Covid-19 │ Écoles fermées: les élèves, otages du virus

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Privés d’école, des enfants se retrouvent à devoir surveiller leurs plus jeunes frères ou sœurs, leurs parents devant travailler. [Photo D'illustration]

Privés d’école, des enfants se retrouvent à devoir surveiller leurs plus jeunes frères ou sœurs, leurs parents devant travailler. [Photo D'illustration]

L’annonce de la fermeture des écoles a pris la population de court mardi soir. Si certains parents avaient déjà décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l’école, d’autres ont dû «fer koustik» pour gérer la situation. Entre responsabilités familiales et obligations professionnelles, parents et enfants ont dû jongler. Reportage.

Depuis hier, Ornella, 12 ans, a rangé sac, cahiers et crayons avant de troquer son uniforme pour enfiler ses tenues «maison». Affalée dans sa chambre, elle passera sa journée à «regarder des dessins animés puis à colorier», lâche cette petite, atteinte d’un handicap mental. Depuis hier jusqu’au 17 décembre, date officielle des vacances de Noël, l’école est «finie» ou plutôt mise en suspens avec la propagation du Covid-19. Ainsi en a décidé l’État dans la soirée de mardi. En attendant les travaux qui lui seront virtuellement envoyés par ses éducatrices, Ornella ne comprend pas cette soudaine rupture scolaire, indique sa maman, Pauline Lochoo, 37 ans.

«J’ai dû lui expliquer qu’elle n’aura pas de classe pour les prochaines semaines. Elle cherche ses amis. J’espère vraiment qu’elle ne va pas régresser», soutient- elle. Cette maman n’est pas au bout de ses peines. Car depuis mardi soir, elle a dû appeler ses clients tard dans la nuit pour rééchelonner les rendez-vous prévus hier. «Avec la subite décision de fermer les écoles, je ne peux plus me rendre au bureau comme je n’ai personne pour garder ma fille», fulmine cette maman qui est marketing officer dans une firme privée. De plus, il a fallu justifier son absence en présentiel à son employeur, ce qui a été ardu, explique-t-elle.

Sa demande de travailler à distance finalement agréée, Pauline Lochoo n’arrête pas de jongler entre diverses tâches. Entre des réunions professionnelles qui ont migré en ligne, il faut vite cuisiner des repas pour sa fille, s’assurer que tout va bien pour elle dans la pièce à côté et revenir à son travail. «C’est comme une course contre la montre permanente. Il faut tout faire en même temps. On vit une tension perpétuelle», confie-t-elle.

De son côté, Saffiyah Chady Edoo est mère de trois enfants. Travaillant en freelance, son emploi du temps est plus flexible et elle arrive à s’adapter aux contraintes de dernière minute. Cependant, elle trouve que les autorités auraient dû avoir une meilleure approche. «Cela fait bientôt deux ans que nous faisons face à la pandémie, et on n’a toujours pas de plan clair de transition vers les classes en ligne» déplore-t-elle.

Meilleur planning

Depuis hier, elle se retrouve avec trois enfants à la maison. «L’aîné, 16 ans, devait avoir des mock exams l’année prochaine. Quant à la cadette, elle est entrée en Grade 7 l’année dernière et ne sait toujours pas à quoi ressemble la vie au collège», poursuit Saffiyah Chady Edoo. Son dernier enfant fréquente une institution privée. «Le planning est meilleur mais il est inconcevable d’avoir un système éducatif privé qui fonctionne mieux que celui de l’État.» Comment fait-elle pour gérer les petits ? «J’ai instauré une routine. Me komié aprann kapav dir zot aprann ? J’essaie aussi de mettre une limite sur le temps d’écran. Mais que voulez-vous qu’ils fassent d’autre?», soupire cette maman. De temps à autre, elle les emmène faire une marche et cherche toujours des moyens pour les occuper tout en travaillant.

Un autre parent salue la décision de fermer les écoles face à la vague pandémique. «C’est une décision surtout pour les enfants. Le variant ne regarde ni l’âge, ni la couleur, il attaque», explique cette maman de 39 ans, qui a une fille de neuf ans en Grade 4 dans une école rosehilienne. Avec la fermeture des écoles, la petite suivra ses cours en ligne dès aujourd’hui à la télévision nationale. Selon la mère, il aurait fallu imposer à nouveau un couvre-feu pour freiner la propagation du virus.

Pour sa part, une enseignante de Grade 1, âgée de 33 ans, s’aligne sur l’initiative de fermeture des écoles. Car elle pense que les enfants ne savent pas respecter les gestes barrières. «Il faut leur rappeler à chaque fois de mettre leur masque et de prendre les précautions contre le virus», affirme-t-elle.

Comment les enseignants vivent-ils cette nouvelle fermeture scolaire ? «Il nous faudra encore reprendre les cours en ligne. Espérons que les élèves ne décrochent pas. Malgré tous nos efforts, on a du mal à trouver preneurs», souligne un éducateur du secondaire. Pour l’enseignante de 33 ans, en sus des cours en ligne, le personnel éducatif prend parallèlement les devants avec des leçons sur Zoom ou WhatsApp. Indépendamment de la formule qui marche, la fermeture scolaire et le Covid-19 viennent à nouveau chambouler l’éducation des enfants.

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