Offshore: Rs 17 Mds en balade entre Dubaï, Maurice et d’autres destinations

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La Financial Services Commission a été alertée de l’opacité sur la réelle identité des ultimes bénéficiaires de cet argent.

La Financial Services Commission a été alertée de l’opacité sur la réelle identité des ultimes bénéficiaires de cet argent.

Pourquoi ce Fund Manager de nationalités syrienne et dominicaine, qui réside à Dubaï et Londres et qui opère à partir des Seychelles, a-t-il boudé Dubaï, la République dominicaine et les Seychelles, tous des centres offshore, pour venir «investir» dans le centre financier mauricien ? Pourquoi cette énorme somme de 400 millions de dollars, équivalant à Rs 17 milliards, est restée inactive pendant plus de 18 mois ? En tout cas, c’est un drôle de Fund Manager qui n’investit pas l’argent de ses clients, ni à Maurice ni à l’étranger ! 

Qui sont les ultimes bénéficiaires décidément peu regardants de ce que fait le gestionnaire de fonds avec leur argent ? Entre eux et lui, il y aurait une banque dubaïote qui fait barrage, semble-t-il. Les hommes de loi – ils ne veulent pas que l’on cite leur nom – de cet obscur Fund Manager syriano-dominicain nous affirment que puisque c’est une grande banque, il n’est pas nécessaire de connaître l’identité des investisseurs individuels. 

Sollicité, l’ancien ministre des services financiers Sudhir Sesungkur, qui est aussi expertcomptable, n’est pas d’accord avec ce qu’avancent ces hommes de loi. «On ne peut pas se contenter de cet argument. Il est important de connaître ces identités, surtout si ces fonds n’ont pas été investis. La Financial Services Commission (FSC), étant l’instance suprême de supervision, a une obligation de connaître les ‘ultimate beneficial owners’. C’est précisément la raison pour laquelle le Groupe d’action financière nous avait mis sur la liste grise.» 

La FSC, elle, nous dit que la première Management Company (MC) locale qui avait géré ce dossier avait fait un exercice de «due diligence» et qu’elle, la FSC, se fie aux conclusions positives de cette MC quant à la provenance des fonds. Sudhir Sesungkur objecte. «Pour des transactions de cette envergure, la FSC ne peut se fier à la due diligence d’une MC. Elle aurait dû en conduire une autre, plus profonde.» 

Selon nos renseignements, la nouvelle MC, qui a pris le dossier en décembre 2021, a commandité un nouvel exercice de «due diligence» et alerté la FSC sur les zones d’ombre, ou plutôt l’opacité sur la réelle identité des ultimes bénéficiaires. Ce qui aurait vraisemblablement causé la suspension de la licence de cette MC. 

Les hommes de loi du Fund Manager syrien, eux, expliquent cette suspension par le fait qu’une fraude d’USD 100 000 a été commise par la MC. La cour se penchera sur cette accusation de fraude le 14 juillet. Nous serons en position alors de connaître une partie de la vérité. Si l’affaire n’est pas renvoyée à une date ultérieure. 

Ce qui interpelle encore plus, c’est qu’il y a bien eu des mouvements de fonds mais visiblement pas des investissements. On en attend des preuves. De plus, les personnages qui gravitent autour de ce gros «magot» semblent encore plus suspects.

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