Arts & patrimoine culturel: Opération de marketing post-Budget

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Le ministre a convié quelques artistes triés sur le volet à un «workshop» au «Maritim Hotel» à Balclava, jeudi dernier.

Le ministre a convié quelques artistes triés sur le volet à un «workshop» au «Maritim Hotel» à Balclava, jeudi dernier.

Trois heures pour koz koze ki bizin koze. Face à Avinash Teeluck, ministre des Arts et du patrimoine culturel accessible, qui a mené lui-même les discussions, donné des précisions, rappeler les propositions passées et pris le thé avec les participants. Et rassuré ceux présents. Le tout, dans le cadre feutré du Maritim Hotel à Balaclava, le jeudi 30 juin.

Était-ce une opération de marketing des mesures fort décriées pour les industries créatives contenues dans le Budget 2022-23? On se souvient qu’il y a deux semaines, le 14 juin plus précisément, un collectif d’artistes remonté a donné une conférence de presse pour critiquer vertement les mesures budgétaires.

Quinze jours plus tard, des artistes triés sur le volet étaient officiellement invités à un workshop à deux volets. Le principal étant de donner des précisions sur les mesures budgétaires. Dont le polémique futur National Arts Centre, avec un studio à Petit-Raffray, dans la circonscription du ministre des Arts et du patrimoine culturel.

Parmi ceux qui ont répondu présent : Joelle Coret, présidente de l’Union des artistes. Elle était dans les rangs des mécontents du Budget, il y a quinze jours. C’était l’occasion de présenter «encore une fois» les doléances des artistes, affirme-t-elle. «Souvent quand on prend contact, on n’a pas de réponse du ministère.»

Que pense-t-elle d’une rencontre avec les artistes orchestrée alors que l’examen en comité du Budget 2022-23 a déjà eu lieu à l’Assemblée nationale ? «C’est là que le ministre a souligné que le Budget a donné Rs 37 millions pour les artistes dans le National Resilience Fund. Il a dit que maintenant que l’argent est là, des choses seront revues. Attention, il ne faudrait pas qu’encore une fois ce soit décidé uniquement par des fonctionnaires».

Projet de loi attendu

Face aux nombreux schemes annoncés dans le Budget (NdlR : scheme pour les artistes émergents, pour financer en partie les déplacements à l’étranger, etc…) la présidente de l’Union des artistes a souligné qu’il «faut revoir les procédures et les critères pour obtenir ces aides ministérielles. J’ai fait plusieurs demandes. Soit je n’ai jamais eu de réponse, soit, comme dans le cas du National Arts Fund, c’est après un an qu’on m’a répondu. J’ai demandé une aide pour réaliser un clip, mon clip est déjà sorti ».

Deuxième volet du workshop : le Status of Artist Bill. Un projet de loi vivement attendu depuis que Vesna Copic, experte de l’Unesco est venue à Maurice pour travailler dessus en 2017. Des consultations avec des artistes avaient alors déjà eu lieu. «On a un peu fait appel à ceux qui étaient là en en 2017», constate une autre participante du workshop, la plasticienne Nirveda Alleck.

«Le plus important c’est de voter le Status of Artist Bill, par la suite on définit une politique culturelle et c’est ça qui détermine les mesures culturelles», affirme l’artiste. Or, c’est dans le sens inverse qu’opère le ministère. «Les mesures budgétaires 2022-23 sont comme des pétales alors qu’il y a encore tout un chantier». Nirveda Alleck a martelé : «Que fait-on pour le marché de l’art ? Il faut sortir du système des subventions, de l’assistanat et contribuer à mettre en place un marché de l’art. Pour que l’artiste n’ait plus à frapper aux portes du ministère.»

Elle a aussi déploré la «façon de faire» du ministère des Arts et du patrimoine culturel, face aux artistes qui demandent une aide pour des billets d’avion. «Dans le passé, j’ai préféré aller vers la Mauritius Tourism Promotion Authority plutôt que le ministère.» La MTPA achète elle-même les billets d’avion. Au ministère, il faut fournir un devis, un portfolio, attendre six mois avant d’être remboursé. Il y a un manque de confiance et par extension un manque de respect envers l’artiste. «Si un artiste va à l’international, c’est qu’il est connu, mais le ministère deklar pa konn li.»

Bruno Raya, producteur et artiste était parmi ceux conviés. Mais, invité, «la veille pour le lendemain», il dit n›avoir pas pu se libérer pour y assister. «Par écrit, j’ai aussi déploré que le président de l’Association des Auteurs Compositeurs de Maurice, Jean-Jacques Arjoon n’ait pas été invité.» Résultat : l’artiste producteur confie que le ministre des Arts et du patrimoine culturel l’aurait appelé pour lui dire que d’autres réunions seront organisées prochainement.

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