Sharda Boodhoo: «La police et la communauté doivent travailler ensemble, pour les enfants de Maurice»

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Sharda Boodhoo est en charge de la Brigade des mineurs.

Sharda Boodhoo est en charge de la Brigade des mineurs.

Aujourd’hui, 19 novembre, nous célébrons la Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants. Et demain, celle des droits de l’enfant. Pour l’occasion, nous avons sollicité la «Woman Assistant Superintendant of Police» Sharda Boodhoo, en charge de la Brigade des mineurs. Tout citoyen doit dénoncer les cas d’abus dont il est témoin, estime-t-elle. Elle revient par ailleurs sur l’affaire Telegram, soulignant que les malfaiteurs derrière ce scandale devront rendre des comptes à la justice.

En ce jour spécial, parlez-nous des abus que subissent les enfants ? 
Selon la loi, un enfant est celui qui n’a pas encore atteint ses 18 ans. Et il a des droits. Il est très important qu’il grandisse et évolue dans un environnement où il se sente protéger, afin de le permettre de devenir un adulte responsable demain. Il doit se sentir protéger n’importe où, que ce soit à l’école, dans la rue, à bord d’un autobus, chez lui… 

Un mineur est protégé par la Child Protection Act. Mais malgré la loi, malheureusement, il y a des cas où les enfants sont victimes d’abus chez eux par des proches, par des étrangers sur Internet, dans des écoles; ou encore ils sont victimes de la drogue. Il y a plusieurs formes d’abus: des abus émotionnels, sexuels, psychologiques ou physiques, le trafic et l’exploitation des enfants à la mendicité, notamment.

Quel est le rôle de la Brigade des mineurs dans ce combat ?
Cette unité a été créée spécialement pour protéger les enfants et ainsi faire respecter leurs droits. Nous avons sept unités à travers le pays et une à Rodrigues pour un meilleur service. Nous procédons à de nombreuses campagnes de sensibilisation. Nous allons vers les élèves dans les écoles pour leur expliquer comment se protéger des dangers qui existent dans la société et sur Internet. Nous attirons l’attention des parents et professeurs.

Nous effectuons également des patrouilles dans diverses régions pour identifier des cas d’abus et faisons des «travaux d’intelligence» sur le terrain pour repérer les cas suspects. Nous sommes présents sur les lieux que fréquentent les enfants après la sortie des classes, notamment les gares et les arrêts d’autobus. Nous faisons aussi des inspections à proximité des boutiques, pour s’assurer que les commerçants ne vendent pas de cigarettes ou de boissons alcoolisées à des mineurs. Il y a par ailleurs des patrouilles pour prévenir l’école buissonnière ou encore des opérations crack-down dans des boîtes de nuit et maisons de jeu.

Peut-on dire que ces campagnes de sensibilisation portent leurs fruits ? 
Évidemment, elles portent leurs fruits. La sensibilisation est un outil très important pour lutter contre les abus envers les enfants. Ce n’est pas seulement le rôle de la police de protéger les enfants. C’est la responsabilité sociale de tous les citoyens de dénoncer les cas d’exploitation dont ils sont témoins. Et parents et enseignants ont un grand rôle à jouer, d’autant plus que les enfants passent la majeure partie de leur temps à la maison et à l’école.

La Brigade des mineurs effectue aussi des counseling et des suivis avec des parents et enfants qui font face à des problèmes familiaux, afin de trouver des solutions pour les aider. Nous référerons les cas au ministère de tutelle, si nécessaire. L’unité travaille en étroite collaboration avec la Child Development Unit et l’Ombudsperson for Children. Les chiffres d’abus envers les enfants (voir tableau plus bas) nous montrent qu’il y a une légère baisse comparée à avant. Mais la situation est toujours inquiétante. Ce qui fait que la police et la communauté doivent travailler ensemble, pour les enfants de l’île Maurice, pour une société meilleure.

La technologie, notamment l’Internet, a-t-elle contribué à rendre les enfants plus vulnérables ? 
Oui, surtout si ce n’est pas contrôlé par les parents ou leurs responsables. De nos jours, presque tous les jeunes ont un portable. Ce qui a ses avantages comme ses désavantages. Il y a beaucoup de personnes mal intentionnées sur Internet et les enfants peuvent facilement se faire piéger par des prédateurs, d’où l’importance de les éduquer afin qu’ils ne se retrouvent pas entre les mains de ces individus malveillants. 

L’affaire Telegram, dans laquelle on voit des photos de plusieurs mineures nues en circulation, a choqué plus d’un cette année. Où en est l’enquête ? 
Il y a eu des arrestations. Le dossier est considéré avec beaucoup de sérieux. Étant donné qu’il y a une enquête qui suit toujours son cours, je ne pourrais pas en dire plus. Mais je peux rassurer les victimes que la police ne dort pas sur cette affaire. Nous sommes confiants que les malfaiteurs derrière ce scandale devront rendre des comptes à la justice.

  2019 2020 2021 (Janvier à ce jour)
Abducting Child 13 16 5
Abandonning child 8 5 10
Sexual Intercourse with Female under16 177 129 90
Attempt upon chastity Under the age of 12 32 29 20
Sexual intercourse With a mentally handicapped person 1 2 2
Sexual intercourse with Specified person 2 - 1
Attempt upon chastity with Specified person 6 3 4
Sodomy (handicapped) - 3 1
Sodomy (Minor) 18 8 9
Indecent photograph of Children 2 2 5
Exposing child to harm 19 34 29
Child illtreatment 64 98 58
Child Labour - 1 -
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