Échanges commerciaux Maurice-Inde: un déficit commercial de plus de Rs 30 milliards pour l’île en 2020-21

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Les relations indo-mauriciennes ont été sous le coup des projecteurs ces dernières semaines avec l’affaire sniffing à la station de Baie-du-Jacotet, déclenchée par l’ex-Chief Executive Officer de Mauritius Telecom, Sherry Singh. Or, une incursion dans les relations commerciales entre les deux États, alors même que l’Inde célèbre aujourd’hui son 75e anniversaire d’indépendance, montre qu’aujourd’hui celle-ci demeure le plus gros partenaire commercial de Maurice et joue pleinement à son avantage.

En fait, les dernières statistiques compilées par l’Economic Development Board indiquent que pour l’année financière 2020-21, Maurice a importé de la Grande péninsule des marchandises d’une valeur totalisant Rs 33,5 milliards, soit le gros étant des produits pétroliers. Et par rapport aux importations totales de Maurice, l’Inde représentait plus de 15 % l’année dernière, une évolution positive des échanges commerciaux vu qu’en 2020, elles étaient que 10 %. Une lecture attentive du classement des produits importés de l’Inde montre qu’ils se recoupent principalement entre les carburants (USD 235 millions) et les médicaments (USD 130 millions).

Quota pour le textile

Parallèlement, les exportations vers l’Inde indiquent qu’elles s’élevaient pour la même année financière 2020-21 à Rs 1,8 milliard (USD 43 millions) et que le gros des items se trouve être les déchets ferreux, des débris de fer et de cuivre (waste and scrap of iron and copper) et des équipements médicaux. Par ailleurs, avec la signature du Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement (CECPA), accord de libre-échange économique entre Maurice et l’Inde, en février 2021, et opérationnel le 1er avril 2021, les relations commerciales entre les deux pays devraient franchir une nouvelle étape, consolidant les échanges entre les deux États.

Le CECPA, le premier accord commercial signé par l’Inde avec un pays d’Afrique, couvre principalement le commerce des biens et des services. Il prévoit un mécanisme institutionnel pour encourager et améliorer les échanges entre les deux pays. D’ores et déjà, on sait que par rapport au textile, l’accord porte sur la base d’un quota où les entreprises textiles pourront écouler sur le marché indien trois millions de pièces sans droits de douane. Toutefois, cet accord est assorti de certaines conditions, à savoir qu’un million de pièces doivent être confectionnées avec des matières premières importées d’un pays tiers, alors que pour les deux autres millions, ce sont des matières premières provenant exclusivement de la Grande péninsule.

Outre le textile, Maurice bénéficiera d’un accès préférentiel au marché indien pour 615 lignes de produits, notamment du poisson congelé, des sucres spéciaux, des biscuits, des fruits frais, des jus, de l’eau minérale, de la bière, des boissons alcoolisées, des savons, des sacs, du matériel médical et chirurgical, entre autres.

Quant à l’Inde, elle bénéficiera de 310 lignes de produits pouvant potentiellement être exportées sur le marché mauricien. On y relève, entre autres : des boissons, des produits alimentaires, électriques et électroniques, ou encore ceux provenant du secteur agricole, du textile mais aussi du plastique et de la métallurgie.

Déjà dans le privé, certains opérateurs y ont porté un certain intérêt, à l’instar de Velogic, le pôle logistique du groupe Rogers. Cette entreprise a une forte présence dans la Grande péninsule, ayant déjà neufs bureaux déjà opérationnels à New Delhi, Bombay, Chennai, Tiruppūr, Tuticorin, Bangalore, Calcutta, Ahmedabad et Hyderabad. Cette filiale de Rogers s’est positionnée comme une facilitatrice de commerce. Sa proposition unique s’appuie sur son important réseau en Inde.

L’entreprise compte capitaliser sur le CECPA pour explorer de nouvelles perspectives d’affaires. D’ailleurs, l’équipe de Velogic en Inde, dirigée par Nawaz Gobindram, entend en effet aider à établir un corridor commercial entre les commerçants indiens et des exportateurs mauriciens avec le soutien du bureau mauricien. Toutefois, il existe encore des contraintes pour que les multiples avantages découlant de cet accord commercial soient pleinement exploités. Il revient à la Mauritius Chamber of Commerce and Industry de les identifier pour les résoudre avec tous les partenaires.

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