Nando Bodha: «Si je demande à être Premier ministre, c’est que je veux être le symbole d’un changement profond»

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Après avoir été pendant plus de 30 ans au service des Jugnauth, Nando Bodha est-il crédible comme porteur du renouveau qu’il prétend incarner ? Mais avant que cette question ne devienne centrale, le leader du Rassemblement mauricien doit d’abord survivre à la future alliance PTr-PMSD-MMM. Et pour compliquer une opposition déjà pleine d’ambiguïtés, dans cet entretien réalisé pratiquement un an après sa démission comme ministre et du MSM, Nando Bodha avoue ses ambitions premier-ministérielles. Rêve-t-il en plein jour ?

Quel bilan faites-vous de cette année passée dans l’opposition ?
Ce fut une année très riche. Ça m’a permis de tâter le pouls du peuple. J’ai été rassuré de constater que les raisons qui m’ont poussé à partir sont les mêmes qui révoltaient la population. Je voulais être en symbiose avec cette population pour l’écouter et comprendre ce qu’elle veut.

Quand avez-vous sondé cette population ?
Je ne vous ai pas vu tenir de meetings, congrès, réunions, consultations publiques... On était dans une situation de pandémie. J’ai rencontré beaucoup de monde, en petit comité, en tête-à-tête dans différentes situations. J’ai beaucoup écouté.

Qui sont ces personnes que vous avez rencontrées ?
Je suis allé dans toutes les régions, je suis moi-même d’une circonscription urbaine, je suis aussi allé dans les régions rurales. Mais surtout j’ai rencontré des jeunes professionnels, des gens dont la priorité était de se procurer des provisions de première nécessité, j’ai rencontré sept à huit chancelleries. Je viens de rencontrer la haute-commissaire indienne, et ce matin (NdlR, vendredi) j’ai rencontré l’ambassadrice de France… Cela m’a permis de… (on l’interrompt) 

À quel titre ?
Je suis leader d’un parti. J’étais ministre jusqu’à tout récemment, je porte un projet de société que j’ai présenté à tous les leaders du pays. J’ai expliqué que nous sommes en train de boucler un cycle de 50 ans et que les acteurs de ce dernier demi-siècle sont encore là. Paul Bérenger, Navin Ramgoolam, Xavier Duval, Arvin Boolell, moi-même avons fait partie de ce cycle et nous sommes tous toujours là.

Ce cycle de 50 ans nous a conduits là où nous sommes, mais nous a amenés aussi à la déchéance, au déclin et au dépérissement dans lequel nous sommes. Nous savons quelles sont les faiblesses du système actuel et les abus qu’il engendre. Cela m’a permis de faire une grande réflexion sur mon idéal pour les 50 prochaines années, et comprendre ce que souhaitent la majorité des Mauriciens.

C’est une réflexion qui intervient après que vous avez passé des décennies, ne boudons pas les termes, au service des Jugnauth. Est-ce qu’avec un tel CV, on peut toujours réfléchir objectivement ?
En politique, la plus grande chose pour moi, c’est la loyauté. Viennent ensuite les compétences. La troisième chose, c’est d’être cohérent. Si vous décrivez mon passage au service des Jugnauth pour concéder les termes que vous utilisez, je pense avoir démontré ces trois qualités et j’ai donné le meilleur de moi-même. Mais à un moment donné, on ne peut plus cautionner. On ne peut pas tout accepter. À un moment, le pays doit pouvoir passer devant le parti.

Cela dit, il y avait quand même avec le MSM de sir Anerood Jugnauth, des valeurs, des pratiques, un fonctionnement du parti, une culture qui a connu un délclin terrible après 2014, pour mener à la situation de 2019, puis la situation de 2020, qui m’a fait partir.

Dans cette situation de dépérissement, j’ai tenu bon. J’ai pu mener à terme des projets d’infrastructure de qualité sans qu’il n’y ait de coûts additionnels ou d’allocations douteuses de contrat ou toute forme de corruption. Quand vous comparez, par exemple, les Rs 20 milliards que j’ai gérées pour le métro et les Rs 19 milliards de Safe City, vous voyez la différence. Le métro est un projet transparent. Toutes les dépenses roupie par roupie sont connues. Pendant que je menais à terme cette mission, j’ai vu des choses se faire. J’ai vu une pratique du pouvoir…

Ça ne date pas de l’ère Pravind Jugnauth cette pratique de copinage, de corruption, où les gestionnaires frôlent dangereusement l’illégalité pour s’enrichir indécemment sur le dos des citoyens. Sous le MSM du patriarche, il y a eu, par exemple, la location du Sun Trust des Jugnauth au ministère de l’Éducation…
Ça date de 1990, un peu avant mon arrivée. 

Qu’est-ce que ça change ?
Le MSM a une culture du pouvoir. Il y avait quand même du bon. Mais graduellement, nous sommes arrivés à cette terrible réalité d’une pratique du pouvoir où tout est verrouillé, cadenassé. Les personnes dans les institutions gèrent des milliards pour le bien d’une toute petite minorité et non pour le bien du pays.

Mais vous êtes restés quatre ans comme ministre de Pravind Jugnauth… De 2017 à 2021…
Je vous l’ai dit. J’étais ministre des Infrastructures et j’avais le métro, le plus gros projet du pays, et tous les autres projets d’infrastructure entre les mains. Vous imaginez si ces Rs 20 milliards du métro, par exemple, avaient atterri entre les mains d’un autre ministre ? Ensuite, après 2019, j’étais ministre des Affaires étrangères quand la pandémie a éclaté, et il fallait rapatrier 10 000 Mauriciens. C’est vrai, je l’ai fait et en même temps, j’observais des pratiques que je ne cautionnais pas.

Le point de rupture a été atteint avec les Emergency Procurements quand la pandémie a éclaté et bien sûr la mort de Kistnen. Là, on a dépassé une ligne rouge. Un membre du parti se fait assassiner et au lieu d’aller vers la justice et la vérité, on fait tout pour tout couvrir et ne pas en faire un scandale politique pour ne pas fragiliser le pouvoir.

Justement, les «Kistnen papers» ont révélé les sommes mirobolantes dont dispose le MSM. Vous avez bénéficié de ces moyens aussi, je présume ?
Absolument pas. Mes élections au no. 16 ont toujours été très transparentes. Je n’ai jamais dépensé beaucoup d’argent. Les Kistnen Papers révèlent une machinerie…

Dont vous n’aviez aucune idée ?
Je savais qu’au n°8, on déployait de gros moyens. C’est la circonscription du PM sortant et du leader du MSM. Chez moi, c’était classique et il n’y a aucun risque de trouver un carnet similaire avec l’un de mes agents. Cela dit, le financement des partis politiques doit faire partie des grandes réformes du projet de société que je propose. Et en passant, si le MSM croit qu’avec la money politics de 2019 et les fonds qu’ils puiseront de leur war chest, ils vont gagner les prochaines élections, ils se trompent lourdement.

Si vous m’aviez rencontré lors de votre série de rencontres que vous mentionnez plus tôt, je vous aurais dit : «Vous avez été l’un des leurs, pourquoi devrait-on vous faire confiance ?»…
Personne ne m’a dit cela. Je suis heureux que personne ne me questionne sur mon passage au MSM. La population conçoit que je suis intègre, et que mon nom ne souffre d’aucune souillure.

Mais vous êtes complice de votre silence, non ? On ne vous a jamais vu prendre position sur le Yerrigadoogate, Biskwigate, Choomka, les valises de Soodhun, et j’en passe… Jamais !
J’ai toujours dit et dénoncé de l’intérieur. Vous pouvez ne pas me croire. Mais c’est le cas, et je ne pouvais pas partir car je devais protéger les dizaines de milliards qui m’étaient confiés pour le pays, des vautours qui rôdaient. Finalement, vous devez concéder que je suis parti ! Je ne suis pas parti plus tôt, et je vous en ai donné les raisons. Êtes-vous en train de dire que je ne devais pas partir en 2021 ? Vous savez, le drame de 2014 à 2019, c’est que le bonhomme (NdlR, sir Anerood Jugnauth) n’avait jamais le pouvoir. Même quand il était Premier ministre. Les noms d’hommes et de femmes compétents que je proposais pour les institutions ou les compagnies d’État n’étaient jamais retenus. Tout était dicté ailleurs.

À vous entendre, vous savez beaucoup de choses. Et c’est un peu la cause de notre déception. On s’attendait qu’après tant d’années au chevet de sir Anerood et de Pravind Jugnauth, vous alliez par exemple révéler les richesses du Sun Trust…
Ah non ! Personne ne sait comment sont gérées les finances du Sun Trust. C’est un trust avec des trustees. Je ne suis pas parti pour faire des révélations croustillantes. C’est beaucoup plus profond. Je dois combattre le système qui renforce la mainmise de Pravind Jugnauth sur l’État.

Une mainmise dont l’objectif final est de remplir les coffres du Sun Trust, non ? Ou pas ?
Pas seulement. C’est de créer un empire avec des gens qui profitent de cet empire. L’argent de la Mauritius Investment Corporation Ltd., et les contrats publics constituent une manne.

Si je vous dis que Nando Bodha dans l’opposition pendant une année, c’était fade, peu tranchant et décevant ?
Je ne suis pas d’accord. Avec mes partenaires de l’Espoir, nous avons veillé au grain. Nous avons agi. Nous avons critiqué et analysé pour la population les mauvaises gestions, les corruptions, et participé activement contre la dictature qu’impose Pravind Jugnauth. Je me suis battu. Et je me bats toujours et je ferai tout pour que ce système politico-financier qui accapare tout ne remporte pas les prochaines élections. Ce système opère avec froideur et efficacité.

Avez-vous été en février 2021, celui que Paul Bérenger a choisi comme candidat au poste de Premier ministre ?
C’est ce que Pravind Jugnauth a dit. La réponse est non. Ce n’est pas une question de changer de… (on l’interrompt)

Avant que vous ne répétiez votre majestueux discours sur le cycle des 50 ans, permettez. De façon plus métaphorique, n’étiez-vous pas le Nababsing, Dulloo, Ashok Jugnauth de Paul Bérenger quand vous avez démissionné ?
(Il fait semblant de ne pas nous entendre)… Si je demande à être Premier ministre, c’est que je veux être le symbole d’un changement profond. Je veux incarner un changement profond et ce changement est possible. C’est le souhait dans le subconscient le plus profond de tout Mauricien, je pense. De la grande majorité du moins. Le Mauricien est prêt pour cela.

Ça y est, enfin. Vous avouez enfin votre ambition d’être Premier ministre !
L’ambition, elle est là. Parce que j’ai la détermination d’apporter le changement dont ont soif les Mauriciens. Il faut de la détermination.

Il faut un poids électoral, dixit Patrick Assirvaden…
Écoutez, c’est un phénomène mondial. Tous les grands partis ont un électorat résiduel. Celui qui est au pouvoir jouit lui d’un électorat que je ne vais pas qualifier de chatwa mais… (il ne trouve pas un autre mot)

Un électorat pro-pouvoir…
C’est ça. Mais il y a une grande majorité de Mauriciens qui n’a pas d’allégeance politique. C’est vers cette majorité que je tends. Et c’est d’elle que j’espère puiser la force électorale pour peser de tout mon poids sur tout changement qui se produira aux prochaines élections.

Vous avez été battu par la néophyte Joanna Bérenger au no. 16, aux dernières élections. On ne vend pas cher votre peau comme candidat au poste de PM…
Ça n’a rien à voir. J’y ai été élu cinq fois. Joanna a fait une excellente campagne. Nous étions dans une bataille à trois. Je reconnais qu’une partie de l’électorat qui vote d’habitude pour moi ne l’a pas fait puisque nous étions dans un contexte de bataille à trois avec les enjeux que cela comporte.

Ce que j’essaie de vous dire, Nando Bodha, c’est qu’il n’y a aucun signe apparent d’un certain poids électoral de vous et de votre parti au niveau national. Soyons honnêtes.
Mais les élections ne sont pas prévues avant 2024. C’est vrai qu’à chaque coin de rue, dans chaque famille, on ne se pose qu’une question : Kan sa gouvernman-la pou alé? Il faut le faire partir. On souhaite que ce soit au plus vite. Mais rien n’est moins sûr. C’est un couteau à double tranchant pour le pouvoir. Car ça me donne du temps pour aller vers les gens et expliquer mes 10 propositions pour le pays et mon projet de société.

Ça commence à être ambigu, Nando Bodha…
Ah bon ?

Vous êtes dans l’entente de l’Espoir. Vous nous avouez vos ambitions premier-ministérielles et votre intention de conquérir un électorat pendant que l’Espoir négocie avec le PTr pour se trouver un autre Premier ministre que vous. Vous êtes en porte-à-faux…
C’est complémentaire. J’ai toujours dit qu’il faut rassembler les forces de l’opposition. Voilà pourquoi je suis au sein de l’Espoir. L’Espoir est la structure politique la plus forte dans l’opposition. Il y a eu un excellent travail. On s’entend très bien. Il y a un brainstorming efficace, de belles idées, comme un appointment committee constitutionnel. Mais cela ne m’empêche pas de penser que mon parti et moi pouvons aller vers les gens. C’est ce que je fais. La semaine prochaine, j’ai une régionale à Flacq, puis au no. 10, puis au no. 6 et d’autres circonscriptions. Le Rassemblement mauricien peut, en gagnant du terrain, véhiculer le message de l’Espoir. Nous sommes complémentaires.

Vous donnez donc deux ans à Paul Bérenger pour qu’il vous présente comme PM et annule sa future alliance avec le PTr…
Je n’ai pas besoin de convaincre Bérenger. C’est à la population que je parle. Je lui dis que si l’on me donne cette responsabilité, je peux l’assumer avec détermination et sincérité. Je ne suis pas le poulain de qui que ce soit. Nous sommes des partenaires. J’ai une ambition et il faut que j’ai la force de mon ambition. Je suis en train de le faire et on verra ce que cela va donner.

«Le point de rupture a été atteint avec les ‘Emergency Procurements’ quand la pandémie a éclaté et bien sûr la mort de Kistnen. Là, on a dépassé une ligne rouge.»

Votre pèlerinage ne dérangera nullement l’Espoir, qui négocie ces jours-ci avec le PTr?
Surtout pas. C’est ce qu’a fait Roshi Bhadain et aujourd’hui, il a un très bon ancrage dans plusieurs circonscriptions. Les partis au sein de l’Espoir doivent se consolider individuellement et collectivement. C’est ce qui fera que nos idées, notre désir de ce changement profond, pèsera de tout son poids dans n’importe quelle configuration.

Vous pouvez proposer ce renouveau sans l’apport du PTr ?
Le Parti travailliste (PTr) est un grand parti. Il a une bonne assise dans beaucoup de circonscriptions. Je veux bien du PTr. Mais à quel prix ? La mission n’est pas d’arriver au pouvoir avec une formule gagnante au poste de Premier ministre. La mission, c’est de boucler ce cycle des 50 ans avec un projet de société pour la génération future. Le contrat avec le peuple doit se faire sur un programme. Pas en fonction des individus.

Je sous-entends que vous êtes toujours dans la logique, PTr oui, Ramgoolam non. Ça c’était Paul Bérenger en 2021. Pas aujourd’hui. Navin Ramgoolam a un rôle. Lequel ? Il faudra voir ça en temps et lieu. Les élections sont dans deux à trois ans. Il n’y a rien derrière la porte. Il n’y a aucune urgence de sceller une alliance, là aujourd’hui ou demain, avec un candidat au poste de PM. La seule urgence c’est d’arriver à créer la synergie et harmoniser le souhait de la population. Potentiellement, l’électorat du changement véritable est là.

Mais pour s’assurer que Pravind Jugnauth ne gagne pas, beaucoup de Mauriciens risquent de voter, par défaut, pour le 2e favori – pour éviter une réédition de la victoire étriquée de Pravind Jugnauth en 2019 – et ce 2e favori semble être Navin Ramgoolam, et pas vous !
C’est ça la grande question. Une alliance dirigée par Navin Ramgoolam peut-elle remporter une victoire semblable à celle du MSM en 2014 ? Écoutez, le programme ne peut pas être aussi simpliste que «déboulonner Jugnauth». Après, on fait quoi ?

Se débarrasser de Lakwizinn va de pair avec la création d’une île Maurice meilleure. Il faut du solide et du concret. Je cherche un engagement ferme sur mes 10 propositions qui touchent les postes constitutionnels, l’éducation, la santé, l’eau, l’électricité, les femmes, le financement des partis politiques, la réforme électorale.

Une alliance dirigée par Navin Ramgoolam peut-elle remporter une victoire semblable à celle du MSM en 2014 ? La réponse c’est quoi ?
Je ne l’ai pas. Entre-temps, je galvanise cette grande majorité qui n’a pas d’allégeance politique et qui souhaite un changement profond. 

C’est ce qu’avait tenté Roshi Bhadain en 2019. Il a mordu la poussière. Vous êtes sévère. Je n’appelle pas ça mordre la poussière.
Ne pas remporter un siège à l’Assemblée nationale, un leader qui ne se fait pas élire, c’est mordre la poussière.

C’était une élection à trois, avec un parti tout jeune, il obtient 7 000 voix. Il y a investi beaucoup de lui-même, de ses moyens, de sa sincérité. Il y avait une grande bataille à trois et il a eu le courage de ne s’allier à personne ! C’est une sacrée performance. Depuis, Roshi Bhadain est beaucoup plus fort. Qui pourrait ne pas concéder cela ? Le Reform Party s’est implanté et jouit d’un strong following. Ce qui est intéressant pour moi, pour l’Espoir et pour tout le monde. Quand viendra le moment du changement véritable, il pèsera, croyez-moi. 

«La population conçoit que je suis intègre, et que mon nom ne souffre d’aucune souillure»

Voilà ce qui risque de se passer, Nando Bodha. Navin Ramgoolam insiste pour être candidat au poste de PM, c’est plus que probable. Paul Bérenger cède, c’est plus que probable. Roshi Bhadain et vous n’êtes pas d’accord. Les élections opposent le MSM au bloc PTr-MMM-PMSD. Vous êtes «outsider», et à cause de vous, l’opposition est divisée et Pravind Jugnauth remporte les élections de 2024, comme en 2019. Fiction ?
La division de l’opposition fait le jeu de Pravind Jugnauth. Cela ne fait absolument pas de doute. Mais sachez que la majorité du MSM en 2019 se résume à 5 000 votes pour 10 sièges. Le MSM peut perdre les élections de la même manière. La population comprendra, au moment voulu, qu’il faut un changement profond pour la génération future. S’il y a une alliance entre Ramgoolam, Bérenger et Duval, c’est au peuple de choisir. Moi je ne fais que mon devoir. Roshi Bhadain va faire son devoir. La société civile va faire le sien. Et vous allez voir des dynamiques, j’en suis convaincu.

C’est un avertissement que vous lancez à Bérenger ?
Non, pas du tout. Je vous parle de mes convictions en fonction de votre scénario. S’il y a l’équipe de Pravind Jugnauth, une autre qui regroupe ces partis, et les autres, il y aura une dynamique. Il est insensé de croire que nous pouvons refaire les mêmes équations et espérer un résultat différent. Le peuple est beaucoup plus intelligent que ça. Il s’étouffe. Il veut respirer. Il veut rêver pour les générations futures.

Mon scénario, c’est le scénario idéal ? Vous souriez et vos yeux pétillent devant cette utopie…
(Éclats de rire). Je ne sais pas. Mais je suis convaincu que si on galvanise cette majorité qui veut un changement profond, on peut l’amener.

Je vous ramène tout de suite sur terre. Pendant la campagne 2024, on monte un clip à la «Vire Mam» qui montrerait tout ce que Roshi Bhadain a dit contre vous.
Qu’est-ce qu’il a dit ?

Soyons sérieux. Vous ne savez pas ce qu’il a dit de vous et de votre métro ? Il avait détruit vos projections de rentabilité. Il a même dit que le financement indien obtenu n’était initialement pas destiné au métro.
Écoutez, allez lire toutes mes réponses parlementaires. Le projet du PTr coûtait Rs 37 milliards. Celui-là coûte Rs 18 milliards, dont Rs 9 milliards en forme de grant. Donc le Métro ne nous a coûté que Rs 9 milliards. Ça c’est la vérité.

Cette vérité-là, Roshi Bhadain la conçoit et la digère ?
Je ne sais pas.

Demandez-lui.
Je vais lui en parler.

Ces ambitions premier-ministérielles que vous avouez dans cet entretien, elles sont motivées par le fait que vous soyez Vaish ?
Quand on a su que j’étais Vaish ? C’est maintenant qu’on parle de ça. Toutes ces années – et je suis en politique depuis des décennies – on n’a jamais parlé de moi comme un Vaish. Ca ne compte pas. J’ai modestement quelque chose à offrir. Pour cela, il ne me faut que d’un pacte avec la population, il faut que les candidats de l’alliance où je me trouve s’engagent solennellement autour de mes 10 propositions et il ne me faut qu’un seul mandat.

Quid des Laurette, Valayden et autres ? On peut les accommoder dans votre île Maurice idéale ?
Oui. Autour d’un projet de société. La seule chose qui doit nous unir, c’est notre volonté de mettre en place un tel projet. Ce n’est pas une alliance de personnes.

Même si les porteurs de ce projet s’appellent Valayden, Laurette, Ramgoolam ?
Si c’est par patriotisme et bonne volonté et qu’il y a un engagement formel avec le peuple, on peut se rassembler.

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