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Lundi 22 novembre - Une grande histoire d’amour

L’express du lundi 22 novembre fait état d’un nouvel incident d’une extrême gravité impliquant des chiens domestiques. En effet, un employé d’une compagnie livrant du ciment premixed a été mordu par pas moins de huit chiens chez une cliente dans le village de Plaine-Magnien. Il se trouvait déjà dans la cour de la cliente qui l’attendait. Il paraît que la femme n’était pas en mesure de contrôler ses chiens qui se sont acharnés sur le Sales Executive de la compagnie concernée.

Cet incident fait suite à un autre rapporté dans le Ward IV de Port-Louis quand deux rottweilers se sont attaqués à un professionnel dans la rue. L’homme devait subir de graves blessures sur différentes parties du corps.

De l’avis de presque tous les Mauriciens et des étrangers qui nous visitent, notre pays compte trop de chiens qui évoluent en toute liberté sur la voie publique ou qui ne sont pas suffisamment encadrés par leurs propriétaires. Autrefois, les autorités en mobilisant des kamyon lisien sévissaient de manière draconienne contre les chiens laissés sur la voie publique mais l’existence maintenant d’un grand nombre d’organisations militant pour les droits de la race canine a mis un frein aux mesures d’assainissement.

En attendant que les autorités policières s’occupent des cas d’attaques canines sur des citoyens, des avocats disposant de temps libre devraient songer à venir en aide aux victimes en initiant des réclamations en dommages à l’encontre des propriétaires.

Mardi 23 novembre - The Rottweiler is back

Retour au Parlement du speaker Sooroojdev Phokeer après plusieurs semaines d’absence. De toute évidence, le Rottweiler du régime Jugnauth avait rencontré un sérieux problème de santé, ce qui l’avait mis hors service. Mais pas pour longtemps.

Le speaker actuel, phénomène unique dans l’histoire parlementaire des pays du Commonwealth, a été d’une utilité phénoménale au clan Jugnauth en disloquant l’opposition qui est déjà affaiblie par des divisions fondamentales. Agissant comme un ogre, Sooroojdev Phokeer a réussi à mater des géants comme Paul Bérenger et des terribles comme Shakeel Mohamed au Parlement.

Depuis la transformation de Maurice en état autocratique avec le Premier ministre comme seul maître à bord et le contrôle exercé par le MSM sur toutes les institutions du pays à l’exception du bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), il était absolument nécessaire pour la famille dirigeante de neutraliser le Parlement comme plateforme d’interrogation et de contestation de l’action gouvernementale. Toutefois, il n’est pas possible de ‘fermer’ le Parlement car il reste incontournable comme l’institution de législation. Le gouvernement utilise le Parlement pour introduire de nouvelles lois ou amender ce qui existe déjà.

Le rôle de Phokeer s’est cantonné à l’œuvre de donner de larges espaces à l’action de légiférer du gouvernement tout en réduisant au strict minimum le rôle d’interrogation et de contestation de l’opposition.

Mercredi 24 novembre - Le «Chemical Ali» mauricien

Dans les universités anglosaxonnes, on met en garde les étudiants en loi et en journalisme contre un phénomène qu’on appelle l’over-embellishment.

Il s’agit d’éviter d’embellir par un petit rajout ou précision une très belle histoire déjà dans le sac. Ce ‘petit-détail’ risque en fait de tout détruire. On l’a vécu ce yen d’embellir quand Sherry Singh, né d’un père indien et d’une mère mauricienne, a prétendu être de descendance royale. Ce qui l’a immédiatement réduit au statut de joke alors qu’auparavant on reconnaissait ses qualités professionnelles tout en n’étant pas d’accord avec ses fréquentations politiques.

Ce mercredi 24 novembre, le vice-Premier ministre Steven Obeegadoo a commis cette grave erreur d’embellishment. En effet il a vendu l’idée à des journalistes étrangers que Maurice reste une safe destination. Or au moment de sa déclaration, le pays connaissait le pire moment des ravages mortels du Covid-19. Pourtant le même Obeegadoo avait bien défendu Maurice lors de prestations précédentes auprès des médias internationaux.

Cette attitude d’Obeegadoo de défendre l’indéfendable le met maintenant au même rang que Ali Hassan Abd al-Majid al-Tikriti, un proche de Saddam Hussein plus connu comme Chemical Ali. * Ce militaire irakien avait été ministre de la Défense et de l’Intérieur et chef du service secret de son pays. S’exprimant aisément à des médias internationaux, Chemical Ali vendait la thèse que Saddam Hussein était imbattable alors que l’armée américaine s’était déjà emparée de l’Irak.

Jeudi 25 novembre - Freins percés…

Sur son site web, l’express fait état en ce jeudi 25 novembre d’un accident mortel à St-Aubin. Samir Diouman, un marchand de dholl puri de Rivière-des-Anguilles fut tué quand sa moto a été renversée par un camion le mardi 23 novembre.

Samir Diouman était très populaire dans le Sud et sa mort a bouleversé les gens. Ce fut un accident impliquant pas moins de quatre véhicules. La cause de l’accident ? Il s’agit d’une vieille chanson qu’on entend à chaque fois qu’un camion ou un autobus est responsable d’un accident mortel ou très grave : «frin inn perse misie».

Souvent, c’est avec ce mantra de freins qui ont lâché que se termine l’histoire. Ce serait comme si le non-fonctionnement des freins aura été un act of God. Or, tel n’est pas le cas. Soit le conducteur invente l’histoire de freins percés, soit le système n’a vraiment pas fonctionné. Dans les deux cas, il y a faute grave et négligence criminelle. De toute façon, des spécialistes de la police dans les pays civilisés parviennent bien vite à établir la cause de l’accident et l’état réel du véhicule concerné. On souhaite que Maurice atteigne un tel degré de spécialisation un jour.

En cas de non-fonctionnement des freins, c’est la responsabilité de la National Land Transport Authority qui est engagée. C’est elle qui examine les poids-lourds avant qu’ils ne soient autorisés à rouler sur la voie publique. Vient ensuite la responsabilité du propriétaire pour avoir mis sur route un véhicule dangereux. Souhaitons que les proches de ce père de famille qui a perdu la vie sachent entamer les poursuites nécessaires contre les responsables de sa mort.

Vendredi 26 novembre - Calcul stratégique derrière l’expulsion de Bérenger ?

La journée du vendredi 26 novembre a aussi été marquée par l’expulsion du Parlement de Paul Bérenger, le doyen de la Chambre.

Cet incident vient remettre en question un style particulier que le leader du MMM a adopté depuis sa défaite aux élections de 2010. Il se comporte au Parlement comme un sage, un mentor, et non pas comme un homme hyper-agressif cherchant à descendre ses adversaires.

Pour quelqu’un qui a pris de la hauteur, fort de son éloquent parcours de grand combattant mais aussi d’homme d’État car il a été Premier ministre et vice-Premier ministre dans le passé, la sanction infligée le vendredi 26 novembre par le Rottweiler de service pourrait être jugée fondamentalement injuste.

Il se pourrait toutefois que pour des raisons stratégiques, les dirigeants du MSM cherchent à rehausser le profil de Paul Bérenger. Ce qu’ils gagnent en le faisant, c’est l’opportunité d’exploiter tout backlash anti-Bérenger en leur faveur. Ce phénomène de backlash avait permis au MSM de remporter les élections de 2014 en battant l’alliance PTr-MMM.

*https://en.wikipedia.org/wiki/Ali_Hassan_al-Majid

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