Phénomène: les inquiétantes disparitions des travailleurs étrangers

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De nombreux travailleurs étrangers ont déserté leur dortoir.

De nombreux travailleurs étrangers ont déserté leur dortoir.

Le respect des droits des travailleurs étrangers revient sur le tapis. Le nombre de ces travailleurs qui ont disparu inquiète. Et il n’y a toujours aucune information les endroits où ils se trouveraient.

Le constat est alarmant. En quelques jours, l’on rapporte que plus de 19 travailleurs étrangers auraient déserté leur dortoir. Ces derniers viennent des compagnies de textile aussi bien que du secteur de la construction. Où sont-ils ? Pourquoi avoir déserté leur résidence ? Autant de questions que se pose le syndicaliste Fayzal Ally Beegun et, pour l’heure, toujours aucune réponse n’a été fournie.

On se souvient qu’en juin dernier, le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, a adressé une Private Notice Question au Premier ministre au sujet des personnes portées marquantes. Dans ses réponses, Pravind Jugnauth a révélé que 2 224 travailleurs étrangers étaient portés manquants. Ce chiffre doit avoir augmenté depuis, ce qui inquiète le syndicaliste Fayzal Ally Beegun. Selon lui, les responsables derrière ces disparitions seraient les autorités, de même que certains officiers de l’immigration. «Ces personnes disent ne pas savoir pourquoi les travailleurs quittent leur dortoir. Ce n’est pas la première fois que nous faisons face à ce genre de situation, et c’est loin d’être la dernière…»

Droits bafoués

Le syndicaliste s’interroge pour savoir si le droit des travailleurs est respecté. «Certes, un travailleur étranger qui disparaît dans la nature, devient un hors-la-loi. Mais quand les officiers de l’immigration l’attrapent, est-ce que ses droits sont respectés ? Est-ce qu’un avocat le représente en cour ? J’en doute, d’autant plus que certains officiers m’ont déclaré que la procédure devient alors trop longue. Ils sont acheminés vers Le Chaland avant d’être expulsés sur le prochain vol», soutient-il.

Fayzal Ally Beegun affirme qu’une enquête devrait être faite afin de découvrir le pourquoi de leur escapade. «Un travailleur quitte son pays natal. Il s’endette et paie entre Rs 300 000 et Rs 400 000 pour obtenir un contrat de travail. Mais se sauve après quelques jours dans le pays, pour y être retrouvé trois ans après. Donc, plusieurs questions se posent.»

Pour le syndicaliste, si la manière d’appréhender les travailleurs étrangers en fuite n’est pas revue, il n’hésitera pas à alerter l’opinion internationale. Il s’explique. «Si un avocat ne défend pas le travailleur, alors ses droits sont bafoués. Je vais écrire aux instances internationales et leur faire part de ce qui se passe à Maurice.»

Pour rappel, si une personne est trouvée coupable d’employer un travailleur étranger sans permis de travail, elle est passible d’une amende évaluée entre Rs 25 000 et Rs 50 000 et d’une peine d’emprisonnement de deux ans.

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