Naufrage du Wakashio: quand les citoyens n’ont pas fait de cinéma

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Choc pétrolier. Le 6 août 2020, «les premiers militants mobilisés suite au naufrage du Wakashio étaient de Rezistans ek Alternativ». Deux ans plus tard, les images de ces grandes heures de solidarité mauricienne sont devenues un film-documentaire. Wakashio Lespwar odela marenwar, une réalisation de Rezistans ek Alternativ (ReA), du Centre for Alternative Research and Studies (Cares) et Rising Ocean sera diffusé demain au Nativ Lodge à Mahébourg et sur les réseaux sociaux. 

Ce film-documentaire de 55 minutes puise dans deux sources. La principale : la somme d’images de ces milliers de citoyens qui se sont retrouvés spontanément au Mahébourg Waterfront. Mobilisés autour de la fabrication de bouées en paille de canne, dernier rempart écologique contre la morsure des hydrocarbures déversés par le vraquier drossé sur les récifs. 

Stephan Gua de ReA a non seulement participé à l’écriture du scénario, mais il était sur place dès le 6 août 2020, pour faire le plein d’images. Cet élan, qui s’est poursuivi jusqu’au 12 septembre 2020, a aussi été ponctué de live relayés sur les réseaux sociaux. Ce flot de feeling citoyen pendant un mois et demi est, «comme un puzzle pour raconter ce qui s’est passé il y a deux ans», explique Stephan Gua. 

«Un nouveau vivre-ensemble» 

Pour ponctuer la chronologie des événements, des interviews d’Ashok Subron et de David Sauvage rythment le film. Ils poursuivent la réflexion sur cette aventure humaine sans précédent. Ils se penchent aussi sur «le modèle démocratique mis en place autour de la fabrication des bouées», précise Stephan Gua. «Est-ce que c’était une hiérarchie avec une personne à la tête qui décide ou est-ce qu’il y avait une prise de décision collective ?» Autre sujet de réflexion : la «technologie ouverte», où tout ce qui a été mis en place a été documenté en live. A commencer par l’idée d’utiliser un matériau accessible comme la paille de canne. «C’est comme cela que d’autres sites ont pu appliquer le même modèle». 

Stephan Gua ajoute qu’il ne s’agit pas d’un film pour «figer un moment dans l’Histoire, mais pour aller au-delà. Nou dan sa marenwar-la zordi. Dans tout ce que nous avons vécu il y a deux ans, il y a les éléments nécessaires pour bâtir un nouveau vivre-ensemble». 

Le militant souligne que ReA représente un courant. «Nou pa anvi ki efas nou. Nous avons montré qu’il existe une autre manière de faire pour défendre le patrimoine mauricien. ReA a aussi montré que c’était une autre manière de faire de la politique. Politik sé pa zis mont lor kes savon. Quand les gens sont venus au Mahébourg Waterfront ce n’était pas que pour faire des bouées mais développer un nouveau relationnel.» 

On se souvient qu’un an après ce mouvement de solidarité citoyenne, le 6 août 2021, ReA et des organisations citoyennes avaient posé une plaque commémorative au Mahébourg Waterfront. Plaque qui a par la suite été enlevée par le conseil de district de Grand-Port. 

Cette fois, deux ans après la mobilisation, ReA revient avec le film-documentaire. Les images, elles, ne pourront être effacées…

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Le 26 juillet, les habitants de Pointe d’Esny se réveillent avec une triste image: l’épave du MV Wakashio drossée sur les récifs. Le navire japonais battant pavillon panaméen s’est échoué la nuit précédente. 12 jours après, il déverse son contenu dans nos lagons, causant une marée noire. Sans perdre de temps, les Mauriciens, main dans la main, s’activent pour limiter les dégâts. Retour sur la pire catastrophe écologique du pays…

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