Tourisme et hôtellerie: redorer l’image des métiers de l’industrie, un must

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Le secteur du tourisme peine à recruter malgré une forte demande.

Le secteur du tourisme peine à recruter malgré une forte demande.

Le tourisme international ne retrouvera pas son niveau de 2019 avant au moins 2023, peut-être même 2024, selon les Nation unies. Si le nombre d’emplois disponibles dans le secteur augmente, ils ne trouvent pas preneur. Comment ralentir l’exode de nos talents? Mais surtout quid de la qualité de nos formations?

Après une crise économique, le secteur touristique étant à l’arrêt pendant près de deux ans avec la fermeture des frontières, il semblerait qu’une crise de l’emploi se profile à l’horizon pour le secteur. Alors que la demande pour remplir les postes disponibles augmente, les hôteliers peinent à recruter, avec certains groupes qui procèdent même à des débauchages pour muscler leurs équipes. Selon les chiffres du ministère du Travail, l’hôtellerie et la restauration représentent le plus gros segment cherchant à recruter à hauteur de 25 %. Le hic, ces emplois, très peu de Mauriciens en veulent, poussant les hôteliers à se tourner vers la maind’oeuvre étrangère.

Avoir recours à la maind’oeuvre étrangère n’est pourtant pas la meilleure solution, car le touriste finalement perd l’expérience de l’immersion culturelle. Autre facteur, une partie de nos recettes touristiques sort du pays, car bien évidemment les salaires ne res- teront pas dans l’économie locale à travers la consommation, l’épargne ou les taxes, mais sont dirigés vers le pays d’origine de ces travailleurs étrangers. Il est à savoir que le pays n’a récolté que Rs 10,6 milliards en recettes touristiques à novembre 2021, contre Rs 63 milliards en 2019, ces chiffres étant sujets à la dépréciation de la roupie.

Perte d’attrait avant le covid

u secteur à recruter ? «Le manque de main-d’œuvre dans notre industrie est effectivement un défi. J’ai toujours été en faveur de l’expertise étrangère dans certains postes et nous devons continuellement nous inspirer, ou du moins, être au courant de ce qui se fait ailleurs. Cependant, il est plus que temps de nous préparer à former convenablement la prochaine génération et pérenniser notre industrie qui sera sinon méconnaissable. Nous devons également redorer l’image des métiers de l’industrie qui avait commencé à perdre son attrait bien avant la crise du Covid-19», explique Sydney Pierre, Chief Sales & Marketing Officer Marriott (Mauritius).

Comment s’y prendre ? Il faudrait, selon Sydney Pierre, commencer par améliorer l’attractivité des métiers. «Chaque année les bateaux de croisière ou les pays étrangers recrutent chez nous et le manque de maind’œuvre en Europe dans l’hôtellerie ne fait qu’empirer les choses. La formation continue des métiers est essentielle. Nous ne pouvons laisser la formation de ces métiers pour une industrie qui est si importante pour notre PIB à uniquement quelques organisations privées. L’offre dans les pays étrangers est beaucoup plus structurée avec des plans de carrière presque définis à l’avance. La perte d’emploi, les réductions de salaires dans une industrie qui a beaucoup soutenu le pays ont refroidi plus d’un et ils ne pensent même pas à revenir dans l’industrie.»

Dans le même contexte, Sen Ramsamy, Managing Director de la Tourism Business Intelligence, met en exergue le manque de cohésion dans l’offre publique des formations. «Nous avons des institutions de formation internationales à Maurice avec des étudiants étrangers voulant être formés à Maurice, mais l’École hôtelière devrait aussi pouvoir fournir le maximum de talents à l’industrie locale et internationale. Nous avons aussi vu la mise sur pied de Polytechnics Mauritius à Montagne-Blanche avec des formations dans l’hôtellerie. Au lieu de deux institutions, on aurait pu avoir une grande école du tourisme et d’hôtellerie pour la région océan Indien et Afrique en réunissant ces deux institutions. Ce qui nous manque c’est une vision à long terme», explique-t-il.

Selon lui, il y va aussi de la responsabilité des hôteliers qui rechignent à payer les jeunes comme il faudrait. «L’écart de salaire entre les cadres et les employés qualifiés est énorme. Ces jeunes sont définitivement mieux payés à Dubaï ou ailleurs. Certains de nos talents sont diplômés et ont de l’expérience dans des hôtels en Europe, en Asie, au Moyen Orient ou même aux États-Unis, mais ils ne veulent pas travailler ici. Les stagiaires, par exemple, font le travail ingrat des hôtels, à des horaires difficiles et ils ne sont même pas encouragés à travers un simple ‘pocket money’. Pourquoi feront-ils confiance aux hôtels locaux qui ont de telles attitudes ? Pourquoi voudront-ils rester à Maurice après avoir obtenu leurs diplômes qui sont mieux reconnus et appréciés ailleurs ?»

Dans le concret, il est clair que c’est tout le secteur qui demande à être repensé, en commençant par améliorer l’offre touristique sur le moyen et le long terme. Trouver aussi une formule pour de meilleures rémunérations et des formations plus adaptées à la réalité, entre autres, serait un bon début.

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