Partenariat Grande-Bretagne–Maurice: Une formation diplômante sur la gestion des risques de corruption lancée

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La formation en gestion des risques de corruption est un partenariat entre l'ICAC et l'institut des finances publiques britannique avec la bénédiction de l'agence onusienne contre le crime.

La formation en gestion des risques de corruption est un partenariat entre l'ICAC et l'institut des finances publiques britannique avec la bénédiction de l'agence onusienne contre le crime.

Un partenariat de formation entre le «Chartered Institute of Public Finance and Accountancy» britannique et la commission anticorruption résulte d’une recommandation de l’agence onusienne contre la drogue et le crime. Celle-ci s’est appuyée sur les programmes éducatifs de l’ICAC dans le combat contre la corruption.

«Il y a beaucoup de corruption dans la fonction publique», devait avouer au hasard d’une conversation un fonctionnaire. Il se trouvait justement dans un contexte où on allait parler de corruption mais sous un tout autre angle. Pour renforcer sa capacité à gérer efficacement un segment de sa mission, la prévention de la corruption, l’Independent Commission against Corruption ((ICAC) a lancé un programme de formation débouchant sur un diplôme en Corruption Risk Management, le mardi 26 avril.

Une des idées maîtresses qui a émergé est que la tentation de solliciter des avantages pour services rendus, ou de récompenser quelqu’un qui a fourni à un tiers des facilités auxquelles il n’a pas droit, est une conséquence des fissures dans le système d’administration et de contrôle du privé et du public, qui favorisent de telles pratiques sans crainte de répercussions. Le directeur général de l’ICAC, Navin Beekarry, a fortement insisté sur ce point. «D’où la nécessité de développer des compétences chez le personnel de tout système administratif qu’il soit privé ou public pour pouvoir repérer les situations porteuses de signes qu’elles sont des facteurs de risque pouvant déboucher sur des cas de corruption.»

La prévention la plus élémentaire consiste à recourir à un ensemble d’actions, d’attitudes ou de comportements qui peuvent empêcher qu’un acte de corruption ne se matérialise. Si, jusqu’ici, il n’a pas été toujours possible d’indiquer la part de chaque roupie entrant dans les caisses de l’État qui est engloutie par le réseau de la corruption, il est possible de repérer, dans la gestion des finances de l’État, les points faibles du système qu’utilisent les corrupteurs et corrompus patentés. Personne n’est mieux placé que le personnel du bureau de l’Audit, qui chaque année expose, dans son rapport à l’Assemblée nationale, la situation des dépenses de l’État et parallèlement les cas potentiels de fraudes et omissions.

Le directeur du bureau de l’Audit, Sunil Charanjivsingh Romooah, qui prononçait le discours de circonstance du lancement du programme de formation, en dénote 19. Ce n’était pas un hasard, car de l’aveu de Navin Beekarry, les informations provenant du bureau de l’Audit contiennent les ingrédients pour nourrir les futurs diplômés en gestion des risques de corruption et les attellent à s’attaquer aux sources des comptes tant des corrupteurs que des corrompus.

Sans langue de bois et sans hésitation, Sunil Charanjivsingh Romooah a avoué les limites de son bureau pour venir à bout des risques qui pourraient favoriser des actes de corruption. «La mission d’un bureau d’Audit,a-t-il insisté, ne consiste pas à détecter des cas de corruption. Cependant, les situations rencontrées lors d’un exercice d’audit permettent de mettre en évidence les défaillances au niveau des exercices de contrôle et plus important encore les risques cachés pouvant occasionner des pratiques douteuses et des abus financiers incluant la corruption.» Pour venir à bout de ces risques, une étroite collaboration avec l’ICAC est indispensable. «Une ligne de communication efficace doit être mise en place entre le bureau de l’Audit et l’ICAC. Cette démarche pourrait permettre à l’ICAC d’initier des investigations quand les constatations de l’audit les justifient.»

Outre cette étroite collaboration avec l’ICAC, le directeur de l’Audit propose la nécessité de rehausser le niveau de bonne gouvernance et de contrôle dans les entités étatiques et de consolider davantage la capacité d’intervention des organes de contrôle des affaires de l’État. Pour s’impliquer davantage dans ces zones d’ombre évoquées par le directeur de l’Audit, où des cas de corruption pourraient se matérialiser, l’ICAC s’est offert les services, l’expérience et les compétences reconnues du Chartered Institute of Public Finance and Accountancy (CIPFA) britannique.

Et pour cause. CIPFA, qui dispose d’une armée de 14 000 techniciens spécialisés en finance et comptes publics, est une des rares organisations à faire de la gestion des finances publiques, le principal axe de sa mission. Du coup, le diplôme portant son empreinte est perçu comme un passeport facile pour un emploi dans la fonction publique.

«La conclusion d’un partenariat entre le CIPFA et l’ICAC», soutient le président de l’institut Mike Driver, qui a fait le déplacement avec son directeur à l’international, Khalid Hamid, «résulte d’une recommandation de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime qui s’est appuyée sur le bon travail réalisé par l’ICAC sous la houlette de Navin Beekarry dans la lutte et la prévention contre la corruption.»

Pour Mike Driver, un diplôme en Corruption Risk Management, «comblera ce vide constaté entre l’élaboration d’une approche stratégique et la mise en place de manière effective, des mesures qu’elle propose. Le programme de formation a pour principal objectif de conférer aux bénéficiaires les compétences approfondies et le savoir-faire requis pour mettre en place un cadre de gestion efficace et effective des situations dissimulant des risques susceptibles de mener à des actes de corruption. Je dois reconnaître que pour l’élaboration du programme de formation, nous avons trouvé dans l’ICAC un partenaire de premier plan. Cela, en raison de la riche expérience acquise dans la prévention contre la corruption. Je suis d’autant plus fier que ce programme de formation bénéficie du partenariat du l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime».

Les défaillances pouvant entraîner la corruption

  • Parmi les risques évoqués par le directeur de l’Audit, on relève entre autres :
  •  la non-soumission à l’Audit de l’ensemble de documents (l’état financier) qui permet de juger la situation financière d’une entité pour une période précise ;
  •  les copies de tels documents certifiés ne sont pas déposées au bureau de l’Audit ;
  •  des situations où les règles de comptabilité ne sont pas respectées ;
  •  les défaillances dans le système d’achat de biens et des services pour l’État (l’exemple le plus récent étant le scandale de l’achat en urgence du Molnupiravir) ;
  •  la négligence ;
  •  l’indifférence ; n des procédures et lois dépassées ;
  •  des défaillances dans le suivi rigoureux et la gestion des projets de développement de l’État ;
  • des faiblesses dans le contrôle des dépenses ;
  •  des défaillances dans la gestion des actifs du gouvernement ;
  • le contrôle inadéquat du recensement des biens mobiliers et immobiliers de l’État ;
  •  des défaillances dans la planification et la prise de décisions ; et
  •  des problèmes dans la gestion des revenus de l’État.
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