Noël: dans la magie des jouets locaux

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Cette année, le «flip octopus» fait un malheur chez les enfants tout comme les classiques peluches et jeux éducatifs en bois fabriqués localement.

Cette année, le «flip octopus» fait un malheur chez les enfants tout comme les classiques peluches et jeux éducatifs en bois fabriqués localement.

À Bagatelle, le Père Noël est déjà arrivé. Du haut de sa cinquantaine de centimètres, il se tient sur des kiosques en bois, guettant les visites des petits et des grands. Dans cette quête, ses fidèles compagnons ne manquent pas à l’appel. Rênes, ours, doudous pour bébés, entre autres peluches, sont de sortie chez Polly Esther Ltd. Issues d’une toute nouvelle collection, ces créations mauriciennes s’agrémentent de plein d’autres animaux. Avec Summer la licorne, Kasey le Lapinou, Bradii l’ourson bleu ou encore Maddii l’éléphanteau, la balade nous mène en pleine féerie mais aussi au coeur de la jungle. 

Comment naissent ces jouets «Made in Mauritius» ? La demande pour les joujoux, qui sont disponibles dans les boutiques d’hôtels depuis 2004, s’est tissée de fil en aiguille. Polly Esther entre en jeu en 2017, confie Matthieu Ducasse, le responsable. «Nous avons repris une ancienne usine de peluches à Union Park. On a débuté avec sept personnes et sommes maintenant à une vingtaine d’effectifs. Plus de 120 modèles de peluches sont produits localement. Nous nous focalisons sur le côté créatif et le monde de l’enfance. Par exemple, ici, vous trouverez un chien rose ou des animaux que vous ne verrez pas en réalité», explique-t-il. 

La conception ? Elle émane des tendances mondiales et des idées du bureau discutées et confiées à une personne chargée du développement qui dessinera le modèle en deux dimensions. Le patronage se fera ensuite sur carton. Trois à quatre nouveaux modèles sont introduits mensuellement. «Pour un petit jouet, cela peut nécessiter entre 12 et 24 pièces qui doivent être cousues ensemble. Il faut imaginer très loin pour le rendu en trois dimensions. Puis, on fait des essais selon les tissus avec ou sans poils, colorés, imprimés etc. De là, on sélectionnera la matière idéale et on modifiera le patronage à la main au besoin», souligne Matthieu Ducasse. Ensuite, la production commence. Les peluches sont cousues à l’envers, retournées puis rembourrées de fibre de polyester. Au montage des jouets, on repère le moindre défaut. Et si tout marche, en avant la fabrication. Pour tout nouveau modèle, une production en série de 36 à 48 pièces peut être lancée pour «tester le marché» dans les points de vente à Bagatelle, Rose-Belle, Floréal, Rose-Hill, l’aéroport, des parcs d’attractions et hôtels et en ligne. 

Marionnettes et jouets d’interaction 

À chaque Noël, une nouvelle collection combinant articles décoratifs et jouets personnalisables avec une broderie etc. est élaborée. Du coup, des classiques comme l’ourson de fête, ce personnage fétiche, change de chapeau ou se prête à d’autres modifications. Pour 2021, les rennes sont les nouveaux venus tout comme Frosty le bonhomme de neige, déjà épuisé. Il n’attend plus que son tissu arrive de l’étranger pour se refaire une… production. 

Afin que la collection soit disponible vers la mi-novembre 2021, la planification s’est faite vers juillet, suivie de la couture et du stockage des peluches en août. En octobre, le rembourrage a été ef fectué. À cela se greffent les complications du Covid-19 pour l’acheminement des matières premières, notamment les tissus importés ainsi que les yeux et nez des peluches. Par contre, la fibre de polyester est disponible localement. 

Wally Plush Toys Ltd, spécialisée dans la confection de jouets depuis plus de 30 ans à Petite-Rivière, importe ses matériaux de la Malaisie, Corée et d’Allemagne. «Nous avons plus de 3 000 variétés et chaque année, on développe des nouveautés. Les tout-petits préfèrent les doudous ainsi que le modèle très mou et coloré. En grandissant, les enfants aiment les marionnettes et jouets d’interaction», affirme Toni Waller, le responsable. Pour lui, l’ourson reste toujours l’ami des enfants. Tout comme la peluche de lapin, chien et chat. 

Selon lui, la distribution des jouets est effectuée dans les hôtels, les supermarchés entre autres. Il ajoute que chaque année, la fabrication de peluches géantes est effective. Une tradition qui perdure. Mais pour 2021, le must est le flip octopus. «Tout le monde en raffole actuellement. C’est le craze du moment car pour ce personnage, on peut changer les humeurs. Je crois que cela reflète un peu les émotions actuelles. C’est une tendance rigolote qui passe bien cette année», indique Toni Waller. 

Outre les peluches, un type de jouets original se tisse sur le marché. En effet, celui-ci provient de la gamme Made in Heaven et il est conçu en bois, déclare Daksh Beeharry Panray, directeur de KBP Craft Market Ltd, opérationnelle depuis septembre 2017. «Le concept Made in heaven a démarré en 2008, avec le développement des produits artisanaux pour les touristes. Mais avec le Covid-19, on a dû se réinventer et créer d’autres produits qui peuvent se vendre localement. C’est ainsi que l’on a démarré avec les jouets en bois à 100 % fabriqués à Maurice», déclare-t-il. 

Il explique que tout commence avec une idée et un concept auxquels se greffe leur originalité inspirée des modèles existants dans le monde. Une fois ces derniers sélectionnés, il faut vérifier la disponibilité de la matière première pour pouvoir lancer la fabrication. Quatre femmes y travaillent à temps partiel. Pour compléter un jouet en bois, cela prend entre trois et quatre jours. Mais en cas d’affluence des commandes, la production peut aller jusqu’à une semaine. «Comme on est limité en matière première à Maurice, on a commencé par des jouets très simples au début. On récupérait les bois que les gens n’utilisent plus ainsi que des morceaux chez des menuisiers. On achète aussi des bois de forêt durable comme le pin. Les jouets sont ensuite montés à la main dans notre petite usine puis peints avec diverses peintures à base d’eau pour les rendre plus attirants pour les enfants.» 

Développer l’intelligence 

Une fois terminés, les jouets sont minutieusement vérifiés avant l’emballage en carton recyclé. Ils sont ensuite livrés aux clients qui passent leur commande sur le site Web de l’entreprise. Parmi les jouets les plus sollicités, on trouve le train, le «group fishing», le «hammer peg» et le «maze» entre autres. 

Selon Daksh Beeharry Panray, les jouets sont certifiés par le Mauritius Standards Bureau (MSB) et conformes à la certification EN-71 pour la sécurité. De 32 variétés aux débuts, la société enchaîne cette année avec des jeux éducatifs qui se vendent mieux que les versions habituelles. «Les parents qui achètent des jouets en bois pour leurs enfants, sont très conscients de l’importance de la préservation de l’environnement pour les générations à venir. Donc ils veulent aussi développer l’intelligence de leurs enfants avec des jeux éducatifs. On en propose neuf variétés et on envisage d’en développer encore une douzaine jusqu’à l’année prochaine», avance directeur de KBP Craft Market Ltd. 

Les jouets locaux ont-ils la vie dure face à l’emprise de la technologie et la multitude de versions importées ? Pour les responsables de Polly Esther et Wally Plush Toys Ltd, la peluche reste incontournable. «Elle coûte moins cher qu’un autre jeu sophistiqué, est lavable et comme il s’agit d’un soft toy, elle peut être offerte à l’enfant sans risquer qu’il ne se blesse», indique Matthieu Ducasse. Pour sa part, Toni Waller explique que la compagnie familiale est très active en termes de créativité. «Je suis à l’écoute des clients pour bien déterminer leurs attentes. On suit aussi les tendances internationales et futuristes. Pour le flip octopus, on a repris ce concept et retravaillé plus d’expressions. Par exemple, avant c’était limité à joyeux et triste. J’ai élaboré d’autres humeurs», explique-t-il. 

Pour le responsable de Made in heaven, les jouets en bois importés de Chine sont coûteux comme le fret a beaucoup augmenté avec le Covid-19. «La compétition est très différente car nous utilisons le maximum de matières premières disponibles à Maurice. On essaie de garder un prix raisonnable pour que tout le monde puisse en profiter. Nos jouets ne sont pas trop sophistiqués et les enfants de diverses tranches d’âges peuvent jouer avec», ajoute-t-il. 

Le marché mauricien est-il le seul preneur des jouets locaux ? Songeant à l’exportation dans la région, Polly Esther possède la certification CE pour ses produits. Quant à Wally Plush Toys Ltd, la production est aussi acheminée vers l’Allemagne et la France. «À l’importation comme à l’exportation, nous avons été largement impactés par le Covid-19», confie Toni Waller. 

Quels sont les prix des jouets mauriciens sur notre marché ? Ils se situent entre Rs 75 et Rs 725 chez Polly Esther. Face à l’introduction de nouvelles réglementations sur les jouets importés, les versions locales deviennent plus compétitives pour les consommateurs mauriciens, précise Matthieu Ducasse. Quant aux jouets en bois, les tarifs oscillent entre Rs 300 et Rs 1 750.

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