Julien Moutou: «On tente de réduire la pénibilité du travail avec de nouvelles technologies»

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Julien Moutou, directeur des ressources humaines chez Transinvest.

Julien Moutou, directeur des ressources humaines chez Transinvest.

Transinvest prône beaucoup l’innovation sur le chantier du VUT. Qu’est-ce qui a motivé cette introduction de nouvelles techniques de travail ?

C’est un chantier hors norme. Le partenariat publicprivé est une première à Maurice. Dès la conception, on a essayé de trouver des méthodes efficaces et efficientes dans la construction de cet oeuvre. Les nouvelles techniques, comme l’utilisation de banche, sont une évidence pour un tel défi. L’autre défi est de bâtir des compétences locales sur ces techniques.

Vous mettez également beaucoup d’accent sur le facteur humain. Parlez-nous en.

Le chantier a beau être hors norme mais il est quand même à taille humaine. 70 ouvriers y travaillent en permanence. Nous avons également des soustraitants, tous mauriciens. Le focus est définitivement sur l’humain, le transfert et le partage des connaissances. Il a fallu former nos hommes et femmes à ces nouvelles techniques. Pour cela, nous avons fait appel à des experts réunionnais qui sont venus former et accompagner nos collaborateurs sur ces projets. Les métiers de la construction ont la réputation d’être difficiles. Nous souhaitons changer la donne en mettant l’humain au centre de nos préoccupations, que ce soit pour la santé, la sécurité et le bien-être de nos collaborateurs. On essaie de mettre en place tout un arsenal de méthodes pour faciliter le travail. Aujourd’hui, on tente de réduire la pénibilité du travail par l’introduction de machines, d’équipements. Même si cela demande des efforts, on essaie de faire travailler nos collaborateurs en toute sécurité. Nous consacrons un quart d’heure chaque matin à la santé et la sécurité. Cela implique un échauffement de nos collaborateurs, un briefing sur la sécurité et tous les risques. La sécurité est au centre de nos préoccupations.

Ces technologies ont beaucoup d’avantages, comme une meilleure productivité…

Tout à fait. Auparavant, pour bâtir un mur, il fallait six ouvriers pour le coffrage et deux jours pour tout compléter. Aujourd’hui, cela se fait avec moins de personnes en une journée. C’est là où la formation est importante. Pour les colonnes, au tout début, six ouvriers étaient mobilisés pour le coulage d’une colonne en une journée. Aujourd’hui, cette même équipe est divisée par deux. Ils coulent six colonnes en une journée. C’est démultiplié et un gain de performance inédit.

Généralement les chantiers fourmillent d’ouvriers. Avec les nouvelles technologies, ça fait moins de monde sur le chantier. N’est-ce pas moins de recrutement ?

Pas forcément. Aujourd’hui, on travaille de façon beaucoup plus intelligente. On a les ouvriers qu’il faut, en beaucoup plus efficients. Nos journées de neuf heures sont bien remplies. Chacun est à son poste et formé pour accomplir le travail demandé. Avant, on avait beaucoup d’ouvriers sur les chantiers parce que la pénibilité était démultipliée. Aujourd’hui, nous essayons de la réduire. C’est moins d’ouvriers pour faire le même travail en moins de temps.

Les jeunes s’intéressent-ils aux métiers de la construction ?

C’est toujours un challenge de recruter des jeunes. On a pris le pari d’être exclusivement mauricien parce que nous croyons dans le savoir-faire local. Nous croyons qu’il faut le pérenniser. On ne peut pas s’appeler une entreprise mauricienne si finalement on est à 50-60 % d’expatriés. Nous avons choisi d’avoir 98 % de main-d’œuvre locale. Sur ce chantier, nous sommes à 100 % d’ouvriers mauriciens. C’est un choix à faire, un investissement dans la compétence. Sauf pour l’encadrement, où nos formateurs sont des étrangers car on a besoin de cette compétence.

Quid des femmes sur le chantier ? Quel en est le pourcentage pour les travaux manuels ?

Sur ce chantier malheureusement, nous n’avons que deux femmes. L’une est ingénieure et l’autre ouvrière. Nous aurions aimé avoir beaucoup de femmes ouvrières. D’ailleurs, nous encourageons cela. Nous avons d’autres chantiers où le pourcentage de femmes est plus élevé en termes de main-d’œuvre. Elles sont plus présentes sur les projets routiers. Nous sommes convaincus que la femme a toute sa place. Dans les métiers de la construction, c’est malheureusement un stigma difficile à combattre. Aujourd’hui, c’est bien ancré dans la culture mauricienne que la construction est un secteur d’hommes mais nous voulons casser complètement cette mauvaise image car il y a des femmes qui y travaillent et qui s’y plaisent. Les femmes sont performantes sur le chantier. On peut leur donner des tâches complexes et on peut leur faire confiance.

2021 tire à sa fin, où en est-on dans la progression des travaux ? Quand est prévue la livraison du chantier ?

Le chantier est dans les temps. Les travaux prendront fin en octobre 2022 avec une livraison en plusieurs phases. Mais on est très optimiste.

Après deux confinements, où en est-on dans le secteur de la construction ? Quel bilan faites-vous ?

Le premier confinement était très dur. Il y a eu beaucoup d’incertitudes pour la construction comme pour les autres secteurs. On s’est mobilisé très tôt. Fort heureusement, on a pu reprendre le travail assez tôt en 2020. Avec le second confinement en 2021, on a été beaucoup plus agile et on a repris très vite. La reprise des travaux s’est faite très rapidement. C’est surtout l’impact économique qui se fait sentir sur les matières premières.

Vos projections pour 2022 ?

Pour Transinvest et la construction, 2022 sera une année très positive. Nous avons un carnet de commandes qui est positif. On est en recrutement continu. Il y a du travail pour tous ceux qui veulent travailler et on est là pour les encadrer.

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