Pétrole: le Brent au plus haut en trois ans, dopé par des tensions sur l'offre

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Le prix du pétrole de Brent a atteint lundi un sommet en trois ans, dopé par les perturbations de l'offre en Libye et au Nigeria entre autres, et par une remontée de la demande, malgré le variant Omicron.

Vers 17H00 GMT (18H00 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour échéance en mars gagnait 0,43% à 86,43 dollars. Plus tôt dans la séance, le Brent a atteint 86,71 dollars le baril, un plus haut depuis octobre 2018 et à quelques cents à peine d'un niveau inobservé depuis 2014.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en février montait de 0,45% à 84,20 dollars.

Plusieurs facteurs ont contribué à ce rebond, notamment les interruptions de production «en Libye, au Nigeria, en Angola, en Équateur et, plus récemment, au Canada en raison du froid extrême», explique Hussein Sayed, analyste chez Exinity.

 «Les marchés restent concentrés sur l'équilibre délicat entre l'offre et la demande, qui semble avoir un impact assez important sur les fluctuations de prix tout au long de la reprise économique post-pandémie», remarque Walid Koudmani, analyste chez XTB. 

Le Nigeria produit par exemple 0,5 million de barils par jour en moins depuis la mi-2020, soit 1,4 million de bpj, selon les chiffres de SEB. L'offre de l'Angola recule également depuis 2016, pour atteindre 1,2 million de barils par jour désormais.

Le risque géopolitique s'ajoute également à l'équation. Si le conflit entre la Russie et l'Ukraine s'intensifie et entraîne de nouvelles perturbations de l'approvisionnement en gaz russe de l'Europe, les prix de l'énergie, et donc du brut, pourraient encore augmenter, selon certains analystes.

Vendredi, les Etats-Unis avaient accusé la Russie d'avoir dépêché en Ukraine des agents chargés de mener des opérations de "sabotage" afin de créer un "prétexte" pour une invasion du pays voisin. De quoi renforcer encore les tensions entre les deux pays au moment où une cyberattaque d'ampleur touchait l'Ukraine.

Les prix du gaz naturel, toujours très élevés, contribuent à la hausse des cours du pétrole. Il en résulte «une augmentation de la demande de diesel et de fioul en remplacement du gaz naturel, partout où cela est possible», souligne Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB.

Et le variant Omicron du Covid-19, d'abord perçu comme une menace pour les achats de brut, s'avère moins grave pour la demande que ses prédécesseurs, n'impactant pas les consommateurs de carburant.

L'Opep en position de force 

«Seuls les membres de l'Opep et leurs alliés peuvent faire baisser les prix à ce stade en pompant davantage de brut», relève M. Sayed.

«Au lieu de cela, les pays de l'Opep+ vont probablement s'en tenir à leur stratégie d'assouplissement progressif des réductions de production, car ils profitent des prix élevés actuels», poursuit-il.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires (Opep+) annoncent en effet mois après mois des augmentations marginales de leurs objectifs d'extractions, et peinent à les atteindre, ce qui ne devrait pas permettre de répondre aux besoins.

L'Arabie saoudite avait affirmé au début de l'année que le respect de l'accord et des plafonds était essentiel. En d'autres termes, les membres disposant d'une capacité de réserve ne peuvent pas et ne doivent pas intervenir pour compenser le manque de production des membres qui ne sont pas en mesure de respecter leurs plafonds.

«Les écarts de production de l'Opep+ devraient se creuser, la Russie étant le prochain grand facteur de déficit», prévoit Joel Hancock pour Natixis. Selon lui, la croissance de l'offre de pétrole hors Opep+ et hors Etats-Unis étant "relativement faible", il faudra «faire appel au pétrole de schiste américain pour répondre à la croissance prévue de la consommation».

Pendant la pandémie, le plongeon des cours du brut avait fait basculer dans l'insolvabilité des entreprises de forage de pétrole de schiste, dont le coût de production est bien plus élevé que le pétrole léger foré par exemple en Arabie saoudite.

De nombreux analystes s'attendent désormais à voir les prix du brut dépasser les 90 dollars le baril, voire la barre des 100 dollars. Selon Hussein Sayed, «ce qui semblait impossible il y a quelques mois a maintenant de fortes chances de se produire».

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