Transport: la grève comme dernier recours

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Le syndicat demande que les employeurs viennent s’asseoir autour d’une table pour discuter de la meilleure méthode pour revoir les salaires. © Tony Fine

Le syndicat demande que les employeurs viennent s’asseoir autour d’une table pour discuter de la meilleure méthode pour revoir les salaires. © Tony Fine 

Va-t-on vers une grève dans le transport en commun ? La question reste posée. Tandis que les travailleurs optent pour cette solution, le patronat évoque les difficultés financières qui ne permettraient pas de satisfaire tout le monde. Une lueur pourrait être entrevue d’ici à la fin de semaine. 

«Les employés ont fait valoir leur revendication», avance d’emblée Alain Kistnen, secrétaire de l’Union of Bus Industry Workers. En effet, jeudi dernier, ces derniers ont, lors de l’assemblée annuelle du syndicat, soutenu les points avancés par les dirigeants. 

Ashok Subron a déclaré à cette occasion ne pas comprendre pourquoi l’interim monthly allowance de Rs 1 000 a été supprimée le 1er novembre 2021 pour les employés de quatre grands groupes, alors qu’au niveau de la Compagnie nationale de transport (CNT), les employés continuent à percevoir leur allocation de Rs 1 000. Il a également évoqué la révision salariale qui aurait dû avoir lieu depuis 2016. 

«C’est ce que prévoit la loi, après la grève et la lutte acharnée de 2013», soutient Alain Kistnen. Il avance qu’un «collective bargaining» aurait dû être discuté, mais l’arrivée du Covid-19 a tout fait basculer. «C’est ainsi qu’en 2022, nous voulons faire entendre notre voix. Mais les patrons continuent à faire la sourde oreille.» Pour en revenir à l’allocation de Rs 1 000, il confie que le ministère du Transport a même émis un communiqué officiel pour informer les employeurs qu’ils doivent l’inclure sur le salaire de base des employés. «Mais les quatre grandes compagnies ont refusé, prétextant qu’elles n’ont pas les moyens de le faire, sauf si le gouvernement leur accorde un subside.» Aujourd’hui, les employés ne comprennent pas pourquoi une compagnie peut le faire sans problème alors que les autres non. 

Notre interlocuteur soutient que face à la manière d’agir des employeurs, le syndicat s’est tourné vers le tribunal d’arbitrage. «Les compagnies doivent expliquer pourquoi elles ne veulent pas discuter avec le syndicat au sujet du collective barganing. Les quatre compagnies devaient se présenter ce mercredi (hier) devant l’Employment Relations Tribunal pour s’expliquer.» 

En ce qui concerne la CNT, elle devra également s’y présenter vendredi p o u r répondre à quelques questions. «Ce n’est qu’à l’issue des retombées de ces rencontres que l’on va de nouveau se réunir pour voir ce que nous allons faire.» La menace d’une grève n’est pas à écarter. «Mais nous comptons respecter la loi.» 

Du côté du patronat, on ne cache pas son désarroi face à cette situation. «Si nous devons suivre la requête du syndicat, il faudra compter entre Rs 200 et Rs 300 millions en plus annuellement. Même la hausse du prix du ticket d’autobus ne nous permet pas d’atteindre cette somme», avance l’un des grands patrons. Il avoue qu’il a une affection particulière pour tous ces employés. «Sans eux, la compagnie ne peut survivre. Mais si l’on doit leur donner cette allocation et revoir tous les salaires, nous n’aurons alors qu’à mettre la clé sous le paillasson. Et cette fois-ci, tout le monde sortira perdant.» 

Il remercie le gouvernement pour son soutien, mais il pointe du doigt les coûts d’opération au quotidien. «Deux items monopolisent ces coûts, soit le salaire à plus de 65 % et le carburant à quelque 22 %. Ces deux items sont contrôlés par le gouvernement et par le NRB qui fixent le travail des employés et les autorités qui font grimper le coût du carburant.» Ce grand patron comprend qu’avec le coût élevé de la vie, tous les employés aspirent à un meilleur salaire. «Si l’on pouvait, sans aucun problème on le leur donnerait, mais actuellement nous sommes également impactés.» 

En tout cas, une solution pourrait être trouvée pour éviter d’aller vers une grève du transport en commun.
 


Rao Rama reconduit à son poste pour trois ans 

Le contrat du General Manager de la CNT a pris fin lundi. Toutefois, Rao Rama a de nouveau été reconduit à son poste, pour les trois prochaines années. Ce dernier a plusieurs grands projets pour la CNT, comme le renouvellement de la flotte ou encore l’entrée en opération des autobus «bleu» sur de nouvelles lignes.

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