Santé: recommandations pour que le ministère importe du cannabis

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Les conclusions du rapport sur lequel le public peut réagir.

Les conclusions du rapport sur lequel le public peut réagir.

C’est une avancée majeure dans le dossier relatif à l’usage du cannabis médical. Le comité technique sur son usage a rendu son rapport, qui a été publié hier, sur le site du ministère de la Santé.

Ce comité recommande son usage dans le traitement de pathologies spécifiques. D’ailleurs, après la publication de ce rapport, le public peut, s’il le désire, envoyer ses commentaires à la Senior Chief Executive du ministère la Santé, au bâtiment Emmanuel Anquetil. Il a jusqu’au 15 février pour le faire.

Dans ce document d’une soixantaine de pages, une vingtaine de recommandations ont été faites après la complétion des travaux des sous-comités. Le comité recommande l’usage du Cannabidiol (CBD) et du Tétrahydrocannabinol (THC) et une combinaison des deux molécules pour usage médical.

Leur utilisation se fera exclusivement dans les centres de soins du ministère de la Santé, à savoir dans les hôpitaux régionaux. Le ministère va donc importer des produits médicaux à base de cannabis, qui ont été autorisés par la Food and Drug Administration aux États-Unis.

Avant que les patients obtiennent un traitement à base de cannabis, ils devront être évalués par un comité spécial, mis sur pied dans les hôpitaux régionaux et dans le Centre de Cancer. Ce comité aura le pouvoir de décider des traitements pour les patients concernés. Les médicaments à base de cannabis seront stockés dans les pharmacies des hôpitaux.

Qui bénéficiera de ce traitement ? Le comité technique a calqué ses recommandations sur les lignes directrices du National Institute for Health and Care Excellence du Royaume-Uni, publiées en novembre 2019, de même que sur celles de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM), qui a publié un document sur les cinq indications thérapeutiques du cannabis médical.

Épilepsie, cancer, sclérose…

Les malades qui pourront être traités par cannabis médical sont ceux atteints de sclérose en plaques, d’épilepsie juvénile, les personnes souffrant d’un cancer et qui ont des effets secondaires avec leur traitement de chimiothérapie, celles souffrant de douleurs neuropathiques chroniques, qui ne répondent pas aux traitements conventionnels et aussi les patients qui sont résistants aux traitements dans les unités de soins palliatifs et oncologiques.

Selon le document, le CBD avec un taux de THC ne dépassant pas 0,2 % sera utilisé pour traiter les patients épileptiques souffrant des syndromes de LennoxGastaut et de Dravet. Une période d’essai de quatre semaines est préconisée pour l’administration du THC et du CBD pour les patients souffrant de scléroses en plaques. Si la spasticité s’améliore de 20 %, le traitement sera reconduit.

Plants offerts

Des plants de cannabis avec des dérivés de THC seront offerts aux patients ayant suivi une chimiothérapie et qui ont des nausées et des vomissements en continu, malgré la prise de médicaments pour atténuer ces symptômes.

Sous quelles formes ces produits à base de cannabis seront ils administrés ? Ils le seront par voie orale, inhalation, vaporisation ou par application locale. Ils existent sous forme de gélules, d’huiles ou de fleurs séchées. Les joints à fumer sont proscrits dans ce protocole.

Pour un contrôle sérieux de cette utilisation, un registre électronique sera mis en place et les patients obtiendront une carte spéciale pour pouvoir être autorisés à transporter du cannabis sur eux.

L’importation de ces produits à base de CDB/THC se fera par le ministère de la Santé et ils seront stockés dans les pharmacies des hôpitaux régionaux. Le ministère de la Santé va rédiger la formulation précise pour les diverses affections. Seuls des médecins spécialistes et des spécialistes seniors vont pouvoir prescrire les médicaments à base de cannabis, en accord avec les consultants des hôpitaux. D’ailleurs, le personnel impliqué dans le processus devra recevoir une formation préalable et être homologué.

Les malades qui suivent un traitement dans le privé vont pouvoir aussi faire appel à un Board composé de médecins spécialistes, qui vérifieront les prescriptions émanant d’un médecin spécialiste du privé.

De plus, un protocole d’exemption sera mis en place pour autoriser les touristes qui débarquent avec des prescriptions et des produits à base de cannabis médical. Toutefois, avant que ce projet ne soit appliqué, il faudra amender une série de lois tombant sous la First Schedule du Dangerous Drugs Act de l’an 2000.

Du côté des associations et des organisations non gouvernementales, qui militent pour les droits des patients cancéreux, on se montre prudent. Une de ces associations préfère étudier le document avant de se prononcer sur ses tenants et aboutissants.

Claim, qui milite pour la légalisation du cannabis, affirme que Maurice a pris du retard dans le développement de la filière du cannabis. «Combien de patients n’ont pu bénéficier de ces traitements et sont morts ? Il ne suffit pas de dire qu’on aura les traitements. Il faut que cette alternative aux autres traitements médicaux soit disponible par ordonnance sans passer par un Board. Les produits dérivés du cannabis médical contiennent 0,3 % de THC et de CBD. Pourquoi ne pas ouvrir une filière de recherche médicale à Maurice ? Pourquoi en importer ? Pourquoi ne pas permettre la culture ? Les petits copains vont pouvoir participer à un projet pilote. Le cannabis peut devenir un pilier économique et générer des emplois et ainsi avoir une contribution dans le secteur de la construction, entre autres», a souligné Selven Govinden, un des animateurs de Claim.

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