Agriculture: les champs affectées par une pénurie d’intrants

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La pénurie d’intrants et la hausse des prix de ceux disponibles ont un impact sur les coûts et sur le rendement.

La pénurie d’intrants et la hausse des prix de ceux disponibles ont un impact sur les coûts et sur le rendement.

Si certains des intrants utilisés par les agriculteurs sont rares sur le marché, le prix de ceux qui sont encore disponibles est jusqu’à trois fois plus cher. C’est ce que déplorent les planteurs. Semences, fertilisants, herbicides, entre autres, la pénurie des variétés et l’augmentation du prix du stock disponible ont un impact certain sur les coûts de production et sur le rendement.

«Et 80 % des semences, connues comme les variétés hybrides, sont importées. Elles réclament beaucoup d’eau et de fertilisants. Il y a une pénurie de ces produits et après le ruissellement des engrais en raison des fortes précipitations qui ont récemment arrosé l’île, le rendement de la production agricole sera moindre.» La crainte des planteurs est qu’ils soient obligés d’investir davantage et de subir plus de pertes au niveau du rendement.

Krit Beeharry, de la plateforme Planteurs de Îles, reconnaît que la pénurie d’intrants sur le marché affecte énormément la production. Et pour compliquer la situation, dit-il, la rareté de la main-d’œuvre dans les champs rend la gestion des cultures encore plus difficile.

Sollicité, Sachin Sookna, le General manager de la Mauritius Co-operative Agricultural Federation Ltd, explique que la majorité des intrants importés proviennent de Chine et que le confinement dans ce pays a causé un ralentissement aussi bien au niveau de leur production qu’en termes de manutention dans le port d’embarquement, avec pour conséquence que les bateaux arrivent en retard. Au lieu d’un mois, l’acheminement en met environ deux.

L’autre problème rencontré est la disponibilité des matières premières, qui est limitée. Il cite l’exemple des fournisseurs de Turquie, qui ont demandé une estimation des commandes à venir avec un an d’avance. «Sans compter que plusieurs pays s’approvisionnent de pays tels que l’Ukraine (NdlR : Pays qui subit l’invasion russe) pour les fertilisants», dit-il. De plus, «le prix des matières premières a augmenté à la source».

«Make-up» réduit

D’autres pays limitent leurs exportations, accordant priorité aux agriculteurs locaux et à la demande intérieure. «Par exemple, nous importons des semences de coriandre de l’Italie et le fournisseur a fait savoir qu’il y a une limitation sur la quantité à exporter (…) D’autre part, considérant la date de péremption, nous n’avons pu importer des semences en excès pour éviter d’éventuels problèmes au niveau de la germination.» C’est le même scénario avec des intrants comme les pesticides et les herbicides, souligne-t-il.

Il y a non seulement le prix des intrants, qui augmente à la source, mais la hausse du prix du fret et d’autres frais d’importations entrent aussi en jeu. Des coûts qui se répercutent directement sur les planteurs. «Nous avons dû réduire drastiquement notre mark up pour pouvoir soulager les planteurs mais il y a des facteurs qui sont hors de notre contrôle», fait ressortir Sachin Sookna.

Toutefois, à cause de la pénurie d’intrants, certains importateurs n’ont pas le choix que de recourir au fret aérien, qui est nettement plus coûteux. Toutes ces raisons font que le prix des prochaines cargaisons de semences sera plus élevé.

Pour Kreepalloo Sunghoon, président de la Small Planters’ Association, les agriculteurs dépendent trop de fertilisants importés. Selon lui, la solution serait de produire plus de variétés de semences locales nécessitant moins de fertilisants et d’eau et plus résistantes au climat et aux maladies. «Les petit planteurs souffrent énormément de ces pénuries. Le gouvernement aurait dû faire un audit de toutes les importations d’intrants. Ceci éviterait la vente au marché noir et que les planteurs se fassent exploiter. Il faut utiliser les fertilisants judicieusement. Etudier ce qui manque dans nos sols. Et sur- tout avoir un contrôle des prix.» Kreepalloo Sunghoon fait ressortir qu’en raison de la pénurie de fertilisants, les planteurs ont peur d’investir pour ensuite faire des pertes au niveau des rendements.

Par ailleurs, Krit Beeharry demande que la subvention des engrais par le Small Farmers Welfare Fund (SFWF) soit donnée rapidement par rapport aux produits disponibles afin de mieux venir en aide aux planteurs.

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