Terrasson: Martine Joëlle Fineau subissait la violence entre partenaires intimes

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Il y a un monde de différence entre la femme photographiée à gauche et celle sur le cliché de droite. Et pourtant, c’est la même personne.

Il y a un monde de différence entre la femme photographiée à gauche et celle sur le cliché de droite. Et pourtant, c’est la même personne.

C’est la consternation au domicile des Numa à Cité Sainte-Catherine, St-Pierre. Les proches de Martine Joëlle Fineau, dont c’est probablement le corps qui a été retrouvé dans la fosse septique du domicile qu’elle occupait avec son compagnon à Terrasson, cherchent des réponses et se demandent surtout comment ce drame aurait pu être évité. Leur certitude est que leur parente était une femme violentée, martyrisée et qu’elle vivait un calvaire auprès de Yannick Sheldon Marie, un toxicomane de 29 ans. Elle avait emménagé avec lui depuis huit mois. Et sa vie avait basculé depuis.

La dernière fois que Jenny Numa avait conversé avec sa sœur aînée par visioconférence, c’était au début du mois de février. «Elle était troublée, apeurée et amochée physiquement. Elle avait peur de parler et était sur la défensive. Elle portait plusieurs blessures au visage et m’a raconté que son concubin l’avait tabassée», relate Jenny Numa. Les scènes de violence étaient courantes au domicile du couple. «Il y avait souvent des bagarres et notre soeur se rendait au poste de police à chaque fois». Jenny Numa soupçonne aussi que sa sœur était souvent séquestrée. Elle se souvient qu’à chaque fois que sa sœur venait à Cité St Catherine, elle avait des ecchymoses sur le corps et était sur le qui-vive. «On lui disait de quitter son compagnon mais elle ne nous écoutait pas. Nous nous demandons désormais si elle n’était pas manipulée par lui.»

Martine Joëlle Fineau avait quitté un mariage, qui avait duré 20 ans, à la suite d’un désaccord avec son époux, Vivian, avec qui elle a eu quatre enfants dont le dernier est âgé de deux ans. C’est peu après leur séparation qu’elle a rencontré Yannick Sheldon Marie, avec qui elle a cru qu’elle vivrait le grand amour. Mais ce n’était qu’illusion. La quadragénaire avait sombré dans l’enfer de l’alcool et était soutenue par plusieurs personnes, qui essayaient de l’en sortir. Mais elle rechutait à tous les coups. Malgré cela, Martine Joëlle Fineau avait un grand cœur et était autrefois connue comme quelqu’une de joviale. «Elle aimait aider. Elle ne méritait pas de mourir ainsi. Personne ne mérite une telle mort», estime un de ses amis.

Jenny Numa revient sur la disparition de sa sœur aînée. Peu de temps après leur dernière conversation, ses sœurs et elle ont constaté que leur aînée ne donnait plus signe de vie. «On a appelé sur les numéros qu’elle nous avait laissés et il n’y avait aucune tonalité. Nous sommes parties, à plusieurs reprises, devant sa porte et avons fait le même constat : la maison où ils vivaient était fermée. Nous avons aussi pris contact avec les personnes chez qui Martine se rendait régulièrement, mais elle n’y était pas», relate cette dernière. Finalement, le 6 mai, une de ses sœurs a décidé de rapporter l’affaire à la police. Le même jour, accompagné de policiers, elle s’est rendue au domicile du couple mais la porte était fermée. «Il y avait une odeur de putréfaction dans l’air mais rien n’était confirmé et comme les policiers n’avaient pas de mandat, ils n’ont pas essayé d’ouvrir la porte. J’ai laissé une photo de Martine à la police. Sur ce cliché, elle est méconnaissable tant elle a été frappée.»

Lundi, le compagnon de Martine Joëlle Fineau a été arrêté pour amende impayée. La police criminelle de Port-Louis Sud en a profité pour l’interroger sur la disparition de sa compagne, voulant savoir de lui pourquoi il n’a pas rapporté sa disparition à la police mais Yannick Sheldon Marie ne s’est pas attardé sur le sujet. Les éléments de la police criminelle et les hommes du service d’intelligence de la police ont alors démarré un travail de fourmi pour retrouver la jeune femme et la découverte macabre a été faite dans la nuit de jeudi. Le corps en état de décomposition avancée de Martine Joëlle Fineau a été retrouvé dans la fosse septique située dans une des chambres de la maison de son compagnon à l’Avenue Sparrow, Terrasson. Le corps avait été ligoté et lesté d’une pierre et jeté dans la fosse septique avant que le trou ne soit recouvert de ciment. Il a fallu l’intervention d’un camion de la Waste Water Authority pour extirper le cadavre en décomposition de la fosse septique. Les policiers de la Major Crime Investigation Team, de la police criminelle de Port-Louis Sud, les membres du service intelligence, les techniciens de la Scene of Crime Office, les commandos du Groupement d’intervention de la Police Mauricienne et les hommes de la Special Mobile Force ont été mandés sur place.

Le cadavre de Martine Joëlle Fineau portait plusieurs blessures et l’autopsie a attribué son décès à une hémorragie intracrânienne. C’est grâce au tatouage M.N qu’elle portait sur un de ses poignets que sa sœur a pu l’identifier. Plusieurs objets ont aussi été envoyés au Forensic Science Laboratory à Réduit à des fins d’analyses.

Yannick Sheldon Marie n’est pas encore passé aux aveux par rapport à la découverte macabre, bien qu’il demeure le suspect principal. L’enquête est menée par les limiers de la Major Crime Investigation Team, placée sous le commandement de l’assistant surintendant Seeburruth. Ils devront passer en revue les fréquentations du jeune homme. Ce dernier est connu dans la région comme quelqu’un de violent et serait aussi un toxicomane. Les enquêteurs soupçonnent qu’il n’aurait pas agi seul. Ils ont sollicité le Main Command center pour visionner les images des caméras de SafeCity de la localité.

Les proches demandent à ce que le corps leur soit remis au plus vite

Même si tout porte à croire que le cadavre retrouvé dans la fosse septique est celui de Martine Joëlle Fineau, la police préfère le traiter comme un Unidentified body et seuls des tests ADN pourront confirmer l’identité de la défunte. Ce processus prend au moins dix jours. Les proches, bouleversés, demandent aux enquêteurs de faire preuve de compréhension et de raccourcir le processus. «Nos parents sont âgés. C’est dur de rester là en sachant que son enfant est morte et de ne pouvoir organiser ses funérailles.»

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