l’Indépendance de l’Inde, Nandini Singla, Haut-Commissaire indien à Maurice, a annoncé que l’Inde a accordé une nouvelle ligne de crédit à Maurice pour l’extension du projet Metro Express sur l’axe Réduit–Cote-d’Or. La réaction ne s’est pas fait attendre. Le lendemain, Arvin Boolell, le chef de file du Parti Travailliste au Parlement, a fait ressortir sur sa page Facebook «qu’une dette reste une dette», c’est-à-dire qu’il va falloir rembourser cette somme que l’Inde nous avance. L’économiste Eric Ng nous aide à mieux comprendre combien nous devons aux pays étrangers et ce qu’il faut faire pour essayer de les rembourser. Prends ta calculatrice et suis-nous.

Une nouvelle dette

Le Haut-Commissaire indien à Maurice, Nandini Singla, a annoncé que la nouvelle ligne de crédit que l’Inde accordera à Maurice tournera autour de Rs 13,5 milliards (300 millions de dollars américains), soit énormément d’argent. Ce crédit que nous accorde l’Inde servira à la construction du réseau Metro Express de Réduit à Cote-d’Or. Si Rs 13,5 milliards donnent froid dans le dos, ce n’est pas la première fois que l’Inde accorde une ligne de crédit à Maurice. En effet, l’Inde nous avait déjà avancé une ligne de crédit de 260 millions de dollars américains dans le cadre du projet Metro Express. Et qui dit crédit, dit aussi remboursement. Si on ajoute ces deux lignes de crédit, cela nous donne un total de 560 millions de dollars américains, soit plus de Rs 25 milliards, que nous devrons rendre à l’Inde rien que pour le projet de Metro Express. Mais outre le projet de Metro Express, nous avons aussi d’autres dettes envers l’Inde. À titre d’exemple, l’année dernière, la Grande péninsule nous avait accordé une ligne de crédit d’un peu plus de Rs 4 milliards (100 millions de dollars) pour l’acquisition de matériel de défense. Les liens entre notre pays et l’Inde datent depuis l’Indépendance et, avec les années, ce lien n’a pas cessé de se renforcer. Ainsi, l’Inde est l’un des pays avec lequel nous faisons le plus d’affaires et qui nous fait aussi le plus de dons, mais comme le dit si bien Arvin Boolell quand il s’agit d’un crédit, «une dette reste une dette». Outre l’Inde, nous devons aussi de l’argent à d’autres pays. Ainsi au 30 juin 2022, le gouvernement et les entreprises publiques devaient au total quelque Rs 113 milliards à des pays étrangers, soit une estimation faite avant cette nouvelle ligne de crédit accordée par l’Inde. Un chiffre qui donne le tournis. «C’est beaucoup pour un petit pays en développement qui de surcroît n’a pas de ressources naturelles. La dette publique reste élevée», souligne l’économiste Eric Ng.

Pourquoi s’endette-t-on ? 
«Pour faire progresser un pays, il y a deux façons de faire : soit tu économises et après tu puises dans tes économies pour faire ce dont tu as besoin, soit tu prends de l’argent en emprunt avec d’autres pays. L’avantage de l’emprunt, c’est que tu disposes rapidement de la somme dont tu as besoin pour progresser, sauf qu’il te faut par la suite rembourser cet argent», explique Eric Ng. 

Qui rembourse ces dettes et sur combien d’années ? 
Dans son post, Arvin Boolell se demande si «nos enfants et petits-enfants pourront payer cette dette ?» Au fait, comme le souligne l’économiste Eric Ng, la dette totale (domestique et étrangère) du secteur public s’élève à Rs 449 milliards. «Nous, les citoyens de ce pays, sommes déjà en train de la payer et nos enfants et probablement nos petits-enfants continueront à la payer. Il te faut aussi savoir que chaque dette a un délai de remboursement; ainsi elle peut s’étaler sur plusieurs années. Le hic avec les dettes étrangères, et ce, même si leur taux d’intérêt est faible, c’est qu’il faut compter avec les taux de change, car n’oublie pas que la dette est faite en monnaies étrangères, principalement en dollar américain. Plus notre roupie se déprécie contre le dollar, plus le remboursement de notre dette extérieure augmentera en termes de roupies.»

Que se passera-t-il si on n’arrive pas à payer ces pays ? 
«Ce sera un défaut de paiement. Cela signifie que le pays fait faillite. Il en résultera que la crédibilité du pays sera remise en question au niveau international. Dans une telle situation, les investisseurs étrangers ne voudront plus venir chez nous. Et les taux d’intérêt des emprunts que nous aurons avec les pays étrangers grimperont», avance Eric Ng. Autrement dit, la situation sera catastrophique. Notre pays deviendra comme d’autres qui ont fait faillite, dont le Sri Lanka. 

Comment trouver l’argent pour rembourser nos dettes ? 
«L’État a plusieurs façons de trouver de l’argent. Dans un premier temps, c’est à travers les taxes qu’il peut récupérer de l’argent, puis à travers la croissance économique et enfin en vendant les actifs de l’État», explique l’économiste. Recourir aux taxes, cela risque de faire des mécontents, d’autant plus que la plupart des produits de consommation ont déjà connu des hausses conséquentes. En ce qu’il s’agit de la croissance économique, «il serait judicieux de trouver d’autres secteurs économiques, car pour l’instant nous dépendons beaucoup du tourisme. Le gouvernement vise un million de touristes cette année, mais ce n’est pas gagné», souligne Eric Ng. Quant à la vente des actifs de l’État, «cela signifie que des sociétés étatiques seront privatisées, c’est-à-dire vendues à des investisseurs privés. Dans le Budget 2022-2023, il a été annoncé que Rs 22 milliards d’actifs de l’État seront vendus. Quels sont ces actifs ? La question reste posée.» Et toi ? Que penses-tu de la dette publique ? Es-tu prêt à travailler pour rembourser les dettes de notre pays ?

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