Fermeture des frontières et quarantaine: protocole dépassé !

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Il ne suffit pas de fermer les frontières à certains pays pour empêcher que le variant – dont l’Omicron – pose ses valises chez nous. Pour les empêcher d’arriver, d’autres mesures doivent être prises. Lesquelles ? Nous avons posé la question à deux experts.

 Depuis hier, les frontières avec l’Afrique du Sud, le Botswana, le Lesotho, l’Eswatini, la Namibie et le Zimbabwe sont totalement fermées pour protéger l’île du variant Omicron. Les passagers qui étaient sur le dernier vol en provenance de l’Afrique du Sud, samedi, sont actuellement en quarantaine. Cependant, selon Shameem Jaumdally, virologue qui était lui-même sur ce vol, ce protocole est déjà totalement obsolète et il propose un nouveau système de gestion. Quant à Houriiyah Tegally, bio-informaticienne et chercheuse, elle met l’accent sur les tests…

Avec le protocole actuel, le variant risque de débarquer chez nous plus vite que prévu car l’Omicron a été détecté dans plusieurs pays à l’instar du Royaume-Uni, de Hong Kong ou encore aux PaysBas, en Belgique, en Israël et en France. Pour rappel, au mois d’octobre, 11 299 touristes sont arrivés du Royaume-Uni par avion, sept de Hong-Kong, 331 des Pays-Bas, 61 d’Israël, 1 155 de Belgique et 15 796 de France. De plus, six cas non-liés aux voyages ont été découverts en Écosse, ce qui prouve que la transmission locale a déjà commencé dans certains pays.

Du coup, «la fermeture des frontières avec certains pays n’a pas de sens, et une fermeture totale n’est pas réaliste», fait valoir Houriiyah Tegally – chercheuse mauricienne qui fait partie de l’équipe ayant découvert le variant Omicron. Elle rappelle que Maurice s’était protégé du Delta au début de cette manière mais que par la suite, ce variant est quand même arrivé ici. Comment contrôler l’entrée du virus avec la fermeture des frontières avec seulement six pays qui ne sont pas nos marchés principaux ? Quelle est donc la solution ?

Trois jours de quarantaine

Selon Shameem Jaumdally, il faut trouver un équilibre entre les précautions et les restrictions car une quarantaine de 14, voire même sept jours, sera néfaste pour le secteur touristique. Raison pour laquelle il préconise une quarantaine de trois jours pour tous les voyageurs, indistinctement du pays de provenance. «Un peu comme les ‘vaccination bubbles’ qu’il y avait avant l’ouverture des frontières, mais moins long, et avec plus de restrictions.» Par exemple, le virologue ne recommande pas la liberté totale dans l’hôtel car les risques d’infection du personnel sont très élevés et en cas de présence du variant Omicron, ce sera une porte ouverte vers la contamination au sein de la communauté. «La plage peut-être accessible avec les gestes barrières, mais pas les restaurants, bars et piscine à cause de la foule.»

Après trois jours, le voyageur aura un troisième test PCR à faire. En plus du test avant le départ et à l’arrivée, ce troisième test confirmera son statut car selon lui, si une personne est infectée, son test PCR sera positif au bout de trois jours même s’il n’a pas de symptômes. Et les cas découverts en quarantaine aux 7e et 14e jours ? «C’étaient forcément des cas où les personnes ont été infectées dans les centres», affirme-t-il. Si elle n’est pas positive, la personne pourra alors sortir et profiter du pays et comme filet de sûreté, Shameem Jaumdally préconise aussi un test rapide au 5e jour.

Quant à Houriiyah Tegally, elle réitère le fait que l’accent doit être mis non seulement sur les tests, mais aussi sur l’exercice de contact tracing. La bioinformaticienne préconise les tests pendant 14 jours suivant l’arrivée car si la période d’incubation du Delta est très courte, les données ne sont pas disponibles quant à la celle d’Omicron. «En plus, ce travail est simple car il y a déjà des équipes du ministère de la Santé qui vont faire les tests de paludisme auprès des voyageurs. Ils n’auront besoin que d’une formation pour prélever les échantillons pour le PCR.» Si la personne est positive au virus, le séquençage sera de rigueur. «Et il faudra remettre en place un exercice de contact tracing digne de ce nom», affirme-t-elle. Non seulement pour contenir l’Omicron, mais aussi pour tenter de limiter la propagation du Delta. Houriiyah Tegally explique que le taux d’infection ne baisse pas, ce qui veut dire qu’il y a toujours l’entrée de ce virus sur le territoire, ce qui crée de nouvelles chaînes de contamination.

«Avec ce protocole, non seulement le coût ne sera pas élevé pour les voyageurs, mais ils pourront aussi profiter de leur séjour. C’est un bon compromis», renchérit Shameem Jaumdally, car une quarantaine de sept jours ou plus découragera les voyageurs pendant un moment où le tourisme se relève à peine. Revenant sur sa propre expérience, il recommande que ces vaccination bubbles soient placées dans le Sud à proximité de l’aéroport car dans son cas, il était dans un bus avec «plas dibout» et a dû faire le voyage dans ces conditions jusqu’au centre de l’île. «Il suffit qu’il y ait une personne qui infecte le chauffeur pour que la propagation commence…»

Shameem Jaumdally précise qu’il est fort probable que le variant Omicron soit encore plus transmissible que le Delta. Houriiyah Tegally souligne encore qu’une fermeture partielle des frontières ne sert à rien s’il n’y a pas d’autres mesures qui accompagnent une telle démarche.

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