Coup d’envoi de la saison hippique: le Champ-de-Mars retrouve le bruit des sabots

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La deuxième course a été remportée par Golden Glory. © Kiranchand Sookrah

La deuxième course a été remportée par Golden Glory. © Kiranchand Sookrah

Beaucoup croyaient que ce lieu mythique n’allait plus jamais vibrer sous la voix légendaire de Jug Gokhool, le son des galops des chevaux, les palefreniers échangeant entre eux les fameux «tiyo». Hier, le Champ-de-Mars s’est refait une beauté et a de nouveau respiré sous les couleurs de People’s Turf PLC de Jean Michel Lee Shim, nouveau patron des courses. Une journée bien ficelée, ou presque. 

Midi. Nous arrivons au Champ-de-Mars. Des barrières ont été placées à l’entrée et des policiers veillent au grain. Plus tôt, les badauds sont priés de partir et «al get lékours lor télévizion». Des policiers sont placés à l’entrée même du chemin menant vers l’hippodrome. Après vérification, ils nous laissent entrer. 

L’installation de structures, dont des échafaudages, a toujours cours. Les ouvriers s’affairent à recouvrir les semblants de miradors sur lesquels des cameramen ont déjà pris place. Image contrastante car les structures en métal ont été placées devant les bâtiments du MTC, fermés. Nous nous approchons de la grande porte près de la ligne d’arrivée. Sur la piste, des employés sont affairés à dresser l’herbe sur la piste tandis qu’au loin, nous distinguons des hommes de la Special Supporting Unit et des agents de sécurité. 

Cinq minutes plus tard, les premiers chevaux arrivent. Un cheval vient de la droite et deux autres de la gauche du chemin principal. Ce qui ne manque pas d’étonner plus d’un et les commentaires fusent. Quelques policiers semblent s’y connaître en courses hippiques. «34 an mo travay Champ-de-Mars, prémié fwa mo trouv lékours an dezord koumsa», lance l’un d’eux. 

Des jockeys, bien assurés, sont montés en selle pour démarrer cette saison hippique des plus tumultueuses. © Kiranchand Sookrah

D’autres personnes, dont quelques palefreniers, trouvent mauvaise l’idée de ne pas faire venir les chevaux d’un seul côté de la route. Alors que nous prenons des photos, ils nous avertissent : «Al dan kwin. Si li gagn per la, li fons lor ou la boss.» D’autres chevaux font leur apparition, certains plus farouches que d’autres. 

Il est 12 h 25. Les chevaux prennent place pour la première épreuve, The Anand Caussy-LeTurboTrophy. Cinq minutes avant le départ de la première course de l’ère Lee Shim, photographes et autres officiels courent vers la ligne d’arrivée pour avoir les meilleurs clichés. Les pronostics vont bon train : «Domino Ruler kapav bez sa la», «éta mari bom sa. Mo trouv Cloud Seeder pé gagn alez mwa wey.» 

12 h 30. On entend la mythique cloche du Champ-de-Mars et cette voix qu’on reconnaîtrait entre mille qui annonce : «Déparrrtttttttt de la première course, Cloud Seeder en tête…» Ce sera bien évidemment le cheval Cloud Seeder de l’écurie Amar Sewdyal, monté par Swapneel Rama, en remplacement du jockey Allyhossain, qui va remporter la première course. 

Les différents propriétaires vont se ruer pour féliciter Amar Sewdyal alors que nous nous dirigeons vers les gagnants, marchant entre les stands des marchands, vides. On entend presque l’ambiance d’une journée d’avant Covid-19. Amar Sewdyal, ému, se dira fier d’avoir remporté la course et a une pensée spéciale pour les personnes travaillant avec lui. «Enn séval koumsa pa kapav gard dan dock sa akoz li pou gagn bann problem. Trwa séval inn retiré zordi la. Nou bizin lékours nou. Mo pans mo bann travayer kinn travay zédi, vandrédi, samdi ek zordi pann kapav amenn séval galopé. Mo pa pé kapav fer nanié. Bizin gagn enn solision», dira-t-il, en larmes. 

Ce père de famille est venu avec ses deux enfants voir courir les chevaux, en dehors, huis clos oblige. © Kiranchand Sookrah

Nous nous dirigeons vers le quartier général de People’s Turf, où, à l’entrée, une gentille dame propose du briyani. Elle nous lance rapidement : «Dégazé manz briyani agneau la ein parski pé fini.» À l’intérieur de la salle, une tout autre ambiance s’offre à nous. Entre les murs rouges, des tables sont placées et les différents propriétaires de chevaux sont assis, magazines en main, verre sur la table. Difficile d’entendre un mot, la salle étant submergée par les rires à gorge déployée et les cris. Au fond, un bar tourne à plein régime. Whisky, boissons gazeuses, gâteaux, petits fours sont déposés sur la table et nous apprenons que c’est buffet à volonté. «Boss la, enn patron li, man», dira un des serveurs. À droite, un espace a été aménagé pour la presse. «Maintenant, nous avons un endroit où déposer nos sacs, respirer, parler et venir casser la croûte après ou entre deux courses.» 

La deuxième course, remportée par Golden Glory, animera la salle. Bien que les courses soient tenues à huis clos, l’ambiance règne et elle sera ainsi jusqu’à la dernière course. Lee Shim a-t-il réussi son pari ? Les avis divergent. Certains sont moins convaincus et attendent avant de donner leur avis tandis que d’autres sont catégoriques : «Pou enn débitan, organiz sa dan 4 zour la, tiouuu bébet !»

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