Covid-19: les traitements pour les patients positifs toujours pas à l’agenda

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Les patients nécessitant une aide respiratoire sont admis à l’ENT, alors que pour les autres, les symptômes sont traités et certains reçoivent des coagulants.

Les patients nécessitant une aide respiratoire sont admis à l’ENT, alors que pour les autres, les symptômes sont traités et certains reçoivent des coagulants.

En 24 jours, soit du 1er au 24 octobre, 16 patients vaccinés sont morts. Maintenant que la majorité de la population est inoculée, sachant que certains patients avec des comorbidités ne peuvent pas se faire vacciner, on fait quoi ? Impossible de connaître le protocole de soins appliqué pour traiter l’infection des patients symptomatiques et les personnes positives vivant avec des comorbidités.

La seule solution au Covid-19, la vaccination. C’est ce qu’a soutenu à maintes reprises le Dr Kailesh Jagutpal au Parlement, mardi. Or, dans la réalité, la situation est tout autre. Rien que pour la période du 1er au 24 octobre, le pays a déploré 16 décès de personnes vaccinées. Ainsi, avec le nombre de cas positifs confirmés et le nombre de décès après la vaccination, la question de traiter l’infection et non seulement les symptômes devient de plus en plus urgente.

En effet, du 1er au 24 octobre, le ministère a recensé 1 738 cas de Covid-19 confirmés par les tests PCR, dont 108 symptomatiques, et 12 000 cas à travers les tests rapides, dont 2 % présentaient des symptômes. En ce qui concerne les décès des patients positifs, du 5 mars au 24 octobre, le pays en déplore 295. La mort de 142 patients a été directement attribuée à l’infection et la cause de décès des 153 autres a été attribuée à des comorbidités. 199 personnes ont été admises dans les Isolation Ward des hôpitaux régionaux et 34 à l’unité des soins intensifs de l’hôpital ENT. Si le chiffre total des personnes vaccinées décédées n’est pas disponible, il ressort que pour la période du 1er au 24 octobre, le pays en a déploré 16. Pour la même période, 47 personnes positives sont décédées, la cause de leur décès a été attribuée à des comorbidités.

Qu’en est-il des traitements ? Lors de sa réponse à la Private Notice Question (PNQ) mardi, le ministre de la Santé a fait savoir que depuis le début de la pandémie, la position du ministère a changé. Nous sommes passés du stade de contenir le virus à la vaccination, et désormais, l’accent est mis sur le traitement des patients symptomatiques et ceux qui ne sont pas vaccinés. Mais dans la pratique, les traitements accordés sont assez flous. Les patients nécessitant une aide respiratoire sont admis à l’ENT, alors que pour les autres, les symptômes sont traités et certains reçoivent des anti-coagulants. Mais impossible d’avoir des informations sur le traitement accordé pour traiter l’infection des patients symptomatiques et les personnes positives vivant avec des comorbidités.

À une question d’Osman Mahomed, le Dr Kailesh Jagutpal a fait savoir que le Remdesivir, un médicament dont l’efficacité est controversée, sera réintroduit dans le protocole. Cependant, son administration dépendra de l’évolution des données cliniques et de l’état des patients. Certaines études ont démontré son efficacité dans le traitement s’il est administré les premiers jours, mais il n’a aucune incidence sur les patients avec des symptômes graves.

Puis, il y a aussi le Tocilizumab qui a été commandé. L’efficacité de ce médicament, utilisé dans le traitement de l’arthrite, a été prouvée chez les patients avec les formes graves de la maladie. Cet antiviral avait été évoqué un peu plus tôt par Xavier Duval lors de la PNQ et il souhaitait savoir pourquoi il n’y a pas eu de commandes en avance, car Maurice se retrouve désormais dans la même situation qu’au début de la campagne vaccinale. «Ce n’est ni au ministre ni au ministère de décider. Il y a un groupe de médecins qui fait les recommandations», a répondu le ministre Jagutpal. Même explication pour le Molnupiravir, qui a déjà été pré- commandé par plusieurs pays.

«Ils auraient pu survivre»

En ce moment, le pays ne dispose donc pas de ces traitements pour les patients symptomatiques. Est-ce que des vies auraient pu être sauvées avec les traitements ? Oui, répond sans détour le Dr Vasantrao Gujadhur. Du 1er au 24 septembre, la cause du décès de 17 des 47 patients positifs morts de comorbidités a été attribuée à des problèmes cardiaques, six sont morts de diabète et deux d’hypertension artérielle. «Mais ces patients vivaient avec leur maladie depuis longtemps. Leur situation s’est détériorée avec l’infection. Donc, avec le traitement approprié, ils auraient pu survivre», avance-t-il.

Sur ce point, à une question de la députée Karen Foo Kune-Bacha, le ministre de la Santé devait répondre qu’il faudra faire des études avant d’affirmer que le coronavirus a été le catalyseur de ces décès. Avec le Tocilizumab, une partie de ces patients positifs auraient pu être sauvés. Mais il existe aussi des traitements qui, administrés dans les premiers jours de l’infection, empêchent le virus de se propager l’état de santé du patient reste stable, sauvant ainsi sa vie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande, par exemple, les traitements monoclonaux «casirivimab and imdevimab» qui sont déjà utilisés aux États-Unis, en France, en Inde, entre autres.

Ces traitements, administrés correctement, réduisent la durée d’hospitalisation de trois à une semaine et les risques de dégradation de l’état de santé de 72 %. Les études ont été réalisées sur les patients vaccinés immunodéprimés et non vaccinés. «Je ne dis pas qu’il faut arrêter la vaccination. Mais l’heure est grave… Maintenant, il faut que le traitement des patients soit une réalité et non des paroles lancées au Parlement», met en garde le Dr Gujadhur.

Les traitements oraux

Un nouveau médicament oral pour soigner l’infection est sur le marché depuis aujourd’hui. Il s’agit du Fabiflu, un antiviral qui était utilisé pour le traitement de l’Ebola et les études cliniques ont démontré l’efficacité sur le SarsCoV 2 pour les patients avec des symptômes légers. Selon diverses études, ce médicament, s’il est administré dans les premiers jours suivant l’infection, réduit la période symptomatique à quatre jours et guérit le patient en sept jours. «La prise doit être faite selon les recommandations d’un médecin», rappelle Vikash Vencatasamy, Country Manager du laboratoire Glenmark, fabricant du Fabiflu. Pour rappel, en août, le Lianhua Qingwen, un autre traitement oral, avait été lancé sur le marché.

Le taux d’infection inquiète

Selon les chiffres donnés au Parlement, soit 1 738 résultats positifs pour 5 868 tests PCR réalisés au laboratoire central du 1er au 24 octobre, le taux d’infection de Maurice est de 30 %. Mais ce calcul ne prend pas en compte les rapid antigen tests (RAT). Pour la même période, 48 838 RAT ont été réalisés et 12 000 patients étaient positifs, alors que le nombre de tests PCR incluant ceux de l’aéroport et des laboratoires privés s’élève à 47 855. Le nombre total de tests est donc de 96 693 pour 13 738 infections, ce qui fait un taux d’infection de 14 %. Un autre calcul est aussi possible pour avoir une meilleure idée. Des 47 855 tests PCR, 25 212 ont été réalisés à l’aéroport, donc ceux-là ne représentent pas les cas dans la communauté. Le nombre total de tests réalisés dans la communauté s’élève, à ce moment-là, à 22 643 (tests PCR) et 48 838 (RAT), ce qui fait un total de 71 481 pour 13 738 positifs, ce qui ramène le taux d’infection à 19 %.

Dans tous les cas, selon l’OMS et les autres agences, un taux d’infection entre 3 % et 5 % est considéré comme «low risk» et au-delà de 10 %, le pays est considéré comme «high risk».

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