Tourisme: Il y a le ciel, le soleil, la mer et les restrictions

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La recrudescence des cas de Covid-19, de décès, affecte-t-elle les visiteurs? Si plusieurs d’entre eux respectent et multiplient les gestes barrières et disent faire confiance aux vaccins, qu’en est-il des autres? Comment vivent-ils ces ‘vacances pandémiques’après de nouvelles restrictions? Quel est leur avis sur la gestion du gouvernement mauricien face au virus?

Arrivés le 13 novembre de la Suède, les Nunberg font en sorte de profiter de leur séjour d’un mois et demi. «C’est la première fois que nous venons à l’île Maurice. Nous avons prévu de visiter plusieurs sites. Nous sommes hébergés à Flic-en-Flac et sommes très heureux du séjour. C’est un beau pays qui nous fait nous sentir en sécurité malgré le Covid-19», confie la directrice adjointe d’un supermarché et Business Analyst.

D’accord, mais comment vivent-ils ces vacances sous le soleil des tropiques et au rythme de la pandémie ? Que pensentils des nouvelles restrictions notamment le fait qu’on n’a plus le droit de pique-niquer sur le sable fin ? Cela ne semble pas être un problème, pour ce couple du moins. «Nous avons déjà dû suivre une série de protocoles. Par exemple, on requiert que les touristes soient vaccinés et fassent des tests PCR avant l’embarquement et à l’arrivée. Comme visiteur, on se sent en sécurité mais on doit faire attention et éviter les contacts directs avec la communauté locale.» Face à la situation qui prévaut dans le pays, pour eux, le maître-mot demeure la prudence. Et le fait qu’ils soient vaccinés les rassure.

Bon nombre de touristes que nous avons interrogés affirment avoir été vaccinés au Pfizer. L’engouement pour notre pays ne faiblit pas pour ces visiteurs malgré la propagation du virus. C’est le cas de Laura Espéneux, éducatrice, et son époux, Gérard, mécanicien. Ces derniers ont quitté la France le 13 novembre pour venir à Maurice. Leur premier séjour durera une dizaine de jours. «Pour l’instant, c’est agréable. On fait de belles découvertes, notamment le Jardin de Pamplemousses, les plages de Mon-Choisy, Flic-en-Flac, Trou-aux-Biches, entre autres», confie Laura.

Le virus et les restrictions alors ? Comme le Covid sévit également chez eux, cela ne change pas grand-chose. «Quitte à choisir entre être ici au soleil ou chez nous sous la pluie, on préfère encore être à Maurice. C’est vrai que le Covid-19 reste compliqué comme situation mais on vit avec depuis deux ans. On fait toujours attention mais c’est complexe pour les voyages.» Quid du variant Delta ? Il est omniprésent dans le monde, répond le couple.

Quant à Frederik Nyberg et son épouse, software engineer et médecin respectivement, ils re- partent à Bruxelles en Belgique demain. Ils sont en vacances à Maurice depuis le 6 novembre. «Nous avons choisi Maurice comme c’est une destination soleil. Notre séjour se passe à Belle-Mare et nous avons déjà visité Port-Louis, Chamarel, etc.», déclare le couple. Selon ces touristes, avec la situation mondiale du Covid-19, ils se sentent «plus en sécurité à Maurice» qu’en Belgique.

«On aurait pu croire que les gros opérateurs touristiques seraient priorisés par les touristes mais mêmeles moyens et petits prestataires sont très sollicités par la clientèle étrangère,très heureuse de découvrir ou de retrouver Maurice», lâche Nathalie Gauthier, responsable du marketing chez Adrien’s Dream Company Ltd. Pour elle, le plus important pour les touristes est de profiter du soleil et de la plage à Maurice sans pour autant lésiner sur les consignes sanitaires.

Un constat que partage Daniel Saramandif, président de l’Association of Tourism Professionals (ATP). «En général, les visiteurs posent plein de questions aussi. Ils veulent savoir ce qui se passe dans le pays au niveau du Covid-19. De l’autre côté, ils essaient de profiter au maximum des plages et de sortir pour faire du shopping dans les boutiques touris- tiques. Ils prennent le maximum de précautions mais le Covid-19 ne les effraie pas outre mesure…»

Qu’en est-il du port du masque en particulier puisque plusieurs touristes de passage actuellement faisaient fi de ce dispositif tout récemment ? «C’est la règle à Maurice de porter le masque. Mais si la restriction ne l’imposait pas, on préfèrerait un séjour sans cela», ajoute le couple suédois. Pour les Français, le port du masque est maximisé surtout à proximité d’autrui tout comme le renforcement des consignes sanitaires. Quant aux Belges, ils estiment qu’il est impératif de conserver son masque dans des lieux où il y à la foule et des zones fermées.

Pour Daniel Saramandif, touristes et citoyens doivent respecter l’obligation du port du masque. D’ailleurs, le personnel hôtelier, les opérateurs et chauffeurs doivent lancer des rappels aux visiteurs avant leur sortie. «Les autorités et les policiers semblent plus vigilants, déployant les contraventions en cas de non-respect des mesures sanitaires. Et celles-ci s’appliquent également aux touristes. Le virus peut contaminer tout un chacun. Il ne fait aucune distinction entre le visiteur et le citoyen.»

Au détriment du Mauricien

Que pensent les voyageurs de la gestion gouvernementale du virus ? «En tant que touristes, on ne sait pas vraiment ce qu’il faut faire. On a juste vu un accent sur les mesures pour les tests et les vaccins», répondent les Nunberg. Pour Laura Espéneux, en dehors des zones touristiques, elle ne sait pas comment la ges- tion est effectuée. «On a vu diverses restrictions pour les citoyens mauriciens au niveau des plages. A l’inverse, les touristes ont accès à plusieurs choses. Mais de par ce qu’on a vu en France, c’est normal d’avoir de nouvelles restrictions», indique-t-elle. Le visiteur belge estime que la situation est assez bien gérée, excepté que cela se fait au détriment du Mauricien. «Les touristes vont avoir plus d’avantages comparés aux citoyens. On a l’impression que c’est l’aspect financier qui prime», indique-til. Satisfait de son premier voyage dans l’île, le couple belge entame une dernière excursion avant un bon repos jusqu’au départ pour leur pays.

Et l’avis des opérateurs ? «La gestion du Covid-19 par les autorités nécessite une communication claire et nette. Sur les réseaux sociaux, tout le monde suit ce qui se passe dans le pays. Donc s’il y a contradic- tion entre les chiffres de l’État et ceux relayés par les médias, cela va amplifier la confusion. Il faut trouver un consensus pour dire la vérité. Sinon, à long terme, cela nuira à la destination», fait valoir Daniel Saramandif. Déjà, indique-t-il, les tour-opérateurs et la population en général se sentent envahis par une psychose face à l’ampleur des contaminations.

Pour Ajay Jhurry, il est malheureux que Maurice se retrouve confronté à une telle posture au niveau sanitaire. D’autant qu’un grand nombre de décès a été enregistré. «Heureusement que l’État est revenu sur la fermeture des écoles et d’autres restrictions.» Mais tout cela constitue un bémol pour certains prestataires touristiques qui ne peuvent pas tous basculer en télétravail. Seuls le back-office et le marketing peuvent s’y plier. Toute autre activité requérant un contact en face-à-face doit être maintenue. Évidemment, les employés du tourisme de cette catégorie craignent des risques de contamination à tout moment, avance-t-il. «Il va falloir être très vigilants à tout moment face au Covid-19. Il ne faut pas se dire qu’on a fait du trop bon travail non plus. On n’est pas magicien. Si on n’instaure pas de contrôle, on risque de se casser la figure. Maurice n’est pas la seule destination sur le marché. Si les visiteurs ne viennent pas chez nous, ils iront ailleurs.»

54 434 visiteurs en octobre

Selon Statistics Mauritius, 54 434 touristes, soit 27 601 hommes et 26 833 femmes, ont visité Maurice en octobre 2021. La durée moyenne de leur séjour était de 11 jours. «Actuellement, on a beaucoup de visiteurs de France, de la Slovaquie, d’Allemagne et des pays scandinaves à Maurice», constate Nathalie Gauthier. D’après Daniel Saramandif, entre 70 % et 80 % des petits prestataires touristiques fonctionnent actuellement. En revanche, la grosse majorité des gros opérateurs sont en pleine acti- vité. D’ailleurs, poursuit Ajay Jhurry, sur la base du nombre d’arrivées, nous sommes à 50 % de notre capacité normale en termes de remplissage des hébergements touristiques.

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