Notre pain quotidien: les boulangers déplorent l’attitude du ministre Callichurn

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Nasser Moraby, président de l’Association des boulangers, était avec Nazir Hosany hier pour animer une conférence de presse. Ils demandent tous deux que le gouvernement revoie le prix du pain qui, disent-ils, n’a pas connu de hausse depuis 2012. «Un record mondial», souligne Nazir Hosany. «Cela, alors que le prix de tous les intrants a augmenté continuellement.» Il explique la demande de cette hausse par la dépréciation de la roupie et l’augmentation du fret et par conséquent l’augmentation des prix des matières premières importées.

Ce que Nazir Hosany regrette le plus, c’est l’attitude «déplorable adoptée par le ministre Soodesh Callichurn» à leur endroit. «On n’est pas en guerre avec le ministre. On demande tout simplement un dialogue.» Ce que le ministre aurait constamment refusé. Le vieux boulanger Hosany dénonce également l’attitude du ministre Callichurn sur le problème de la qualité de la farine. «Bien que le producteur de la farine, Les Moulins de la Concorde, ait ouvert un dialogue avec les boulangers, le problème subsiste depuis septembre 2020», affirme le boulanger. Pour lui, le problème de la farine se résume en un seul mot : inconsistance. «Un jour le pain est bon, le lendemain il ne l’est plus. Tout dépend de la farine utilisée.»

Nazir Hosany a surpris plus d’un en parlant du problème de main-d’œuvre. Contrairement à d’autres professionnels, il ne demande pas que le gouvernement autorise plus d’étrangers à travailler dans les boulangeries. «La main-d’œuvre bangladaise n’est pas une solution durable. Beaucoup s’enfuient et disparaissent dans la nature. Il faut valoriser ce métier et encourager les jeunes à ce métier», assène-t-il. Pourquoi pas ouvrir une école de boulangerie alors que l’on a, dit-il, toutes sortes d’écoles. «Nous faisons un métier qui sert à nourrir la population. Nous n’avons pratiquement pas de congé.» Ils sont au four et au moulin et cela avant l’aurore et parfois durant la nuit, dit Hosany.

Il rappelle que tout est contrôlé par le gouvernement dans la boulangerie : le diesel, la farine, la main-d’œuvre et le prix du pain, bien sûr. C’est pour cela qu’il propose et pense qu’une hausse du prix du pain est inévitable. Il se dit reconnaissant des subsides gouvernementaux sur le prix de la farine. «Mais nous ne pouvons demander au gouvernement de nous offrir la farine gratuitement !»

À une question de l’express, Nazir Hosany nous livre un autre exemple de sa sagesse : il y a trop de gaspillage de pain à Maurice. «Je ne parle pas de la mie que l’on retire pour mettre à la poubelle ni des pains frais qu’on utilise pour nourrir les animaux. Non, je suis horrifié de voir la quantité de pain entier qu’on jette tous les jours.» Pour lui, une augmentation de prix aiderait non seulement le métier de boulanger mais aussi à faire réfléchir les gens avant qu’ils ne se débarrassent de leurs pains.

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