Journée mondiale de la lutte contre le SIDA│PILS: «La prévention est le seul vaccin que nous ayons»

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Un seul cas de Covid-19 détecté parmi les patients atteints du VIH. Les associations parlent de la maladie et des risques avec la crise sanitaire.

Un seul cas de Covid-19 détecté parmi les patients atteints du VIH. Les associations parlent de la maladie et des risques avec la crise sanitaire.

À Maurice, la lutte contre le sida continue. C’est le quotidien de Prévention, Information et Lutte contre le SIDA (PILS). Et l’arrivée du Co- vid-19 complique le travail de l’association. En cette journée mondiale de la lutte contre le sida, le Collectif Urgence Toxida (CUT) tire la sonnette d’alarme face à l’impact de la crise sanitaire.

Le sida continue de tuer. Les derniers chiffres de l’ONUSIDA indiquent qu’à l’échelle mondiale 36,3 millions de personnes sont mortes à cause de la maladie en presque 40 ans. 680 000 victimes ont été recensées en 2020. À Maurice, les associations continuent de se battre mais la pandémie de Covid-19 a apporté son lot de complications. «Le Covid a chamboulé les activités de PILS, mais nous avons tenté de conserver le même rythme ayant constaté que les patients avaient besoin des services de PILS. Avec les problèmes de transport, de confinement, entre autres, nous avons dû faire la liaison entre les centres de traitements et les patients, jusqu’à aller quitter leurs médicaments à domicile», indique Soobiraj Gungabissoon, responsable de l’infirmerie à PILS.

Depuis l’instauration des protocoles sanitaires dans le pays, l’association s’est chargée de distribuer de nombreux food-packs aux patients. «On leur a livré des aliments de base pour que le Covid-19 ne les empêche de se nourrir correctement car ils ont un traitement à suivre.» Les mesures instaurées au regard de la pandémie s’appliquent encore 19 mois après. «Les services de l’Infirmerie se poursuivent. Nous continuons de distribuer le breakfast aux bénéficiaires. La clinique de santé pour les pansements, les consultations, les visites à domicile est on-going.» Le dépistage pour le grand public continue de se pratiquer. Le VIH reste présent malgré le Covid, et certains continuent de prendre des risques en ayant des rapports non protégés.

Quid des patients atteints du VIH et du Covid-19 ? À l’issue d’une réunion avec le ministère de la Santé vendredi dernier, il apparaît qu’une seule personne séropositive a contracté le Covid. «Cette personne n’est pas vaccinée. Justement, nous encourageons les patients à s’immuniser contre le virus.» Des similitudes entre le Covid-19 et le VIH ont même été découvertes. En effet, les comprimés administrés aux patients du Covid-19 ont les mêmes molécules que ceux administrés aux patients du VIH. «Un est highly contagious (Covid-19) et l’autre est transmissible (VIH).» Toutefois, Soobiraj Gungabissoon confie que les patients ont la crainte de se faire vacciner. «Nous ne les forçons pas à se faire vacciner mais nous les encourageons car le nombre de décès et de variants ne cesse d’augmenter. Certains ont vu des proches souffrir du Covid-19 et même en mourir, d’où la crainte du vaccin.»

En ce qui concerne la détection du VIH, les campagnes se poursuivent. «Nous sommes allés dans plusieurs régions, Riambel, Surinam et Rivière-des-Anguilles, entre autres.» Des tests ont également été effectués au siège de PILS. «Il n’y a eu aucun nouveau cas de VIH parmi ceux venus se faire dépister à PILS ces dernières semaines. Mais nous notons plusieurs cas d’hépatite C et de syphilis.» Quant au regard des autres sur la maladie, Soobiraj Gungabissoon confie que les mentalités ont évolué. «Le VIH n’est plus une maladie mortelle. Il y a un traitement. Les patients peuvent donc mener une vie normale. Ils peuvent même avoir des rapports sexuels avec leurs partenaires sans les contaminer. Mais il y aura toujours quelqu’un qui stigmatisera ces personnes.» Si pour le moment, aucun vaccin ne combat le sida, il reste la prévention, soutient Soobiraj Gungabissoon.

Une autre association accompagne égale- ment des patients atteints du VIH au quotidien. Il s’agit du Collectif Urgence Toxida (CUT). Dans un communiqué émis récemment, l’association fait part de ses craintes. «La crise sanitaire impacte notre travail au quotidien. Le manque de matériel et les restrictions sanitaires vont probablement provoquer une flambée des cas. D’ailleurs, en septembre dernier lors de la 4e réunion du High Level Drug and HIV Council sous la présidence du Premier ministre, il a été publié que le VIH augmente au même rythme que les années précédentes et touche davantage de jeunes et de femmes.» Le nouveau président de CUT, Zuhayr Panchoo, est même préoccupé par cette situation. «Dans le passé, la transmission du VIH et de l’hépatite concernait principalement les hommes qui utilisaient des drogues injectables. Le programme de réduction des risques a fait ses preuves et la transmission par injection a considérablement diminué. Aujourd’hui, la situation est préoccupante car la propagation du VIH s’étant généralisée, celui-ci touche autant de femmes que d’hommes.»

Le fonds mondial cessera d’apporter son soutien à Maurice en 2023, une autre situation préoccupante pour Zuhayr Panchoo. «Depuis 12 ans, le fonds mondial est le principal bailleur de la lutte auprès du gouvernement et des ONG, leur retrait va potentiellement créer un énorme déficit financier.» Mais CUT ne compte pas baisser les bras. En effet, l’association prévoit de frapper à de nombreuses portes pour intensifier sa lutte contre le virus…

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