Covid-19: la campagne de vaccination par ordre alphabétique

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À Plaine-Verte, des personnes venues se faire injecter leur «booster dose» sont refoulées à l’entrée du centre dédié. Celui-ci est déjà bondé, les informent les policiers.

À Plaine-Verte, des personnes venues se faire injecter leur «booster dose» sont refoulées à l’entrée du centre dédié. Celui-ci est déjà bondé, les informent les policiers.

Alors que les foules s’amassent dans les centres de vaccination à travers le pays, les services de santé parviennent difficilement à pourvoir aux besoins de tous. Hier soir, la décision a été prise de mettre en place la vaccination par ordre alphabétique dans l’espoir de désengorger le système. Toujours est-il qu’à hier, après des attentes qui ont duré des heures, ou à peine arrivés, certains ont dû rebrousser chemin...

Des centres bondés, des personnes qui attendent des heures au soleil, un nombre insuffisant de vaccins sur le site pour toute la journée… Les Mauriciens qui se déplacent vers les 11 centres de vaccination depuis lundi pour la troisième dose ont l’impression de revivre la même histoire que lors de l’administration de leurs deux doses précédentes. Mais, cette fois-ci, les raisons sont différentes…

Hier, à 10 h 30, devant le Stade Anjalay, le policier sur place renvoie déjà les gens gentiment chez eux. Sur le communiqué du ministère de la Santé, il est pourtant stipulé que le centre est opérationnel jusqu’à 15 heures. «Malheureusement, on a déjà atteint le quota pour aujourd’hui», dit-il inlassablement à tous ceux qui se présentent devant le portail. D’un geste de la main, il montre la file sans fin à l’intérieur. Jeunes, vieux, hommes et femmes sont debout, certains tentant de partager l’ombre de leur parapluie avec leurs compagnons d’infortune.

«Avec une telle organisation, on ne peut pas obliger les personnes à respecter la distanciation sociale», soupire un employé du centre, venu, encore une fois, prêter main-forte au policier face au public dehors. Quelle heure faut-il venir ? «Ou koné, éna dimounn la dépi sizer dimatin. Mo pa kapav dir ou vini seter, tansion fini éna sipa 1 000 dimounn divan ou», répond le policier.

Le cas n’est pas isolé. À Plaine-Verte, vers la même heure, les personnes sont refoulées. Mais l’organisation y est meilleure, car il y a un distributeur de ticket. «Kan tiket fini, bann-la dir dimounn alé. Mé momem mo la dépi 7 h 45, mo ankor pé atann», explique une jeune femme. Il est alors 11 heures. Selon d’autres personnes sur place, le centre était saturé avant même l’ouverture et même ceux qui imploraient pour avoir une chance de passer car ils se sont absentés du travail n’y ont pas eu accès. Au Plaza, même scénario. Une file interminable bien avant 7 heures, aucune disposition prise pour l’attente.

Cependant, depuis l’administration de la troisième dose, cela ne s’est pas toujours passé ainsi. Avant lundi, la grande majorité des personnes qui s’étaient déplacées pour la troisième dose, Janssen et Sinopharm confondues, a passé moins d’une heure dans les centres, temps d’attente après la vaccination compris. Qu’est-ce qui a changé ?

Selon plusieurs sources de différents centres, c’est le nouveau protocole de vaccination annoncé vendredi dernier qui a changé la donne. Alors qu’auparavant les hôpitaux faisaient partie des centres de vaccination, ils sont désormais réservés à l’administration du Pfizer aux frontliners et patients à risque. De plus, alors que la fenêtre pour la troisième dose était sur un mois avant, elle a été élargie à trois mois. «Puis, comme nous avons bien plus de personnes à Maurice vaccinées au Sinopharm, elles sont maintenant éligibles au Johnson, ce qui ajoute à la pression», explique-t-on dans les centres. Puis, tous les centres font désormais aussi la première dose de vaccin en plus de la troisième.

La situation actuelle a aussi aidé à l’engouement. Face au nombre élevé de cas et de décès, plusieurs personnes, qui étaient éligibles depuis longtemps mais qui ne l’ont pas fait, ont décidé d’aller faire le booster dose pour avoir une meilleure protection. Sauf qu’il a été impossible de prévoir cette forte mobilisation, selon les autorités. «Nous nous sommes basés sur l’affluence des semaines précédentes. D’où la décision d’élargir la fenêtre à trois mois, d’ailleurs», avance-ton. Face à l’affluence des deux derniers jours, la décision de mettre l’ordre alphabétique selon les horaires pour tenter de désengorger les centres a été prise.

L’autre problème qui se pose est le stockage des vaccins. Les vaccins Johnson & Johnson viennent en fioles de cinq doses. Les fioles sont conservées au froid, entre 2°C et 8°C, et à l’abri de la lumière. Avant utilisation, elle doit être amenée à température ambiante et une fois entamée, elle ne peut se conserver que deux heures. Cette logistique fait que les vaccins sont utilisés avec parcimonie et les prévisions sont faites en fonction de la foule présente. Mais existe-t-il la logistique pour en administrer plus de 800 par jour par centre ? Aucune réponse n’est parvenue du côté du ministère, mais toujours est-il qu’il faudra désormais contrôler de près l’identité pour éviter tout débordement.

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C’est l’abréviation utilisée pour désigner le PF-073221332, nom de code de l’antiviral oral très prometteur développé par le laboratoire Pfizer et qui réduirait les risques d’hospitalisation et de décès du Covid-19 de 89 % (pfizer. com). Ce dernier serait plus performant que le molnupiravir, un anticoronavirus développé par les laboratoires américains Merck and Co et Ridgeback Biotherapeutics.

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