Anjali Callikan: Date, Fate, Hate… and Love again

Avec le soutien de
Le premier recueil de poésie d’Anjali Callikan, «Sweet poison», sera lancé après-demain. Elle signe aussi les illustrations.

Le premier recueil de poésie d’Anjali Callikan, «Sweet poison», sera lancé après-demain. Elle signe aussi les illustrations.

On ne sort pas indemne d’une relation de dix ans. Surtout quand c’est sa première histoire sérieuse, entamée à l’âge de 18 ans. C’est dans les méandres de l’amour et de ses désillusions que nous entraîne Anjali Callikan. Son premier recueil de poèmes, Sweet poison, sera lancé après-demain, mercredi 29 juin, au Hennessy Park Hotel.

Troublant oxymore. Sweet poison. Pour tenter de résumer l’insaisissable. L’amour. Surtout quand il n’est plus. Recueil de l’innocence et des «passions contradictoires». Le tout souligné par cette fleur de lotus, qui en couverture, trempe dans la fange d’une décoction douteuse. 

Sweet poison, recueil de poèmes d’Anjali Callikan, sera lancé ce mercredi 29 juin. L’ouvrage est né d’une rupture amoureuse. L’auteure est d’abord «obsédée» par des images qui «représentent notre relation». Le va-etvient d’impressions est si persistant qu’elle est comme «hantée» par des «idées de peintures». Parmi celles-ci, il y a cette vision où elle se voit «tomber d’une falaise». L’auteure passe par la phase d’«idéalisation» de l’être aimé à la «mélancolie, le regret». 

Pour Anjali Callikan, 31 ans, la rupture amoureuse survient après une première relation longue durée de dix ans. Une histoire qu’elle a vécue entre l’âge de 18 et 28 ans. Après la ronde des images, coule le flot des mots. «Quand j’ai commencé à mettre les images en mots, c’est devenu un torrent.» Le débit est si abondant qu’il l’occupe intensément, «pendant deux semaines. Tout ce que j’avais emmagasiné est sorti sous la forme de poèmes». D’autant plus que l’envie d’écrire s’était déjà manifestée, plusieurs années auparavant, «quand la relation a commencé à s’effriter». 

Avec le recul, Anjali Callikan explique que le recueil montre «la complexité de l’amour, l’espoir, la haine, la déprime, l’abandon, l’envie de retrouver le bonheur passé». Il s’achève avec Promise. Une fin où l’auteure se demande :
«Is it too late
To go back in time?
If only
I could try again,
If only I could change your mind.»

Les poèmes de l’ancienne élève du Lycée Labourdonnais sont en anglais. «J’ai vécu sept ans en Angleterre», confie l’auteure. Elle a étudié pendant trois ans à Toulouse, avant de poursuivre son cursus pendant trois ans à Bristol. Anjali Callikan est une avocate spécialisée dans le droit des affaires. Elle a aussi eu l’occasion de travailler en Angleterre pendant quatre ans. «Au final, l’anglais est devenu la langue que je parlais le plus. Les poèmes me sont venus naturellement en anglais. Je ne l’ai pas fait exprès.» Se laissant porter par la musicalité de la langue pour moduler des vers libres. Pour «exprimer dans un langage simple et imagé ce que je ressens. Cela m’envahissait tellement. Ces émotions devaient avoir leur propre vie. Cela a été une catharsis. Je me suis sentie mieux après». 

Le pouvoir de guérison de la poésie, Anjali Callikan dit l’avoir «ressenti, vraiment». Il lui a permis de «réassembler les parties de moi qui étaient cassées». Analogie ici, pour l’auteure avec le kintsugi, cet art japonais de réparer des céramiques cassées, sans dissimuler les fêlures, mais au contraire, en les mettant en valeur avec des soudures dorées. «C’est ce qui m’est arrivé. J’étais fracturée. Le processus d’écriture m’a permis de me recoller les morceaux et de créer, à partir de quelque chose d’assez horrible dans ma vie personnelle, un recueil dont je suis fière.» 

Dix-huit poèmes courts composent Sweet poison. «Le chiffre 8 a un sens particulier pour moi. C’est un chiffre porte-bonheur. Ma relation a commencé quand j’avais 18 ans, elle s’est terminée quand j’avais 28 ans», confie l’auteure. L’un des poèmes s’intitule Eight.
«Eight my lucky number,
Eight the infinity,
It was through our equation,
That I found the way to me.
But Eight had
High highs,
And Eight had
Low lows.
You flew me up in the skies,
You crushed me far down below (…)
My Infinity has come
To an end.
Date, Fate, Hate,
Is this what it comes down to?
I would do anything to run,
Another cycle with you.»

En préface, l’auteure Shakuntala Hawoldar constate qu’Anjali Callikan «finds love or the lotus in the mud. When did the lotus become the lover and when did the lotus stop blooming?» Avant de souligner : «Love has many colours and shades and it is timely you have discovered it for yourself.» 

À quel moment Anjali Callikan décide-t-elle de publier ce recueil centré sur une expérience douloureuse ? «Ce que j’ai vécu est universel. D’autres y trouveront une résonance. Quand les artistes vont chercher au plus profond d’eux-mêmes, ce qu’ils créent parle aux autres.» 

C’est aussi le temps de la maturité. «Je suis très émotive et sensible», confie l’auteure. «C’est quelque chose qui vous rend la vie difficile. Ce n’est pas valorisé dans le monde dans lequel on vit. Je publie aussi ce recueil pour montrer que c’est ok d’être vulnérable. Il n’y a pas de honte à être à fleur de peau. Je suis arrivée à un point où le qu’en-dira-t-on ne m’importe plus.»

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
Suivez le meilleur de
l'actualité à l'île Maurice

Inscrivez-vous à la newsletter pour le meilleur de l'info

OK
Pour prévenir tout abus, nous exigeons que vous confirmiez votre abonnement

Plus tardNe plus afficher

x