Wakashio: pression gouvernementale pour enlever la plaque commémorative !

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Il y a des décisions qui dépassent l’entendement. Celle du ministère des Collectivités locales via le conseil de district de Grand-Port risque bien de faire partie de cette catégorie. Après la débâcle de la gestion du naufrage du Wakashio, entraînant la marée noire sans précédent, et alors que ce sont les citoyens qui ont été les premiers à tenter de protéger nos côtes de l’huile qui s’échappait du vraquier, voilà que le conseil de district de Grand-Port somme les citoyens d’enlever la plaque commémorative de ces événements tristement historiques.

Cette plaque avait été posée le 7 août 2021 par Rezistans ek Alternativ, qui tout au long de la marée noire, avait été le fer de lance de la mobilisation citoyenne. Des dizaines de volontaires avaient, dès la nuit du 6 août 2020 – quand l’huile a commencé à s’échapper du Wakashio qui avait fait naufrage le 25 juillet – élu domicile sur le Mahébourg Waterfront, juste à l’endroit où la plaque a été posée.

Mais vendredi, le Chief Executive du conseil de district de Grand-Port a écrit à Rezistans ek Alternativ pour le sommer d’enlever cette plaque d’ici lundi, sinon c’est le conseil qui s’en chargerait. «Le Conseil nous a fait comprendre que c’est une décision du ministère des Collectivités locales. Nous estimons que c’est une tentative de réduire au silence tous les volontaires qui étaient sur le Mahébourg Waterfront pour confectionner des bouées artisanales», écrit le mouvement politique et écologique sur sa page Facebook.

Dans une réponse officielle à l’express, le ministère des Collectivités locales ne confirme pas être derrière la démarche, mais dit être «au courant» de la situation. «Le conseil de district avait, de bonne foi, donné son accord pour une stèle, tout en imposant des conditions. D’abord, malheureusement c’est une plaque commémorative et non une stèle qui a été posée. Une autre des conditions c’était que Rezistans communique au conseil le texte qui allait être gravé, ils ne l’ont pas fait», répond officiellement le ministère.

Est-ce donc le contenu qui pose problème ? «La première raison c’est que les conditions n’ont pas été respectées. Et dans un deuxième temps oui, le texte gravé pose problème. C’était censé être une stèle sur le naufrage et la marée noire. Mais vous avez vu le contenu politique à la fin. Nous ne sommes pas en train de nier la contribution citoyenne des organisations dans la lutte contre la marée noire. Mais le message politique à la fin, n’est certainement pas approprié.»

Or, Rezistans ek Alternativ, de son côté, dit avoir respecté toutes les procédures. «Nous avions informé le conseil de district du contenu. Nous leur avions dit que nous allions d’abord installer une plaque qui serait plus tard remplacée par une véritable stèle. Nous sommes convaincus que c’est une pression anti-démocratique exercée par le gouvernement central, sur le conseil de district. Je suis sûr que cette décision n’émane pas du conseil des élus des villages du district de Grand-Port», réagit Ashok Subron.

En effet la décision de faire enlever la plaque n’a pas été prise par le conseil des élus. Ce que justifie le ministère en expliquant que «ce n’est pas une policy decision. Il s’agit simplement de faire respecter les lois et les procédures. Et ça, c’est à l’exécutif et aux fonctionnaires de le faire».

Rezistans ek Alternativ pense pouvoir prouver, avec sa documentation, que les reproches formulés ne tiennent pas la route. Mais le parti politique n’a pas encore décidé de la juridiction où il présenterait ses arguments pour éviter que la plaque ne soit enlevée. «Ce qui est sûr, c’est qu’après avoir échoué dans la protection du lagon, après avoir échoué dans la gestion de la crise sociale et économique qu’a engendrée la marée noire, le gouvernement central est en train de violer la démocratie», conclut Ashok Subron.

Les prochaines heures au Mahébourg Waterfront pourraient être bien tendues.

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Le 26 juillet, les habitants de Pointe d’Esny se réveillent avec une triste image: l’épave du MV Wakashio drossée sur les récifs. Le navire japonais battant pavillon panaméen s’est échoué la nuit précédente. 12 jours après, il déverse son contenu dans nos lagons, causant une marée noire. Sans perdre de temps, les Mauriciens, main dans la main, s’activent pour limiter les dégâts. Retour sur la pire catastrophe écologique du pays…

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