Rodrigues: l’ourite difficile à écouler

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Mises à sécher, des ourites se sont abîmées avec la pluie.

  Mises à sécher, des ourites se sont abîmées avec la pluie.  

Depuis le 13 octobre, la pêche à l’ourite a démarré à Rodrigues. Comme chaque année, les pêcheurs ont eu droit à une moisson des plus généreuses. Trop, même, diraient certains car avec la fermeture des frontières, il devient difficile d’écouler le stock, encore moins quand les intempéries jouent au trouble-fête, jusqu’à pourrir les pieuvres qui ont été mises à sécher.

C’est un véritable calvaire que décrit Marie Claire Édouard-Rabais. Cette revendeuse et pêcheuse d’ourites explique qu’avec la fermeture des frontières, les clients sont moins nombreux. «Il y a certes quelques acheteurs mais ils n’en prennent pas autant. Des grossistes en achètent aussi, mais l’on en a eu beaucoup la première semaine.» Pour ne pas perdre le stock qui lui reste, elle a op- té pour le séchage. «J’essaie de mettre certains poulpes au frigo, mais ils ne peuvent y rester pendant longtemps. On aurait dû avoir une chambre froide à notre disposition afin que nous puissions y emmagasiner le surplus.»

Ce qui la chagrine le plus, c’est qu’elle va perdre son investissement dans cette affaire. «Nous sommes déjà à découvert à la banque. Il faudrait que la Commission de Rodrigues travaille sur un plan afin que nous ne perdions ni notre temps, ni notre argent.» Elle attend avec impatience l’ouverture des frontières, le 1er novembre, avec l’espoir de retrouver des acheteurs potentiels.

Trente-six tonnes d’ourite ont été pêchées dans la première semaine d’ouverture de la pêche. «Les grossistes en ont acheté et ont rempli la chambre froide. À présent, elle est pleine. Il nous revient que la température n’a pas été bien contrôlée, et plusieurs ourites se sont abîmées», confie un autre habitant. En raison du surplus, une livre de poulpe s’est vendue à Rs 140. Plusieurs de ses collègues ont même mis des ourites à sécher. «Mais il a plu pendant la nuit et toutes les ourites sont aujourd’hui pourries.»

Un bateau a quitté Port Mathurin hier à destination de Maurice avec sa cale pleine de cette denrée. «Je pense que le gouvernement aurait dû investir dans l’installation des chambres froides. Si la première semaine, on a récolté autant d’ourites, les semaines suivantes, la pêche a diminué. Donc en préservant ces poulpes en lieu sûr, cela aurait évité d’en perdre lors de la première journée. On le fait déjà avec les oignons, on aurait dû faire la même provision pour les ourites.»

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