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Scolarisé à la maison: Héliote Di Betta, un prodige diplômé du BAC à 16 ans

11 juillet 2022, 20:00

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Scolarisé à la maison: Héliote Di Betta, un prodige diplômé du BAC à 16 ans

«Les mathématiques et les sciences vous permettent de comprendre le monde. J’aimerais faire des études en science, par exemple, en ingénierie. J’adore avoir des projets. Il faut avoir des objectifs. Sans cela, on n’avance pas et on n’a aucune motivation», affirme Héliote Di Betta. Ce jeune, tout juste 16 ans depuis le 20 juin, a décroché les résultats de son baccalauréat avec mention «très bien» le 23 juin. 

Sa dernière année scolaire s’est ainsi déroulée au Lycée La Bourdonnais alors qu’il avait 15 ans, soit deux ans plus jeune que ses camarades de classe. «Et cela ne m’a pourtant pas empêché de m’intégrer», dit-il. S’imposant comme un des «élèves les plus brillants dans les disciplines scientifiques», comme le souligne Nora Boukheroufa, proviseur adjoint au sein de cette institution, Héliote Di Betta a concilié avec succès ses études et la pratique du mandarin, du russe, du kitesurf à haut niveau et du rugby. 

D’ailleurs, Jean-Luc Vigner, professeur agrégé de sciences physiques, abonde dans le même sens. «Dès la classe de première, au sein d’un groupe de 17 élèves, il s’est démarqué des autres par ses qualités remarquables : une réelle aisance pour raisonner et une très bonne maîtrise de l’outil mathématique, une expression écrite de grande qualité… Cultivé, vif d’esprit, réactif et dynamique, il possède en plus une grande capacité à travailler en équipe.» 

Avant de rejoindre un établissement scolaire, ce jeune a eu un cheminement particulier. En effet, il a vécu de belles années de «unschooling» auprès de la nature durant sa petite enfance. «Je ne voulais pas me cantonner à cette perception classique de l’éducation et plutôt favoriser un accompagnement différent pour mon fils. Je ne voulais pas briser cet élan naturel qu’a l’enfant pour apprendre et comprendre. À quatre ans, il a demandé à aller à l’école mais cela ne s’est pas bien passé», confie Isabelle Di Betta. Aussi, son apprentissage s’est focalisé à travers le jeu, la passion et l’expérience. Sa mère ainsi que quelques enseignants le guidaient dans cette voie. 

À partir de huit ans, Héliote Di Betta intègre le petit groupe d’études Hélios de la Fondation Enfants Doués créée par sa mère. «J’ai ainsi pu suivre une scolarité ‘‘à la carte’’, car de nature éclectique, je me suis toujours intéressé à tout. Cette soif d’apprendre a pu être étanchée en partie grâce aux voyages, durant lesquels j’ai pu parfois m’initier aux langues de façon formelle (arabe et vietnamien) et cultures locales», poursuit l’adolescent. 

Dans la même veine, il adhère à des cours de science expérimentale, d’échecs, de russe, d’espagnol et de mandarin pendant de nombreuses années mais aussi d’économie, parallèlement à l’anglais obligatoire. Selon l’adolescent, grâce aux enseignants ouverts d’esprit et passionnants qu’il a pu côtoyer, il n’a jamais eu à énormément travailler. «Ils suivaient mon rythme d’assimilation très rapide, ce qui n’aurait pas été possible dans le système classique. À la veille de mes 12 ans, j’ai passé mon brevet des collèges en candidat individuel que j’ai obtenu mention ‘‘Bien’’. Cela m’a permis de valider officiellement toutes ces années durant lesquelles j’ai pris beaucoup de plaisir à apprendre, sans stress, sans note et de manière informelle», déclare-t-il. 

Après le Brevet, souhaitant parfaire son niveau, pour son projet post-bac, il décide de ralentir le rythme et se concentrer sur l’essentiel. Une action fructueuse puisqu’Héliote Di Betta fait ensuite son entrée au lycée en première et y complète son année avec 18,37/20 de moyenne générale. Car après une scolarité, seul ou en petit groupe, qui lui convenait pendant longtemps, il souhaitait bénéficier de l’aspect social d’un grand Lycée. Et la réussite s’est matérialisée au BAC avec des notes sans équivoque : 20/20 au grand oral de physique, 18 en mathématiques, 19 en espagnol et histoire entre autres. 

Quel regard jette-t-il sur ce parcours atypique ? «Ce fut une chance. Aujourd’hui, le défi des notes et du sentiment du travail accompli me manque déjà, mais surtout mes camarades de classe, avec lesquels je riais, jouais au billard, et évidemment avec lesquels on s’entraidait. Cela est assurément un sentiment étrange que d’achever sa scolarité à 16 ans, mais également un accomplissement», confie-t-il. 

Fraîchement diplômé, Héliote Di Betta souhaite maintenant prendre une année de césure, tout en validant une première année de licence en Sciences formelles à l’université de La Sorbonne, à distance, afin de pouvoir voyager et continuer à progresser en kitesurf. Car l’adolescent cultive également le goût du sport. 

«Par la suite, j’aimerais rester dans le domaine des sciences et des mathématiques, en intégrant une classe préparatoire aux grandes écoles en France ou une université anglophone à l’étranger. Cependant, cette année j’ai été contraint à une année de césure car injustement noté au bac de français (cela constaté par plusieurs enseignants de lettres), la note qui m’a été attribuée fut éliminatoire pour la filière sélective que je souhaitais. C’est finalement un mal pour un bien, car entre sport, voyage, social et études je ne peux rêver mieux que ce qui m’attend», conclut-il.