“Mauritius is being recolonised’’

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Tel était le sujet de la finale d’une compétition de débats qui eut lieu à la Youth House à Belle-Rose organisée par la Plaines-Wilhems Urban Youth Federation. Le club littéraire Daffodils l’avait remportée. Dysmus John, brillant orateur, secondé par un certain Alan Ganoo, alors très timide, n’avaient pas eu beaucoup de difficultés, surtout que dans le jury il y avait un certain Jooneed Jeerooburkhan, à démontrer avec des anecdotes à faire tordre de rire les jeunes collégiens de l’auditoire, que Mauritius is being recolonised. Nous sommes en 1969 !

La recolonisation était un phénomène qui affectait les pays fraîchement indépendants, et le terme «néocolonialisme» le consacrait. Si à l’époque on pouvait rire du sujet lors d’un débat, le phénomène est aujourd’hui loin d’être un sujet de spectacle. C’est un défi majeur auquel sont confrontés les pays en développement. Les esprits démocratiques du monde entier portent un regard très critique sur la mainmise des États puissants sur les États faibles.

Est toujours dans l’actualité, la question de la souveraineté menacée des pays, le déplacement du centre du pouvoir d’un état indépendant vers une super puissance, et cela avec la complicité de ses dirigeants politiques.

Concentration des pouvoirs

Est fortement critiquée la concentration du pouvoir autour d’une seule personne dans l’État. C’est le cas de Maurice ou même la Constitution ne prévoit aucun rempart pour empêcher que le leader d’un parti politique qui remporte les élections générales puisse tout contrôler dans le pays. Toutes les critiques contre la concentration du pouvoir sont focalisées sur le titulaire du poste du Premier ministre. On l’accuse d’avoir accaparé tout l’appareil de l’État et qu’ainsi, le pouvoir est exclusivement entre ses mains, et qu’il est devenu lui-même l’État. Mais on peut faire erreur, et la situation peut être autre !

Pouvoir «offshore»

En effet, la situation peut être encore plus grave lorsque le centre du pouvoir se trouve en dehors du cadre de l’État d’un pays, et qu’il est exercé par une ou des personnes qui n’ont aucune légitimité populaire, qui n’ont pas été choisies par le peuple pour détenir le pouvoir et pour l’exercer en son nom. Nous sommes là dans une situation différente de celle que l’on critique depuis toujours, soit la concentration du pouvoir dans les mains d’un Premier ministre. Nous sommes dans une situation où c’est une autre personne en dehors de l’État qui détient le pouvoir, le pouvoir ultime de décider de ce qui est bon pour le pays et de ce qui ne l’est pas. Certains auteurs ont appelé ce phénomène l’individualisation du pouvoir lorsqu’il est exercé non pas par des personnes à l’intérieur de l’État, avec ses institutions mais lorsqu’il appartient à une personne qui se trouve en dehors de l’État.

Autonomie et indépendance

Un Premier ministre ne saurait être le chef commissaire de l’île Maurice, un peu comme celui de Rodrigues, où celui-ci gère le quotidien des Mauriciens dans le cadre d’une autonomie. L’île Maurice est un État indépendant, elle n’est pas une dépendance, terme dénigrant utilisé autrefois pour qualifier les îles qui font partie du territoire mauricien.

Souveraineté et dignité

S’il y a eu lutte pour l’indépendance du pays, ce n’est pas pour que son Premier ministre soit un commissaire de l’île Maurice, et cela, il y a lieu que notre élite politique, que nos dirigeants politiques le comprennent. Ils doivent avoir toujours dans la conscience l’essence de l’article 1er de la Constitution. La soif du pouvoir ne doit pas leur faire perdre le sens de la souveraineté d’un pays. Il y va de la dignité de tout un peuple !

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