Location de bungalows: Plusieurs Mauriciens et une touriste victimes d’arnaqueurs agissant impunément

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Jemmy Guieldary a gardé le sourire, malgré tout.

Jemmy Guieldary a gardé le sourire, malgré tout.

Si la plupart des victimes jettent l’éponge, Jemmy Guieldary, une Mauricienne établie en France, qui était en vacances au pays natal, ne va pas lâcher son escroc présumé, qui semble jouir de protection policière.

En novembre 2021, Jemmy Guieldary, qui vit en France, demande à sa mère de trouver un bungalow pour elle et ses parents car elle compte venir passer des vacances à Maurice, en décembre. Sa maman voit une annonce sur Facebook et prend contact avec un certain Winsley Céleste, qui propose un campement en location à Flic-en-Flac et qui réclame Rs 17 480 comme avaloir. Jemmy Guieldary transfère la somme demandée à travers la Western Union au nom de Narisha Esha Céleste, épouse de Winsley Céleste.

Jemmy Guieldary débarque à Maurice le 11 décembre et emmène toute sa famille, y compris son père, qui est handicapé et qui ne peut se déplacer qu’en fauteuil roulant, au bungalow de Flic-en-Flac. Sur place, Winsley Céleste l’informe qu’il y a un problème avec la plomberie et qu’il va les mettre provisoirement dans un autre bungalow en attendant que le problème soit réglé. Il lui réclame la somme de Rs 30 000 supplémentaires que Jemmy Guieldary règle en liquide. Elle n’obtient pas de reçu. La famille passe quatre jours dans ce bungalow de remplacement mais apprend du propriétaire dudit logement provisoire qu’il n’a pas été payé par Winsley Céleste. Ne voulant rester dans un bungalow où le propriétaire se plaint constamment de n’avoir pas été payé, Jemmy Guieldary demande à Winsley Céleste de la laisser prendre possession du premier bungalow loué. Il l’autorise à le faire mais elle n’y passe que deux jours. Pour elle, il n’y a eu ni fêtes de fin d’année, ni de baignade dans la piscine car «il n’y avait toujours pas d’eau, pas d’appareils électroménagers. La piscine était à moitié vide et rien n’avait été fait pour que les lieux soient habitables et correspondent aux photos postées sur Facebook», dit-elle.

Elle se rend au poste de police de Flic-en-Flac le 17 décembre mais le policier en service refuse d’enregistrer sa plainte pour escroquerie contre Winsley Céleste, en disant qu’il s’agit d’une affaire civile et qu’il lui faudra contacter un avocat. Non satisfaite, Jemmy Guieldary appelle une avocate et retourne au poste de police de Flic-en-Flac pour pouvoir porter plainte.

Un autre policier sur place accepte, cette fois, d’enregistrer sa plainte. En retournant au poste de police de la localité, le 1er janvier, la mère de Jemmy Guieldary a été stupéfaite d’y rencontrer plusieurs autres personnes, qui se disent victimes du même Winsley Céleste. Le policier s’est contenté d’appeler Winsley Céleste pour lui dire de rendre l’argent et de passer au poste de police. Ce dernier est arrivé plus d’une heure plus tard, tout sourire. Il a salué amicalement les policiers, qui ne l’ont nullement traité comme un suspect.

Par contre, les victimes, elles, se plaignent d’avoir été traitées comme des hors-la-loi, affirme l’une d’entre elles. «On nous bousculait presque au poste de police. Un policier nous a même dit, à un moment, d’aller nous débrouiller avec Winsley Céleste.» Finalement, ce dernier a remboursé toutes les victimes par chèque. Cependant, aucun des chèques remis n’a été honoré par la banque, le compte concerné n’étant pas approvisionné.

Karine, une Curepipienne, est, elle, tombée dans le panneau d’un certain Mary pendant la période des fêtes de fin d’année. Celui-ci lui a promis un bungalow à Flic-en-Flac contre paiement d’un acompte de Rs 10 000. Le jour de l’an, elle a reçu un appel du Marty en question lui disant que le bungalow était pris par un autre client, avec pour seule explication que «le bungalow appartient à Winsley Céleste ki pe fer foss». Contacté par Karine, Winsley Céleste a expliqué qu’il n’est pas le propriétaire et que c’est le vrai propriétaire qui «pe fer foss». Le reçu obtenu par Karine mentionne pourtant bien le nom de Winsley Céleste. Karine s’est rendue directement au poste de police de Flic-en-Flac, et tout comme Jemmy Guieldary, elle a déclaré avoir été traitée avec désinvolture par le policier responsable, qui lui a conseillé d’«al regle ou zafer deor avek Winsley Céleste».

Le chèque en bois remis à Karine a finalement été repris le 4 janvier par l’épouse de Céleste, qui lui a alors remis, comme aux autres victimes, de l’argent liquide. Il est vrai que ce sont d’autres policiers qui travaillaient ce jour-là, qui ont permis ce dénouement. La mère de Jemmy Guieldary a obtenu son argent mais pas sa fille et on ignore pourquoi. Tout comme on ne sait si toutes les autres victimes, dénombrées à cinq, ont été remboursées.

Brayant Jean-Louis, un RoseHillien dont la belle-mère avait payé Rs 9 000 à Winsley Céleste pour la location d’un bungalow, s’est retrouvé dans une villa déjà occupée. Brayant Jean-Louis a refusé le chèque du présumé escroc et a insisté pour qu’il soit remboursé en liquide et sur-le-champ. Winsley Céleste s’est exécuté, sans doute intimidé par le ton et le physique de Brayant Jean-Louis. Alors que les femmes et les personnes âgées, dont un handicapé, ont dû galérer pour retrouver leur argent.

Quant au véritable propriétaire du bungalow avec une piscine sans eau, il a avoué n’avoir pas été payé par Winsley Céleste. On ignore si les autres propriétaires de bungalows qui font appel à Winsley Céleste et à son ami Marty comme intermédiaires, ont obtenu leur dû.

Où en est la déposition faite par Jemmy Guieldary contre le couple Céleste ? Les autres victimes auront été priées de rentrer chez elles sans porter plainte contre Winsley Céleste, puisqu’elles ont retrouvé leur argent. Les Céleste ne semblent pas avoir été inquiétés jusqu’ici car on les voit toujours circuler librement et opérer leur commerce - un autre -, sur la plage de Flic-en-Flac.

Contacté par l’express, Winsley Céleste nous a donné l’explication suivante : «Jemmy Guieldary n’a payé que Rs 17 480 et non Rs 47 480. C’est elle qui me doit au moins Rs 65 000 car elle a passé six ou sept jours dans mes bungalows», qu’il n’a pas payés, rappelons-le, aux véritables propriétaires. Il a ajouté que la piscine débordait d’eau et que le manque d’eau dans le bungalow a été causé par une coupure. Il dit avoir réglé le problème de fourniture d’eau après s’être acquitté du paiement pour la livraison d’eau par deux camions-citernes. Qu’en est-il des autres victimes? «C’est mon partenaire Marty qui est responsable.» Il a prétendu ne pas avoir le numéro de téléphone de Marty avec qui il ne communiquerait que sur Messenger.

Il a précisé qu’en fait, il traitait avec un autre agent nommé Anne mais dont il n’a pas le numéro de téléphone. Winsley Céleste a accusé Jemmy Guieldary d’avoir agressé son épouse, agression qu’il aurait filmée mais qu’il ne nous a pas fait parvenir malgré sa promesse de le faire. Et il a affirmé qu’il ne possède aucun autre commerce à Flic-en-Flac et que sa femme et lui vivent de la location de bungalows. Appartenant à d’autres. Parfois sans leur autorisation, vraisemblablement.

Karine s’est dit soulagée d’avoir pu récupérer son argent après maints allers et retours au poste de police de Flic-en-Flac et affirme vouloir tourner la page, même si ses vacances ont été gâchées. La façon dont elle a été traitée par la police reste pour elle un mauvais souvenir et elle ne veut plus y remettre les pieds. Ni dans un autre poste de police d’ailleurs. Ce n’est pas le cas pour Jemmy Guieldary, qui ne compte pas lâcher prise. Elle tient à ce que les Céleste répondent de leurs actes et lui remboursent son argent.

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