Dr Mansoor Takun: «La prématurité est une des causes principales de décès chez les enfants de moins de cinq ans»

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Dr Mansoor Takun, consultant en pédiatrie et responsable du département de pédiatrie à l’hôpital Bruno Cheong, Flacq.

Dr Mansoor Takun, consultant en pédiatrie et responsable du département de pédiatrie à l’hôpital Bruno Cheong, Flacq.

Dr Takun, combien de bébés naissent prématurément dans le monde et à Maurice ?

Dans le monde, il y a environ 15 millions de bébés qui naissent prématurément, soit un bébé sur dix. À Maurice, sur 12 000 naissances par an, près de 2 300 à 2 400 bébés naissent prématurément annuellement, soit 8 %.

Tombent-ils majoritairement dans la catégorie des prématurés extrêmes, sévères ou modérés ?

En nous basant sur les statistiques de l’hôpital Bruno Cheong, nous pouvons dire que 8 à 10 % naissent à 28 semaines, 30 à 35 % naissent entre 28 et 32 semaines et 60 % naissent entre 32 et 37 semaines.

Quelles sont les causes de la prématurité des bébés, autres que des raisons génétiques ?

Plusieurs facteurs en sont responsables : il y a les infections contractées par la mère pendant la grossesse, l’hypertension et le diabète non contrôlés durant la même période, l’âge avancée des mamans, le stress au travail et dans la vie, les grossesses multiples. Sans compter les causes génétiques.

Quelles sont les mesures qui ont été mises en place par le ministère de la Santé pour réduire le taux de naissances prématurées ?

Le ministère de la Santé a pris plusieurs mesures. Il a amélioré la prise en charge des soins anténataux. Les futures mères diabétiques et hypertendues sont plus régulièrement suivies. Il a orchestré des campagnes de sensibilisation pour que les femmes enceintes évitent toute consommation d’alcool, de cigarettes et pour qu’elles s’alimentent sainement.

À quoi mesure-t-on le succès de ces décisions ?

Pour en avoir une idée exacte de leur réussite, il faudrait faire des études et compiler des statistiques.

Pourquoi avoir choisi de marquer, pour la première fois, la Journée internationale de la prématurité des bébés ?

La sensibilisation du public au sujet des bébés prématurés doit se poursuivre. Il faut aussi mettre l’accent sur les défis associés à la prématurité, d’une part, pour le personnel médical et d’autre part, sur les responsabilités accrues que représente un bébé prématuré pour sa famille et pour la société en général sur le court et le moyen terme. Il ne faut pas oublier que la prématurité est la cause principale de décès chez les enfants de moins de cinq ans. Il faut que cette journée de sensibilisation ait une dimension nationale.

Malgré toutes les mesures positives prises par le ministère de la Santé, avez-vous le sentiment que la situation s’empire ?

Les chiffres l’indiquent, et ce, en raison d’un plus grand nombre de grossesses précoces. Trop de jeunes filles tombent enceinte et ne se font pas suivre médicalement ou quand il est trop tard. Il y a aussi le fait que les césariennes sont en hausse (60 % dans le secteur public). Les traitements pour l’infertilité, qui sont plus répandus de nos jours, peuvent aussi favoriser les naissances prématurées.

Le thème de cette Journée mondiale, cette année, est Zero Separation. Act Now! Keep parents and babies born too soon together. Comment l’appliquer en milieu hospitalier ?

L’initiation au concept de Kangooroo Mother Care (méthode qui implique que la mère transporte son enfant avec elle et qu’il y ait un contact peau à peau entre eux) est très envisageable dans le contexte mauricien. Ensuite, dans la nouvelle aile de l’hôpital de Flacq, nous espérons pouvoir aménager des chambres pour les mamans à côté de l’unité de soins intensifs pour les bébés.

Comment avez-vous marquée cette Journée mondiale hier ?

Nous avons organisé une fête à l’hôpital Bruno Cheong et avons convié les mamans d’enfants nés prématurément. Une de ces mamans a livré son témoignage. Nous avons aussi sensibilisé les Mauriciens à travers les réseaux sociaux. Nous allons aussi essayer de mettre en place une association de mamans d’enfants nés prématurément pour qu’elles puissent s’entraider et se conseiller mutuellement car les jeunes mères sont souvent très anxieuses et ont besoin d’être rassurées.

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