Les ménages endettés à Rs 125 milliards auprès des banques

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Les familles s’endettent principalement en contractant des prêts immobiliers. Ceux-ci ont atteint plus de Rs 80 milliards, selon les estimations de la Banque de Maurice.

Les familles s’endettent principalement en contractant des prêts immobiliers. Ceux-ci ont atteint plus de Rs 80 milliards, selon les estimations de la Banque de Maurice.

La banque centrale révèle, dans son dernier rapport statistique, que les prêts bancaires aux ménages représentent presque un tiers du total des crédits et presqu’un quart du PIB. Les prêts logement y contribuent à 67 %.

On les savait déjà fortement endettés. Les dernières statistiques de la Banque de Maurice viennent le confirmer. L’endettement des ménages augmente d’une année à l’autre. À la fin d’octobre, plus de 31 % des crédits bancaires étaient destinés aux ménages, presque Rs 125 milliards sur un total de Rs 406 milliards. Cela représente presque 25 % d’un PIB estimé à Rs 500 milliards au 30 juin 2022. Par ailleurs, les prêts-logement à hauteur de 67 % en constituent la principale raison.

Faut-il pour autant occulter l’effet économique de la pandémie par rapport à ce constat chiffré ? Non, rétorquent les spécialistes qui s’appuient sur une enquête réalisée en avril dernier par Statistics Mauritius pour soutenir que l’impact économique de la crise sanitaire avait fait exploser l’endettement des ménages. Cette enquête révélait à l’époque que 76 % des foyers mauriciens étaient dans l’incapacité de joindre les deux bouts, dont plus de 26 % n’arrivaient pas à boucler leur budget. Une situation qui interpelle toujours économistes, spécialistes de santé et opérateurs économiques au moment où les problématiques de l’urgence sanitaire sont toujours confrontées aux priorités économiques.

Rien d’étonnant

Certes, la situation était prévisible face à plus de 9 000 licenciements économiques découlant de la crise et qui sont venus impacter directement les ménages et précariser les familles. À tel point que presque la moitié des ménages sont toujours sous le choc des réductions salariales, voire des pertes d’emploi. Face à ce tableau sombre, l’économiste Pierre Dinan expliquait à l’express que «cette tranche de 26 % est probablement celle qui se situe tout au bas de l’échelle des revenus, et comprend aussi, la partie inférieure de la classe moyenne». D’où sa remarque que «nous allons tous souffrir des conséquences économiques du Covid, mais ceux qui ont besoin d’aide financière et de moratoire de remboursement de leurs dettes sont les 26 % mentionnés»

L’économiste-statisticien et ex-directeur de la défunte Mauritius Employers Federation, Azad Jeetun, ne s’étonne guère du niveau d’endettement des ménages auprès des banques. «Quand votre niveau de vie a drastiquement baissé et qu’on n’est pas capable de se procurer les nécessités alimentaires basiques pour survivre, avec en plus une inflation galopante, on sombre malheureusement dans la pauvreté. Ce sont les risques réels auxquels ces ménages sont appelés à faire face aujourd’hui.»

Stress psychologique

Certes, il faut s’attendre à un stress psychologique additionnel qui rendra les ménages plus vulnérables médicalement, remarque un spécialiste de la santé. Celui-ci note ce phénomène d’endettement chez des ménages, toutes classes confondues, depuis plus d’une année. «Il suffit de parler aux psychologues pour se rendre compte de l’ampleur du stress chez certains professionnels, avec des demandes en hausse pour des consultations.»

Certes, il existe, selon certains, un équilibre à trouver entre l’urgence sanitaire et économique alors que d’autres estiment que les deux sont intiment liés. «Le Premier ministre a pris une année pour trouver que la population doit s’apprendre à vivre avec le virus. Alors qu’il privilégiait l’année dernière l’urgence sanitaire, il n’y avait personne au sein de son gouvernement pour lui rappeler qu’il ne faut pas mettre l’économie dans le back seat. Aujourd’hui, il est contraint de changer son fusil d’épaule», note un observateur de la société qui a préféré garder l’anonymat.

Crédits bancaires : l’hôtellerie et la restauration mobilisent Rs 55 mds

Rs 168 milliards. C’est le montant des crédits bancaires octroyés aux institutions non-financières du pays. Comme on pouvait s’y attendre, c’est le secteur de l’hospitalité, regroupant l’hôtellerie et la restauration, qui était le plus exposé avec un niveau d’endettement de Rs 55 milliards à la fin d’octobre. Suivent : l’immobilier, Rs 23,8 milliards ; le commerce en gros et la grande distribution, Rs 21 milliards ; la manufacture, Rs 20 milliards ; la construction, Rs 16 milliards ; et la filière agro-industrie, Rs 11 milliards.

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