Sputnik V: le «mix and match» serait-il déconseillé comme «booster dose» ?

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Les vaccinés au Sputnik V appréhendent de se faire administrer un autre vaccin comme dose de rappel.

Les vaccinés au Sputnik V appréhendent de se faire administrer un autre vaccin comme dose de rappel.

L’Administration de la dose de rappel se poursuit dans les centres de vaccination car il faudra être «fully vaccinated» pour avoir accès à des lieux spécifiques. Ceux qui se sont fait administrer la seconde dose de Covaxin, Covishield/AstraZeneca, Sinopharm et Sputnik V et l’unique dose de Johnson & Johnson depuis quatre mois sont éligibles au vaccin Pfizer comme «booster dose». Mercredi, Maurice a reçu 203 580 doses de Pfizer à travers un don des Etats-Unis sous la Covax Facility. D’autres vaccins pour les 5 à 11 ans sont attendus en avril. 

Cependant, les vaccinés au Sputnik V affichent une certaine appréhension à s’administrer un autre vaccin comme dose de rappel. La raison, selon une dame qui a reçu le vaccin russe, c’est que le fabricant du vaccin Sputnik V déconseillerait le «mix and match». «Je suis concernée par les possibles réactions que causerait un mix and match. Cela fait à peine quatre mois depuis ma seconde dose. Maintenant le gouvernement annonce le mix and match. C’est ma plus grande crainte car l’administration d’un vaccin ne peut pas se faire au petit bonheur sans une recherche et confirmation scientifique», explique-t-elle. De plus, elle affirme que c’est injuste qu’elle ne sera pas catégorisée «fully vaccinated» à cause de cela et surtout que dans d’autres pays, ceux qui se sont fait inoculer le Sputnik V devront patienter avant d’avoir leur booster dose. «Un vaccin n’est pas un mix and match de fard à paupières et de vernis à ongles», ironise-t-elle. 

Selon un article paru en Inde, alors que les frontliners et le personnel de santé, vaccinés au Covaxin et Covishield, reçoivent la booster dose depuis le 10 janvier, environ 1 000 vaccinés avec le Sputnik V devront patienter pour leur dose de rappel. Contrairement aux autres vaccins qui utilisent la même composition pour la première et seconde dose, Sputnik V utilise deux différentes composantes, soit deux types de vecteurs d’adénovirus. Du coup, le «mix and match» ne sera pas autorisé et les vaccinés au Sputnik V devront recevoir une dose de rappel du même vaccin. 

Dans un tweet officiel, le Centre national russe d’épidémiologie et de microbiologie Gamaleya, a affirmé qu’il a déjà un booster. Il s’agit du Sputnik Light, à injection unique. Ce vaccin est basé sur l’adénovirus humain recombinant de sérotype numéro 26 (le premier composant de Sputnik V). Il a déjà été autorisé dans plus de 30 pays selon le centre Russe comme vaccin de rappel. La Tunisie a approuvé le Sputnik Light en tant que vaccin de rappel universel. Une étude menée en Argentine combinant Sputnik Light et des vaccins produits par AstraZeneca, Sinopharm et Moderna a démontré que Sputnik Light est un rappel universel efficace. Avant l’émergence d’Omicron, le ministre de la Santé russe avait déjà recommandé que la dose de rappel de Sputnik Light soit administrée six mois après avoir reçu la seconde dose de Sputnik V. 

La question a été posée au Dr Vasantrao Gujadhur si les vaccinés Sputnik V pouvaient faire leur dose de rappel. L’ancien directeur de santé affirme ne voir aucun inconvénient à ce qu’ils se fassentnt administrer le Johnson & Johnson ainsi que le Pfizer. 

Shameem Jaumdally, virologue basé en Afrique du Sud, abonde dans le même sens. Il estime que le Pfizer et le J&J ont été utilisés pour le Sputnik V. «Il n’y a pas eu de décès. Je pense qu’il faut prendre avec des pincettes ce que dit la Russie. Ils ont émis un communiqué car il n’y a pas spécifiquement de données concernant les premiers mix and match avec Sputnik V et d’autres vaccins. Que ce soit avec AstraZeneca/Covishield, Covaxin, Sputnik V ou Sinopharm, on peut faire la booster dose Pfizer ou J&J.» Il rassure également sur la dose unique de J&J. «On m’a offert la booster dose fin novembre en Afrique du Sud.» Shameem Jaumdally rappelle que la booster dose est conseillée pour les personnes dans un état de santé précaire et pour les 60 ans et plus.

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