Hôpitaux: les médicaments au compte-gouttes

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Les gouttes pour les yeux, telles l’Alphagan et le Cartéol, sont indisponibles à l’hôpital de Moka.

Les gouttes pour les yeux, telles l’Alphagan et le Cartéol, sont indisponibles à l’hôpital de Moka.

L’indisponibilité d’une marque de médicaments ne veut pas dire qu’il y a une rupture. C’est ce que le ministre de la Santé a indiqué, informant au passage que le même médicament est disponible sous d’autres marques.

Direction Subramania Bharati Moka Eye Hospital, à Moka, pour vérifier. Jean-Pierre, un patient souffrant de tension oculaire, explique qu’il est contraint d’acheter ses gouttes en pharmacie car cela fait plusieurs mois qu’il n’en reçoit plus à l’hôpital. «Comme c’est assez cher, ce manque de gouttes est un vrai handicap. Trois flacons de gouttes coûtent environ Rs 2 500 par mois», soutient-il.

Une autre patiente, qui souffre aussi de glaucome, une maladie oculaire irréversible, abonde dans le même sens. Depuis trois mois, l’Alphagan, une goutte primordiale pour que sa situation ne dégénère pas, ne lui a pas été remise car indisponible. Au début, il a fallu qu’elle se démène pour en avoir. Mais désormais, il est difficile d’en trouver.

Quant au Cartéol, autre médicament pour le traitement du glaucome, elle n’en a pas eu lors de son dernier rendez-vous pour la même raison. Cela fait presque une décennie qu’elle suit des traitements, et ce manque l’inquiète. D’autant que dans le privé, l’achat a un coût conséquent.

«On m’a dit que ce sera disponible vers la fin du mois, mais même là, ce n’est pas sûr», explique la septuagénaire. D’ailleurs, un appel à la pharmacie de l’hôpital de Moka confirme ses propos. «Nous n’avons pas ces deux médicaments. Ce sera disponible la semaine prochaine, mais appelez avant de venir.»

La qualité mise en cause

Mais le problème ne concerne pas tous les médicaments. Saoud Bahadoor, un patient à l’hôpital depuis 2017, avance qu’il a entendu qu’il y a une pénurie, mais ses médicaments à lui sont disponibles. «Mon frère travaille dans la pharmacie et il est dans le secteur hospitalier. Je n’ai pas rencontré ce problème. Je pense qu’il ne faudrait pas en faire un drame. J’ai eu mes trois gouttes comme d’habitude», précise-t-il. Il faut donc avoir des contacts.

Le problème ne se limite pas qu’à l’hôpital de Moka. Au centre hospitalier Dr A. G. Jeetoo, le même manque se fait sentir. La septuagénaire évoque aussi un autre problème. Les médecins de l’hôpital, dit-elle, lui ont conseillé d’acheter d’autres médicaments même s’il n’y a pas de manque. La raison évoquée est la qualité. Les médecins lui ont expliqué que vu l’état avancé de sa maladie, la qualité des médicaments disponibles à l’hôpital ne lui conviendra pas et, de ce fait, il lui a été conseillé d’en acheter en pharmacie.

«Il n’y a pas de manque à ce niveau, à ce que je sache. C’est la qualité qui ne conviendrait pas à mon état selon les médecins. D’ailleurs, avant de dire d’en acheter, ils m’ont demandé si je peux me le permettre. Comme il y va de ma santé, j’ai dit oui», confie-t-elle. Ainsi, elle doit acheter de l’azythromycin, un antibiotique, et un autre médicament pour ses poumons chaque mois.

Quant au Clopi-Denk 75, un médicament pour les traitements cardiaques, il n’est pas disponible depuis quatre mois environ et, encore une fois, il n’y a pas de substitut. Les patients sont priés d’en acheter dans les pharmacies et le traitement pour un mois coûte environ Rs 500. «Il me faut 30 cachets par mois. Cela fait plus de quatre mois que j’en achète. Lors de mon dernier passage à l’hôpital, la semaine dernière, j’en ai eu dix. Il a donc fallu acheter le reste», explique une patiente âgée de 92 ans.

Un autre patient diabétique, lui, explique que c’est l’insuline qui pose problème. Lorsqu’il utilise celle de l’hôpital, son taux de sucre baisse tellement vite qu’il se retrouve dans un état comateux. Il faut donc qu’il achète, en pharmacie, une autre marque à l’action plus lente, qui lui permet de réguler son taux de sucre dans le corps.

Sollicité, le ministère de la Santé a fait savoir qu’en aucun cas, il doit être demandé au patient d’aller acheter les médicaments eux-mêmes. «En cas de manque d’un médicament, les hôpitaux ont le droit, jusqu’à une certaine somme, d’acheter les médicaments dans le privé pour les patients. Les cas abusifs doivent être rapportés au ministère», indique une source autorisée.

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