Marché de Port-Louis: quand les touristes marchandent les prix de leurs souvenirs

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Les commerçants du marché central de Port-Louis dans la section souvenirs n’ont pas d’autre choix que de céder aux exigences de baisse de prix des touristes.

Les commerçants du marché central de Port-Louis dans la section souvenirs n’ont pas d’autre choix que de céder aux exigences de baisse de prix des touristes.

Les étals des marchands du bazar de Port-Louis au rayon touristique font grise mine face à l’absence de clients. Certains marchands préfèrent se réinventer tandis que d’autres optent pour des remises de 50 % sur tous les produits. Tour d’horizon.

Nous avons assisté à une vente au marché central durant la semaine. Un touriste négocie avec un marchand de la section des produits touristiques pour l’achat d’un t-shirt. Rs 300, trop cher pour ce dernier, le touriste demande un rabais. Le marchand accepte à Rs 250 et le touriste lui répond : «Pas plus de Rs 200.» Le marchand se retrouve obligé de céder. C’est ainsi le quotidien des marchands de cette section, nous fait comprendre Mohamedally Koheratee, membre de la Market Traders Association. Il explique que les touristes ne cessent de marchander pour un meilleur prix. Devant écouler leur stock pour éviter d’éventuelles pertes après la crise occasionnée par le Covid19, les marchands finissent par céder.

«La plupart des touristes viennent se balader au marché central. Le profit est minime. Les touristes recherchent des produits bon marché et des souvenirs à Rs 50, Rs 75 ou Rs 100. Maximum à Rs 200. Cette section du marché est ‘down’. Il y a beaucoup de compétitions entre les souvenirs importés de Chine. Et parallèlement, les produits locaux ‘handmade’ se vendent plus cher. Par jour, on peut avoir une dizaine de stands n’ayant fait aucune vente en fin de journée. D’autres jours, la vente peut tourner autour de Rs 200 à Rs 500. Certains touristes essaient d’avoir plusieurs souvenirs avec uniquement Rs 1 000.» Quant aux Mauriciens, ajoute-t-il, qui sont aussi des clients de cette section, ils trouvent parfois que les produits sont chers bien que le prix soit moindre pour cette clientèle.

Même son de cloche pour Naden. Il a des stocks qui remontent à trois ans et qui n’ont jamais été vendus jusqu’à présent. «Les tendances changent et les clients ne veulent pas acheter des produits qui ne sont plus à la mode. Que vais-je faire de tous ces produits restants ?», se demande-t-il. Il précise également qu’il a d’autres projets en tête, mais les finances lui font défaut, puisque le coût de la vie ne cesse d’augmenter. Mais pour l’instant, pour écouler ses stocks, il a dû faire des remises d’au moins 50 % sur tous ses produits.

Nizam, un autre commerçant dans la vente de souvenirs au marché central, relève pour sa part que les chiffres dans les arrivées touristiques ne se reflètent pas dans le commerce. «Il y a une légère amélioration, certes, à la suite de la reprise des activités, mais la vente reste faible. Avec la cherté de la vie, c’est très difficile. L’on constate que les touristes sont aussi impactés financièrement. Ayant pu venir en vacances, il semble qu’ils contrôlent aussi leurs achats.»

Guides touristiques

Trois à quatre fois en un mois, Nizam est rentré chez lui sans avoir fait de vente. Les autres jours c’est plus souvent des ventes allant jusqu’à Rs 500. Rarement au-delà, nous confie-t-il. Une commerçante abonde dans le même sens. D’autre part, Nizam souligne que la majorité des visiteurs sont accompagnés par des guides touristiques et ces derniers les emmènent chez des commerçants qu’ils connaissent déjà.

Selon Ally, un marchand de produits importés tels que des sacs à main, des foulards, des produits textiles entre autres, la vente des produits est toujours faible même après la réouverture des frontières. «Les clients se font très rares surtout les touristes. Sans eux, nous ne sommes rien. Notre gagne-pain, ce sont les achats effectués par les touristes. Désormais, ils n’achètent que les souvenirs indispensables», confie le sexagénaire qui compte plus de 30 ans d’expérience dans le domaine.

Une situation qui dure depuis plus d’un an, Ally n’arrive pas à joindre les deux bouts. «Je dois payer le loyer tous les mois et je dois aussi payer les frais universitaires de mes deux enfants. Je n’aurais jamais cru qu’un jour une maladie aurait bouleversé le monde et particulièrement dans les secteurs qui dépendent des étrangers pour subvenir aux besoins de leurs familles.»

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