Portrait | Jenny Adebiro: la ténacité personnifiée

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Jenny Adebiro et son avocat Reza Uteem, au centre, soutenus par des cadres du coeur.

Jenny Adebiro et son avocat Reza Uteem, au centre, soutenus par des cadres du coeur.

Après deux années de lutte, parfois semées de découragement, voire de déprime, pour obtenir le recomptage des voix de l’élection de 2019 dans la circonscription de Stanley/Rose-Hill (n°19) où elle a mordu la poussière par 92 voix face à Ivan Collendavelloo, leader du Muvman Liberater, Jenny Adebiro, candidate du MMM, se rapproche de son but puisqu’hier, lors de l’audience relative à sa pétition électorale, le commissaire Irfan Raman n’a pas objecté à l’exercice de recomptage des votes. Ni les autres parties concernées d’ailleurs. Si cette trentenaire était un objet inanimé, elle aurait facilement pu être un gilet pare-balles tant elle est tenace et nourrit de solides convictions à tous les niveaux, y compris en politique. 

Interrogée juste après l’audience d’hier, cette jeune femme de 37 ans s’est dit «soulagée» et a précisé avoir le sentiment que «c’est une forme de justice rendue à la démocratie». Mais elle refuse de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. «Je suis soulagée certes, surtout pour les militants qui ont cru en moi et voté pour moi mais attendons le jugement avant d’exulter.» 

Cette fille unique, cadette de quatre enfants, habite Ste-Croix. Mais elle est originaire de Trois Boutiques, L’Escalier. Sa mère Marilyn est une fine couturière. Jenny Adebiro est orpheline de père. Désormais en couple avec Christopher Beg, qui ne fait pas de politique lui, cette mère du petit Ezra, 16 mois, exerce depuis cinq ans chez Rogers Aviation Ltd. 

Malgré une vie professionnelle et personnelle remplie comme un oeuf, elle trouve toujours le temps pour la politique active, même si elle tient à rester discrète à ce sujet sur les différents lieux de travail qu’elle a fréquentés pendant de longues années, signe de sa fidélité à ses divers employeurs. En effet, avant d’être chez Rogers Aviation, elle a travaillé chez Maersk, puis, selon son profil LinkedIn, à Arysta LifeScience, et pendant de longues années à La Sentinelle Ltd (LSL), où elle a cumulé plusieurs postes administratifs pour finir comme secrétaire exécutive. 

Ses collègues et ceux qui l’ont côtoyée à LSL ont toujours été frappés par son sérieux et sa fiabilité dans le travail, par sa gentillesse mais aussi par son sens d’appartenance profond à l’entreprise. Si elle a démissionné de LSL où elle se plaisait pourtant, c’était pour s’engager plus activement au sein du MMM, parti qui a, de tout temps, recueilli ses faveurs en raison de sa riche histoire mais aussi de ses valeurs qu’elle épouse totalement, qu’elle a toujours défendu bec et ongles et pour lequel elle a d’abord agi comme agent politique lors des élections de l’an 2000 avant d’obtenir un ticket pour les élections municipales de 2012 et être élue conseillère à Port-Louis. 

Une passion pour la politique qui lui vient de son grand-père travailleur social et engagé en politique, Louis Radegonde. Et qui a également été nourrie par la sociologie qu’elle a étudiée au collège Hindu Girls à Curepipe. 

Élue présidente de l’aile jeune du parti en 2015, Jenny Adebiro a poursuivi son ascension au sein du parti mauve, étant élue présidente de l’aile féminine en 2017. Si un jour elle a été contestée de l’intérieur, elle n’en a jamais rien laissé paraître car elle respecte sa hiérarchie au plus haut point, malgré ses déceptions parfois. 

Pour preuve, ses propos, au cours d’une interview de presse, alors qu’elle était encore présidente de l’aile jeune. «Quand on a quelque chose à dire, on le dit devant les instances appropriées» ou encore «le plan de travail de l’aile jeune se discute avec les autres membres de l’exécutif. Nous travaillons en équipe…» Elle n’a jamais dérogé à cette règle au sein du parti. 

Même en cas de désaccord, face à la presse, elle est toujours restée souriante mais muette comme une carpe, se contentant de remettre sa démission en tant que présidente de l’aile féminine mais pas des autres instances du parti. Une démission refusée par le leader du MMM, qui lui a demandé de reprendre sa lettre de démission. Le seul commentaire que le journal Le Mauricien a réussi à lui soustraire c’est que cette décision n’était pas une forme de chantage. «J’ai toujours fait la politique avec le coeur et c’est à ce titre que je me suis engagée au MMM. J’ai eu l’occasion de le démontrer, quel que soit le poste que j’ai occupé au sein du parti. Tout ce que je demande, c’est d’être fixée en ce qui concerne ma candidature. Ce qui me donnera une plus grande stabilité au niveau politique et une plus grande motivation dans mon engagement.» On était alors en mai 2019. 

Des propos qui ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd car, peu après, Paul Bérenger annonçait, lors d’un point de presse, que Jenny Adebiro avait accepté de reprendre son poste de présidente de l’aile féminine du parti et qu’elle serait candidate aux élections de 2019. 

Elle l’a été dans la circonscription de Stanley/Rose-Hill, avec le résultat que l’on sait et qu’elle conteste. Le verdict tant attendu des juges Aruna Narain et Denis Mootoo viendra dire si la suite appartiendra à l’histoire…

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