Xiomara Castro, l'ex-Première Dame, en passe d'être la première présidente du Honduras

Avec le soutien de

Xiomara Castro, qui a revendiqué la victoire dimanche à l'élection présidentielle du Honduras, s'est fait un nom en prenant la tête des manifestations contre le coup d'Etat, fomenté en 2009 par les milieux d'affaires et les partis de droite avec le soutien de l'armée, qui a renversé son mari, le président de gauche Manuel Zelaya.

Oratrice au verbe haut prononcé d'une voix douce, la sexagénaire issue d'une famille catholique de la classe moyenne, a gagné sa popularité en prenant la défense des plus deshérités dans un pays où plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Dans un Honduras profondément conservateur et à la tradition machiste, elle a réussi à surmonter le double handicap d'être qualifiée par ses opposants de "communiste" et de marionnette de son mari, qu'elle a épousé à l'âge de 16 ans et avec qui elle a eu quatre enfants.

Cependant, plus que d'un vote d'adhésion, Mme Castro a bénéficié d'un vote sanction contre le parti de droite au pouvoir, selon l'analyste Raul Pineda, ancien député du Parti National. «Les gens ne voteront pas pour Xiomara, mais contre (le président sortant) Juan Orlando Hernandez et ce qu'il représente», avait-il prédit.

Toujours coiffée d'un chapeau blanc de style western, et vêtue de rouge pendant la campagne électorale, la candidate âgée de 62 ans martèle son projet d'un "socialisme hondurien démocratique", et prend soin de se démarquer des régimes cubain et vénézuélien, qui servent d'épouvantail à ses rivaux.

«Occasion historique»

«Xiomara n'avait jamais imaginé se présenter à la présidence et de pouvoir gagner, c'est le coup d'Etat (contre son mari) qui lui a donné cette occasion historique», commente le sociologue Eugenio Sosa, professeur à l'Université Nationale.

Elle devra à présent prouver que son mari n'est pas «le pouvoir derrière le trône. Je crois qu'elle peut nous surprendre», ajoute-t-il.

«Doña Xiomara n'est pas 'Mel' (Manuel) Zelaya. Nous la connaissons depuis longtemps, c'est une dame sérieuse», juge Juan Carlos Sikaffy, le président du Cohep, l'organisation du patronat hondurien.

Après son mariage, elle a assisté son mari en administrant ses fermes, ses élevages de bétail et ses exploitations forestières.

«Xiomara est une femme douce, mais elle a un fort caractère», dit d'elle l'ancien chef d'Etat. «Elle m'a accompagné merveilleusement et sans son appui je n'y serai pas arrivé (à la présidence). Et le destin c'est comme ça: maintenant, c'est moi qui lui apporte mon soutien», conclut-il.

Au soir de sa victoire elle a "tendu la main à (ses) opposants". "Je n'ai pas d'ennemis", a-t-elle lancé à l'intention de ceux qui ont tenté de la discréditer en la taxant de "communiste" et ont dénoncé ses propositions de légaliser l'avortement thérapeutique et le mariage homosexuel... des thèmes particulièrement polémiques dans un pays où la population se répartit de manière quasi égale entre Eglise catholique et obédiences évangéliques.

Déjà candidate en 2013, battue d'une courte tête par Juan Orlando Hernandez, Xiomara Castro a réussi cette fois à réunir une coalition de partis de gauche et de centre gauche. Elle a aussi bénéficié de soutiens de poids, dont celui de Salvador Nasralla, une star de la télévision qui avait échoué de peu en 2017 face au président sortant, réélu lors d'un scrutin marqué par des accusations de fraude.

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