Débats sur la motion de blâme: 80 minutes pour Pravind Jugnauth de régler son compte à l’opposition

Avec le soutien de

C’est un véritable réquisitoire qu’a prononcé Pravind Jugnauth contre la motion de blâme du leader de l’opposition contre son gouvernement. Il a profité du temps qui lui a été alloué, soit un peu plus de 80 minutes, pour s’en prendre à toute l’opposition et aussi à l’opposition extraparlementaire. De la période qu’il a qualifiée de sombre avant 1982, il a parlé des renvois des élections par le gouvernement PTr-PMSD, du Macarena party et de l’économie.

D’emblée, Pravind Jugnauth a voulu démentir cette perception que son gouvernement viole la démocratie. Il a indiqué que seulement deux semaines après que le leader de l’opposition a inscrit sa motion de censure contre le gouvernement, il a pris la décision de l’inscrire à l’agenda.

Toujours sur le plan de la démocratie, il a souligné si les élections municipales ont été renvoyées, c’est en raison des risques d’une résurgence des cas de Covid. Il a fait état des déclarations du directeur de l’Organisation mondiale de la santé, qui a mis en garde contre cette pandémie, qui selon lui est toujours une menace dans plusieurs pays. Néanmoins, le chef du gouvernement a soutenu que n’importe quand ce scrutin peut être organisé. Il a rappelé que ce n’est pas la première fois que de telles élections sont renvoyées et dans le passé pour diverses raisons, surtout pour venir avec des amendements à la Local Government Act, il y a eu des renvois du scrutin. Il a aussi cité des rapports des institutions étrangères qui placent Maurice parmi les pays les plus démocratiques dans le monde et surtout au niveau de l’Afrique.

Après avoir rappelé les mesures prises pour aider la population et réduire les inégalités depuis 2014, Pravind Jugnauth a soutenu que le gouvernement est conscient de la hausse des prix et qu’il fait tout son mieux pour protéger la population surtout les personnes les plus vulnérables. «Il y a un comité ministériel qui a été mis en place et je peux vous dire que les prix de certaines denrées seront revus et que le mark-up price sur les médicaments sera également revu.» Il a fait état des augmentations des subsides, sur la farine pour garder le pain maison au même prix et aussi sur le riz autre que le riz ration. Les différentes mesures prises pour soulager le peuple depuis 2014 et aussi pour mettre en recommandation deux rapports du Pay Research Bureau et avec l’introduction de l’université gratuite, cela a coûté Rs 112 milliards. Il est également revenu sur les assistances financières accordées durant les deux lockdowns.

Toujours sur le plan économique, Pravind Jugnauth a fait ressortir que Maurice n’est pas le seul pays où la dette publique est en hausse. Il a cité d’autres pays, notamment Singapour, le Japon, la France et les Maldives, surtout que ce pays est cité comme référence par des membres de l’opposition.

Le Premier ministre a dénoncé l’opposition qui a parlé d’élections truquées. Selon lui, il y a des tactiques dilatoires qui sont mises de l’avant pour retarder la pétition dans la circonscription No 10.

Pravind Jugnauth est revenu sur le cas du Slovaque Peter Uricek et il a parlé de mauvaise foi de Reza Uteem quand il est venu dire mardi dernier au Parlement que le juge a demandé au Directeur des poursuites publiques d’entamer une poursuite. Tel n’est pas le cas selon le chef du gouvernement. Ce dernier a fustigé l’opposition qui selon lui défend un marchand de drogue, un criminel. «C’est indigne de la part de l’opposition.»

Pour Pravind Jugnauth, cette motion de censure n’a pas sa raison d’être. «Au contraire c’est l’opposition elle-même qui métrite une telle motion.»

Arvin Boolell : “This is the best government money can buy”

Le début de son intervention a été marqué par cette phrase : «This is the best government money can buy.» Pour lui, cette motion de censure intervient après discussion avec la population et ceux qui souffrent. Il souligne que ce gouvernement est «mean» et «heartless». Il n’y a pas de séparation de pouvoir avec des arrestations arbitraires et avec V-Dem qui cite ce gouvernement comme un gouvernement autocratique, il faut, dit-il, la dissolution du Parlement, il faut des élections afin de laisser aux gens la chance de s’exprimer. «Quelle est la ‘political worth’ du MSM ? Nothing», dira-t-il.

Et la population ne mérite clairement pas cela. D’ajouter que le parti politique de Pravind Jugnauth doit être reconnaissant au Parti travailliste (PTr). À la suite de quoi il a été interrompu par un brouhaha et le speaker a dû intervenir pour ramener le calme. Après avoir déclaré par la suite que le PTr ne se retrouvera jamais aux côtés des oranges, il y a eu encore une fois eu un brouhaha dans l’Hémicycle. Sooroojdev Phokeer a alors lancé son habituel «order, order...» Arvin Boolell a été interrompu dans son discours une troisième fois par l’agitation d’Alan Ganoo, qui n’a pas digéré que le député rouge fasse référence à lui comme “political insignificant/indignant”. Ce qui a valu à Ganoo un warning du speaker. Il y a aussi eu un accrochage pendant le même moment entre Paul Bérenger et le speaker.

Bobby Hurreeram : «Jagutpal, meilleur ministre de la Santé, le PM père de l’île Maurice moderne»

Le ministre des Infrastructures publiques, Bobby Hurreeram, a commencé son intervention en lançant des piques à l’opposition, notamment la plateforme de L’Espoir. Pour lui, son gouvernement est «on top of his game» et cette motion de censure est un acte de désespoir d’une alliance qui se dit d’espoir. Il a, pendant de longues minutes, dressé la liste des nombreux projets entrepris par son ministère et le GM à une vitesse de croisière. Il a aussi qualifié Kailesh Jagutpal de meilleur ministre de la Santé avant d’ajouter que nul n’arrive à sa cheville. Il n’a aussi pas manqué de qualifier son leader, Pravind Jugnauth, de «père de l’île Maurice moderne».

Bodha se dissocie du scandale des achats sous l’«Emergency Procurement»

Il n’a eu que dix minutes pour son intervention. Nando Bodha a mis en avant la violation de la méritocratie avec ce gouvernement. Des personnes spécifiques sont choisies par Lakwizinn à la tête de plusieurs institutions de l’État. Il a aussi souligné que pendant qu’il était ministre des Affaires étrangères, il était chargé du rapatriement des Mauriciens, de programmer les donations et autres achats d’équipements mais n’a jamais été mis au courant de ce que le gouvernement achetait. Ce n’est que pendant la tranche des questions au Parlement qu’il aurait su ce qui s’était tramé avec les achats de certains équipements et autres sous l’Emergency Procurement.

Ganoo soutient que Pravind Jugnauth est toujours le chouchou des «senior citizens»

Son discours a largement été axé sur le prix des carburants, la hausse des prix des tickets d’autobus et la justification des Rs 4,20 imposées sur les carburants. Alan Ganoo s’est exprimé sur plus de 2,7 millions de vaccins achetés par le gouvernement à hauteur de Rs 1,6 milliards durant la pandémie avec ce levy sur le carburant. Avant de s’appuyer sur le sondage d’un hebdomadaire en faveur de son parti. Pour lui, avec cette motion, l’opposition essaie de tirer une balle dans le dos du gouvernement mais que cela s’avère vain car Pravind Jugnauth, avec ce sondage, a démontré qu’il est toujours le chouchou des senior citizens.

Ivan Collendavelloo, député du Muvman Liberater «Cette motion est une répétition avant les débats budgétaires»

Le député du Muvman Liberater Ivan Collendavelloo a décidé de faire la leçon à l’opposition. Dans le fond et dans la forme, selon Ivan Collendavelloo, on se serait cru dans les débats budgétaires. «Cette motion de censure est basée uniquement sur le coût de la vie et le pouvoir d’achat. Le Budget arrive dans quelques semaines. On voit bien la légèreté des arguments des membres de l’opposition», a souligné l’ancien Premier ministre adjoint. Ivan Collendavelloo reconnaît que le monde est en crise sur tous les continents. Il a tenu à dénoncer l’appel subtil que font des membres de la Chambre au sujet de la violence. Selon le député, durant cette motion débattue la population a pu voir la légèreté du débat et du contenu par l’opposition et le sérieux du débat par le gouvernement.

Ivan Collendavelloo a ciblé l’opposition au sujet du manque de confiance que veut instaurer l’opposition avec les pétitions électorales, la campagne contre le PM et ses ministres, le manque de confiance dans les institutions. Selon Ivan Collendavelloo, c’est un membre du Reform Party qui a déposé la première pétition électorale contre lui et non le MMM ou le PTr. Le député souligne qu’il n’a jamais contesté la demande pour un recomptage à cause des erreurs. Selon lui, le vote sur cette motion sera un vote de censure contre l’opposition.

Kavydass Ramano critique la presse indépendante

Le ministre de l’Environnement, Kavydass Ramano, s’est adressé à la chambre hier contre la motion de blâme de l’opposition. Il a déclaré que le gouvernement est conscient de ses responsabilités politiques, en affirmant que la motion de blâme n’a pas lieu d’être car depuis 2014, le peuple a choisi le MSM pour diriger le pays. Il a affirmé que le pays a une presse, des éditorialistes et journalistes qui «s’autoproclament indépendants» mais qui en fait seraient partisans et auraient «le syndrome du 40+40=80». Et d’ajouter : «Dans le confort de leurs bureaux, une certaine presse, des éditorialistes et journalistes indépendants ont une admiration sans borne pour les membres de l’opposition tout en étant dans le déni du choix du peuple qu’est le MSM.»

Dhananjay Ramful sur le litige MTC-gouvernement : «Bisin ena class pou fer seki zot fer la»

Le député du Parti Travailliste, qui a pris la parole après le ministre de l’Environnement, a commenté le discours de ce dernier qui a vivement critiqué l’opposition. Dhananjay Ramful a rappelé à Kavi Ramano qu’il «cherchait une investiture au PTR il y a quelques années», ce qui a suscité des moqueries des membres de l’opposition à l’égard du député de Quatre-Bornes. Dhananjay Ramful a longuement critiqué le gouvernement dans sa gestion. Il a affirmé que ce qui ce passe actuellement au MTC est du «state capture» et que tous les scandales liés au gouvernement démontrent une dure réalité et «ki bisin ena class pou fer seki zot pe fer la…»

Leela Devi Dookun-Luchoomun affirme que le gouvernement fait son maximum

La ministre de l’Education a affirmé dans son discours que la motion de blâme de l’opposition contre le gouvernement a un effet boomerang car les discours des membres de l’opposition démontrent «qu’ils ne semblent pas savoir ce qui se passe ailleurs». Selon la vice-Premier ministre, les membres de l’opposition ne font que critiquer le gouvernement alors qu’il fait son maximum pour protéger la population dans les temps actuels.

Reza Uteem : «On nous a promis Manhattan et New York mais on se retrouve à Venise les pieds dans l’eau…»

Le député du MMM a affirmé que le gouvernement a une mauvaise gestion de l’économie et n’a aucune vision stratégique. Le pays investit des milliards dans des grands chantiers qui demandent de gros investissements qui ne contribuent pas à notre croissance mais à celle de pays étrangers. Toujours concernant les grands chantiers, Reza Uteem s’est montré critique envers les constructions entreprises dans le pays. Il déclare qu’à cause de tous ces chantiers, malgré l’aménagement de drains, le pays connaît des montées d’eau. Il a lancé une pique au membre du gouvernement qui se vantait de ces constructions. «On nous a promis Manhattan et New York mais on se retrouve à Venise, les pieds dans l’eau avec des voitures transformées en gondoles.»

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
Suivez le meilleur de
l'actualité à l'île Maurice

Inscrivez-vous à la newsletter pour le meilleur de l'info

OK
Pour prévenir tout abus, nous exigeons que vous confirmiez votre abonnement

Plus tardNe plus afficher

x