Main-d’oeuvre étrangère: Ally Beegun alerte sur les expulsions «injustes»

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Des Bangladais et Malgaches ont été arrêtés dans leur dortoir, la police estimant que leur permis de travail a expiré. © Beekash Roopun

Des Bangladais et Malgaches ont été arrêtés dans leur dortoir, la police estimant que leur permis de travail a expiré. © Beekash Roopun

Ce n’est pas la première fois que le syndicaliste Fayzal Ally Beegun s’exprime sur le sort des travailleurs étrangers. L’expulsion de certains d’entre eux de leur dortoir la semaine écoulée l’attriste. Il raconte que c’est un drame. «Des policiers ont fait irruption dans son dortoir à Coromandel et l’ont arrêté», lui a raconté un Malgache. «À ses côtés, une vingtaine de travailleurs bangladais et d’autres compatriotes. La raison évoquée, son permis expiré. Or, c’est le permis qui lui a été octroyé par le ministère du Travail depuis janvier.» Le syndicaliste soutient que la communication avec le travailleur a été coupée après que ce dernier lui a fait comprendre qu’il se trouvait au Chaland. 

Pour le président de la Textile Manufacturing and Allied Workers Union, il faudrait que la police soit également formée. «Le commissaire de police devrait expliquer à ses hommes que l’on ne peut pas uniquement arrêter les travailleurs sans leur donner la chance de s’exprimer. Il est grand temps de créer une connexion entre la police, les officiers de l’immigration et la Special Migrant Unit. Il y a beaucoup de travailleurs innocents qui, par la faute du ministère du Travail, sont expulsés.» 

Il nous revient qu’au ministère du Travail, un retard du renouvellement des permis de travail a été constaté depuis l’apparition du Covid- 19. «Beaucoup de travailleurs vivent dans la peur d’être arrêtés. Ils savent que s’ils sont expulsés, ils ne pourront jamais plus revenir à Maurice.» Selon le syndicaliste, il faudrait également revoir les conditions de détention au Chaland. «Pourquoi ne pas construire une maison d’accueil. Même si le Chaland a été rénové, une prison reste une prison.» 

Fayzal Ally Beegun fait remarquer que les travailleurs étrangers commencent à douter de la justice mauricienne. «Est-ce que les magistrats vont écouter les doléances de ces travailleurs ?» Il sait que le pays manque de maind’oeuvre. «Plusieurs compagnies font des demandes pour recruter des travailleurs étrangers. Et dire que la main-d’oeuvre est déjà présente et qu’elles ont juste à faire une demande pour les avoir. Ces travailleurs, dont l’usine a mis la clé sous la porte l’année dernière, avaient un permis provisoire délivré par les autorités.» 

Certes, il est conscient que plusieurs travailleurs ont déserté leur dortoir. «Mais il faut chercher la raison derrière cette escapade. Il ne faut pas que les innocents paient les pots cassés.» Au ministère du Travail, l’on maintient que des permis provisoires ont été délivrés, jusqu’à ce que les dossiers soient traités.

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